Je suis un Cyborg – Park Chan-Wook

Œuvre à part dans la filmographie du réalisateur sud-coréen Park Chan-Wook qui nous a plutôt habitué à de la violence viscérale, Je suis un Cyborg est une comédie romantique aux couleurs pastel et dans un hôpital psychiatrique. Tout irait bien chez les marginaux si l’héroïne n’avait pas arrêté de s’alimenter, persuadée d’être un cyborg (et comme tout le monde le sait, les robots ne s’alimentent pas à la cantine avec de la nourriture dite pour les humains, mais plutôt à l’aide de piles ou via des prises d’alim). Un autre patient de l’institut, une sorte de voleur intériorisant les habitudes des autres en les volant, va l’aider à ne pas mourir bêtement. Ovni cinématographique succulent comme un chamallow !

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Au diapason du monde – Fondation Louis Vuitton

Peut-être lecteur, te voilà bien surpris ! Peut-être pensais-tu que The Unchained n’était pas du genre à trainer ses guêtres à la Fondation Louis Vuitton. Un peu de logique, ma bonne dame ! Comment rentrer dans une institution tenue par LVMH sans faire faillir les restes de la lycéenne anarchiste que tu étais ? Peut être, ma bonne dame, que voter Mélenchon et courir chez Vuitton cristallise en réalité toute l’identité de l’intelligentsia parisienne… Un très estimé ami, qui comme moi, enchaîne les expositions de façon frénétique, alors de passage à Paris, m’a récemment fait un discours flamboyant, une ode passionnée à ladite fondation et à l’exposition qui s’y tient en ce moment, de telle sorte que je n’ai pas eu d’autre choix que de gratter le «A» encerclé fièrement tracé au blanco sur mon Eastpack (tout ceci est faux, j’ai grandi mesdames messieurs, j’ai passé ma phase lycéenne mais je suis incapable de me sevrer d’une addiction bien vive pour les hyperboles et les métaphores filées qui alourdissent considérablement ce récit) et de me rendre de ce pas à l’autre bout de la ville pour m’assurer du bien fondé des propos de mon ami.

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TAGADA JONES – Live at Hellfest 2017

 

 « Que tu sois noir, que tu sois blanc / Que tu sois chrétien, juif ou musulman / Que tu sois athée ou sans faction / Chante avec nous ce MORT AUX CONS !»

C’était vraiment très tentant et, vous l’avouerez, difficile de faire plus belle entrée en matière pour présenter le nouvel album live de Tagada Jones. Alors oui je commence par la fin puisque “Mort Aux Cons” clôt la prestation. Un live enregistré lors de l’édition 2017 du Hellfest sur la WARZONE, le 16 juin exactement. Il s’intitule sobrement Live at Hellfest 2017.

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[Déchronique] Powerwolf – The Sacrament of Sin

Oh bonjour ! C’est encore moi ! Enfin, “encore”, c’est tout relatif, mais j’en avais marre de me faire engueuler parce que j’étais en retard.

J’ai décidé d’écouter un bel album tout neuf pour t’en parler, et il s’appelle The Sacrament of Sin. Parce que voilà, ta vie est triste, tu ne sais pas quoi faire, tu es perdu(e) dans les méandres des sorties d’albums, tu pleures la mort de Zombie Boy sans trop savoir qui c’était, mais bon, c’est triste quand même (et tu as raison). Mais ne t’en fais pas bel enfant, je vais t’apprendre la vie, tu vas voir. Éteins YouTube, la télé, abandonne tes influenceurs habituels, ils sont clairement pas au niveau.

Parce que hé, c’est pas chez Betty ou Norman qu’on entendra parler de Powerwolf, hein ? Ceci dit, c’est pas plus mal. Je pense qu’ils se sentiraient sales (Powerwolf hein, pas les blogueurs à succès). Et pour cause. Powerwolf, ils gèrent des démons, des loup-garous, voire des vampires à l’occasion, mais ils sont pas prêts pour les posts sponso pour les boissons-repas Feed.

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YAWNING MAN @ GLAZART – 30/07/2018

Bon bah c’est lundi. On ne s’attend pas à voir une foule dévaler sur Glazart, on connaît les Parisiens, surtout en période estivale. Et puis on voulait continuer notre bonne dynamique avec l’excellent concert d’Helmet la veille et retrouver les copains de Below The Sun était sûrement la meilleure solution. Surtout qu’ils balançaient il y a quelques jours, cette date toute fraîche de dernière minute avec du Yawning Man à l’affiche. Parfait pour suer et planer avec cette chaleur like in a desert. Mirages en vue avec oasis de fuzz !

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Valhalla Rising (Le guerrier silencieux) – Nicolas Winding Refn

« L’art est fait pour diviser, car si l’art ne divise pas, il ne pénètre pas, et s’il ne pénètre pas, vous ne faites que le consommer. » Nicolas Winding Refn

Valhalla Rising est un film qui divise. Très peu de dialogues, mélange de violence et de contemplatif. Chapitrage prophétique, esthétisme posé dans la photo et les cadrages. Nous sommes loiiiin des clichés de guerriers nordiques et pourtant, le film nous fait côtoyer, vers l’an 1000, Vikings et Écossais, Chrétiens et Païens. Ce film envoûte autant qu’il déroute, car il est atypique.

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HELMET @ PETIT BAIN – 29/07/18

Aujourd’hui, c’est un dimanche off comme les autres. On n’a pas trop envie de bouger son cul car glander chez soi, c’est quand même top…. Mais quand on a Helmet qui réitère une tournée suite à la dernière avortée, eh bien, on sort et on se bouge le cul jusqu’au Petit Bain (une salle qu’on apprécie assez, ceci dit au passage) ! Tout est fait pour passer une bonne fin de semaine, alors qu’est ce qu’on attend ?! 

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AFROPUNK 2018 @ GRANDE HALLE DE LA VILLETTE – 14-15/07/2018

Afro et punk, nous sommes en 2018 en France et présenté ainsi, il en va de deux termes qui ont du mal à s’entendre et à se comprendre, dans une culture musicale française clivée et délimitée. Mais si on gratte, se sont deux termes qui, associés, ont trouvé une consonance  et une logique pour aujourd’hui proposer la version française d’un festival qui en est à sa quatrième édition cette année dans une Grande Halle de la Villette sold out. 

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Rencontre avec SUBROSA

Le Hellfest, la grand-messe annuelle des métalleux de France, vient de démarrer. J’ai rendez-vous à l’espace VIP / Presse avec Rebecca Vernon, la guitariste-chanteuse du groupe ainsi qu’avec le batteur Andy Patterson. Ces deux musiciens parlent au nom de leur groupe, Subrosa, qui évolue dans le style doom/sludge avec une touche néo-classique. Ils sont originaires de Salt Lake City dans l’Utah, un Etat du grand ouest américain qui abrite une communauté religieuse des plus rigoristes : Les Mormons.

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Bonjour Subrosa ! Pouvez-vous nous dire quelques mots sur l’histoire du groupe ?

Rebecca : Nous jouons ensemble depuis 10 ans. Nous avons eu beaucoup de changements de line-up mais cela fait trois ans que la composition du groupe n’a pas changé. J’aime beaucoup la formation actuelle parce que je pense que les liens qui nous unissent sont très forts. Nous avons sorti cinq albums depuis nos débuts.

Quelle signification donnez-vous au nom Subrosa ?

: Sub rosa signifie “sous la rose” en latin. Ce qui nous a plu dans ce nom, c’est qu’il renvoie à tout ce qui est caché, secret, souterrain ou abyssal. Cela renvoie également au son du groupe, du fait de l’accordage très bas des guitares. Il n’y a pas vraiment de sens ésotérique dans tout ça. Cependant, le terme de subrosa apparaît souvent dans le « Da Vinci Code » et il me semble aussi que cela est lié avec le rosicrucianisme.

Quelles sont vos influences ?

R : Le groupe qui m’a le plus inspiré est Red Bennies qui viennent de l’Utah. Je les ai vus pour la première fois en 1985. Je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi énervé, puissant et fort de ma vie. Ils étaient un groupe en avance sur son temps. D’autres groupes m’ont inspiré aussi : Sleep, Blue Cheer, Black Sabbath…

Comment définiriez-vous votre musique ?

R : On nous présente comme un groupe de doom, mais je dirais plutôt que l’on joue du sludge metal. Mais notre label n’aime pas qu’on se définisse comme un groupe de sludge parce que ce terme leur paraît trop sophistiqué ou quelque chose comme ça.

Andy : Je pense que le sludge a une connotation négative, sale, avec une attitude à la « Je hais Dieu ». Or nous ne correspondons pas du tout à ça. Nous essayons d’embrasser ce style par nos riffs lents et un son sludgy mais techniquement, nous ne sommes pas un groupe de sludge car nous sommes trop « polis » pour ça !

SUBROSA_photoby_Angela-Brown

Votre dernier album For this we fought the battle of ages (Profound Lore records, 2016) est inspiré d’une nouvelle dystopique de l’auteur russe Ievgueni Zamiatine, Nous autres. Que pouvez-vous me dire à ce propos ?

: Quand j’ai lu ce roman pour la première fois, cela a eu un grand impact sur ma vie et ma façon de penser. Quand j’ai découvert le livre, je me suis dit : « Nous devons écrire un album à partir de ce roman ». La liberté de penser est au centre du livre.

A : Nous autres a inspiré d’autres romans comme 1984 de George Orwell et Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley.

Vous intégrez des violons électriques dans vos morceaux. Pour quelle raison ?

R : En fait, lorsque j’ai fondé le groupe, la violoniste Sarah (Pendleton) était mon amie et elle voulait intégrer le groupe. Je lui ai alors expliqué que nous étions le groupe le plus heavy et le plus puissant de Salt Lake City et elle m’a répondu : « Okay ». Au final, c’était un accident plutôt bienvenu.

J’ai lu sur Internet qu’une partie du groupe était issue de familles mormones et était dans la foi chrétienne. Cependant, vous avec condamné les positions de l’Église mormone vis-à-vis des gays. Que pouvez-vous me dire à ce propos ?

R : Ce n’est pas le seul sujet sur lequel je suis en désaccord avec les mormons mais j’ai décidé de condamner publiquement l’homophobie de cette communauté car je sentais que j’en avais l’obligation morale notamment en raison des suicides de personnes homosexuelles. Il est important d’exprimer ses points de vue même si l’on n’est pas compris.

Vous considérez-vous comme un groupe de metal chrétien ?

: Non pas du tout, les paroles ne sont pas chrétiennes, elles traitent juste de la vie en général. C’est étrange, car je suis mormon mais je ne suis pas intéressée par les groupes qui font de l’idéologie. Je n’ai rien contre les groupes chrétiens. Par exemple, j’apprécie un groupe chrétien comme Wovenhand ainsi qu’une poignée d’autres. Les gens font ce qu’ils veulent mais personnellement, je n’ai pas envie de faire ça.

 

 

Propos recueillis par : Mathieu
Photos : Subrosa