BD – « Algériennes 1954-1962 » de Meralli et Deloupy

On la repère vite, cette superbe couverture ! Une femme en djellaba blanche à capuche, les mains cachant comme un foulard sa jeunesse, son visage et son effroi. Tatouages au henné de l’extrémité des doigts aux poignets, symboles traditionnels de séduction féminine, mais ici, les tatouages dégoulinent sur les manches immaculées, comme du sang qui s’écoule et s’imprègne au vêtement.

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Punish Yourself @ La Machine du Moulin Rouge – 19 avril 2018

Il arrive parfois que l’on ait conservé le souvenir d’un groupe en live mais que ce souvenir ne corresponde plus à la réalité aujourd’hui. Ce fut le cas ce jeudi soir avec le set des gothiques de Christian Death. Certes, ce groupe culte californien a été une véritable légende de la batcave il y a 30 ans. Mais ça c’était avant ! Enfin bref, ce soir-là a eu lieu à La Machine du Moulin Rouge, l’ancienne « Locomotive », un concert censé réunir à la fois les tribus goth et metal de la capitale. En effet, l’affiche fait la part belle au metal indus avec Punish Yourself à la batcave avec Christian Death en passant par le dark rock avec Volker. En arrivant aux abords de la salle, je constate qu’il y a pas mal de personnes lookées très « dark », signe que le public goth est au rendez-vous. La salle est loin d’être pleine mais il y a de l’ambiance tout de même.

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SURPRISE ! SLEEP SORT UN NOUVEL ALBUM !

On arrête tout !!

En ce 4/20 (version US) jour international de la weed, Sleep ne fait rien comme tout le monde et après 15 ans d’attente il sort le successeur de DopesmokerThe Sciences. Sans pub, sans promo il paraîtra aujourd’hui même, le 20 avril, en digital chez Jack White’s Third Man Records arrivant comme un parpaing dans la mare. Du coup risque TRES fortement d’occulter le reste des sorties du jour…..

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SANDOME NO SATSUJIN (THE THIRD MURDER) – KORE-EDA HIROKAZU

Un jour, six aveugles instruits et curieux désiraient rencontrer un éléphant. Lorsque le premier s’approcha de l’animal, glissant le long de son flanc, il s’exclama : « l’éléphant est comme un mur ». Le deuxième, tâtant une défense s’écria : « Selon moi, l’éléphant ressemble à une lance ». Le troisième, prenant la trompe dans ses mains dit : « Pour moi, il ressemble à un serpent ». Le quatrième palpa le genou et fut convaincu qu’il s’agissait d’un arbre. Le cinquième, s’étant saisi d’une oreille, s’émerveilla de sentir le vent d’un grand éventail. Quant au sixième, s’emparant de la queue qui balayait l’air, affirma qu’il s’agissait d’une corde. Après de longues discussions passionnées, tombant chacun dans un excès ou un autre, insistant sur ce qu’il croyait exact, les 6 aveugles croisèrent un vieux sage qui leur dit : « Vous avez tous dit vrai ! Si chacun de vous décrit l’éléphant si différemment, c’est simplement parce que chacun a touché une partie de l’animal très différente. L’éléphant a réellement les traits que vous avez tous décrits. »

Cette parabole, racontée par l’un des protagonistes, restitue parfaitement l’atmosphère trouble, empreinte de questionnement et de doute permanent qui baigne Sandome no satsujin (distribué en France sous le titre The third murder). Sorti au Japon en 2017, le nouveau film du très prolifique réalisateur Kore-Eda Hirokazu est un huis-clos magistralement interprété sur les rouages de la justice et sur les implications personnelles des acteurs de cette implacable machine judiciaire. Plus habitué des drames intimistes – le public français le connait surtout pour sa trilogie sur la famille constituée par Nobody knows en 2004, Still Walking en 2008 et Tel père, tel fils en 2013, Hirokazu s’essaye aujourd’hui au film de tribunal : un cabinet d’avocats est mandaté pour défendre un homme emprisonné pour avoir violemment assassiné le directeur de l’usine qui venait de le licencier. Tâche particulièrement ardue d’autant plus que l’homme a déjà été condamné pour un précédent meurtre trente ans auparavant et qu’il n’a de cesse de revenir sur ses aveux concernant son nouveau forfait.

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Peu intéressé à première vue par la dimension pourtant éminemment politique du sujet – le Japon applique encore la peine de mort et plus de 80% de la population approuve la législation en cours – le réalisateur va, comme à son habitude, plus s’attarder sur la perception humaine du sujet et sonder ainsi ce qu’elle révèle de plus intime chez les participants du drame. En forme d’autopsie d’un meurtre, Hirokazu prend la main des spectateurs pour les emmener aux côtés du trio d’avocats en quête de justice. Convoquant toutes les problématiques humaines autour de ce thème : mensonge, refoulement, déni, faux-semblants, etc., le réalisateur va finalement dérouler un récit qui va s’employer moins à résoudre l’enquête qu’à remettre en cause l’impartialité du système judiciaire et ses conséquences à échelle humaine.

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Ponctué par les rencontres au parloir, le récit s’articule autour de la confrontation entre le trio d’avocats, mené par le cynique Shigemori, et l’accusé Misumi, jusqu’au dénouement dans l’enceinte de la salle de tribunal. D’abord convaincue de pouvoir éviter la peine de mort à son client, la défense plaide coupable, appuyée en cela par les déclarations de Misumi qui tendent à impliquer, par complicité, la femme du directeur dans la préméditation du meurtre. Mais, alors que le procès a commencé, plusieurs événements viennent mettre en difficulté la stratégie des défenseurs et font vaciller les certitudes de l’imperturbable Shigemori. Cette fois-ci, Kore-Eda Hirokazu, d’habitude apôtre d’un cinéma non spectaculaire à l’approche quasiment documentariste,  ne lésine pas sur les revirements de situation et, jusqu’à la toute dernière scène du film, met les nerfs des spectateurs à rude épreuve.
Même si, de prime abord, on pourrait croire le cinéma d’Hirokazu délesté de ses préoccupations habituelles sur la famille, le fil du récit fait revenir le naturel au galop. Car ce sont au final quatre situations de famille qui viennent s’imbriquer et se superposer au récit premier pour questionner le rapport à la vérité. Plusieurs questions s’imposent alors d’elles-mêmes : quel est le réel motif de l’accusé ? L’exercice de la justice consiste-t-il à découvrir la vérité ou alors à appliquer une peine équivalente au crime commis ? Avec des problèmes inhérents à sa propre vie, peut-on exercer une justice impartiale sans que lesdits problèmes viennent interférer dans notre appréciation du réel ? Ainsi, lorsque Sakie, la fille de la victime lève brusquement le voile sur tout un pan caché de sa propre existence et de celle de son père, l’avocat Shigemori se trouve tiraillé entre la fonction politique et économique de son métier d’avocat et ses convictions et/ou contradictions personnelles.

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Kore-Eda Hirokazu et son chef-op Yohei Taneda utilisent ainsi les scènes de parloir pour illustrer à merveille le glissement progressif de Shigemori dans le doute et mettre en scène son désemparement face au personnage complexe de Misumi. D’abord filmés tous ensemble, les avocats sont ensuite deux, puis seul Shigemori participe aux entretiens avec le prévenu. Deux caméras d’abord placées pour effectuer un champ/contrechamp se combinent pour ne constituer qu’un seul angle de vue utilisé pour filmer Shigemori et Misumi de profil. Enfin, lors du dernier entretien, la caméra ne cadre plus que Misumi, seul un jeu de lumière faisant se refléter le visage de Shigemori sur la vitre séparant symboliquement les deux hommes.

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Peu importe au final la culpabilité de Misumi, semble nous dire Hirokazu. L’important est le cheminement de l’esprit vers l’adéquation des faits et leur énonciation, loin des effets de manche et des plaidoyers théâtraux, la préoccupation du réalisateur/scénariste s’attardant plus sur les conséquences irréversibles du verdict que sur les circonstances du meurtre qui ne semblent faire aucun doute. D’où le titre du film (là aussi petite nouveauté chez Hirokazu, d’habitude moins virulent dans sa démarche de cinéaste) qui accuse les défaillances d’un système qu’on voudrait infaillible, qu’on ne remet pas en cause de peur d’y découvrir la part sombre de notre société.

Sortie le 11 avril 2018
Scénario et réalisation : Hirokazu Kore-eda

Avec :
Masaharu Fukuyama : Tomoaki Shigemori
Kôji Yakusho : Misumi
Suzu Hirose : Sakie Yamanaka
Yuki Saitō : la mère de Sakie
Kōtarō Yoshida : Daisuke Settsu
Shinnosuke Mitsushima : Kawashima
Izumi Matsuoka : Akiko Hattori
Mikako Ichikawa : Shinohara
Isao Hashizume : Akihisa Shigemori
Aju Makita : la fille de Tomoaki
Hajime Inoue : Ono

Texte : Jimmy Kowalski

Glorior Belli – The Apostates

Ne vous méprenez pas : Au vu de la pochette de la dernière galette des gaulois de Glorior Belli, on pourrait penser que le groupe a fait un retour aux sources vers le black metal traditionnel qu’il jouait à ses débuts. Il est vrai que le design de l’album (lequel représente un vitrail d’église aux teintes assez ternes) évoque plus volontiers les gargouilles de Notre Dame de Paris et le Moyen Age européen que les bayous de Louisiane. Continue reading Glorior Belli – The Apostates

Exhumed & guests @ Gibus – 12 avril 2018

Ce soir, c’est une messe dédiée du death-grind qui a lieu au Gibus, le célèbre club du quartier de République à Paris. Cette salle, autrefois spécialisée dans le rock mais qui continue de proposer des concerts bien bourrins, a un statut culte auprès des multitudes tribus urbaines qui peuplent la capitale ! Le Gibus, c’est un peu le CBGB français. Il faut dire que j’écume cette salle depuis plus de 25 ans maintenant et que j’y ai donc accumulé un grand nombre de souvenirs ! Le concert est donc placé sous le signe du métal extrême…et ce n’est rien de le dire au vu de l’affiche. Continue reading Exhumed & guests @ Gibus – 12 avril 2018