Tag Archives: CINEMA

DEN SKYLDIGE (THE GUILTY) – GUSTAV MÖLLER

« La photographie, c’est la vérité et le cinéma, c’est vingt-quatre fois la vérité par seconde… » a dit Godard. Malgré toute la vivacité intemporelle qu’on peut accorder à ce brillant aphorisme de l’Helvète grognon, le cinéma, ce n’est pas qu’une fabrique d’image en mouvement. C’est aussi, depuis l’avènement du cinéma parlant, la captation et la combinaison du son et de l’image. Avec The Guilty, premier long métrage du danois Gustav Möller, on en a la démonstration la plus convaincante, et l’assurance, une fois de plus, que le cinéma peut être une formidable machine à penser et interpréter le réel.

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DOGMAN – MATTEO GARRONE

Je vous ai déjà parlé de mon aversion pour les chats. Contrairement à ces horribles bestiaux dénués d’une quelconque empathie – le propre des sociopathes – c’est animé d’un indéfectible amour que je fréquente la race canine, qu’ils soient petits, gros, hargneux ou encore affables. J’aime les chiens d’un amour universel et je pense qu’ils me le rendent bien. Pourtant, dès la première image de Dogman, la peur m’a pris. Et dans le nouveau film de Matteo Garrone, quand cette peur a la gueule d’un American Staffordshire furieux, quand elle vous tient, mâchoire verrouillée, elle ne vous lâche plus.

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TOP 2016 DE LA REDACTION

Vous n’y loupez pas, vous avez le droit aussi à notre top de l’année écoulée. Mais étant donné que le Rédaction se diversifie dans ses thèmes en ouvrant sa ligne éditorial à d’autres arts, du coup c’est un top des événements culturels des membres de l’équipe ! Autant cinéma que musique ou bien littéraire.

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Yeon Sang-ho – Dernier train pour Busan

Gregor Samsa meurt d’une longue agonie après avoir été transformé en un monstrueux insecte. Après avoir surmonté leur dégoût, puis l’avoir violemment rejeté, les membres de sa famille semblent soulagés et voient sa mort comme un nouveau départ. Ainsi se clôt la Métamorphose de Kafka. Comme on aurait pu le penser d’emblée, la métamorphose agit moins sur l’individu, qui finit par abandonner toute lueur d’humanité, que sur son entourage, qui, au contraire, prend acte de cette épreuve pour évoluer. Si l’on se réfère à la définition biologique d’une métamorphose, on assiste chez un individu à une succession brusque et irréversible de changements morphologiques et physiologiques, aboutissant à l’édification d’une nouvelle “image”, l’imago justement. Cependant, les métamorphoses concernent des individus à l’état larvaire, ce qui signifie que le processus est une amélioration, le passage vers un stade supérieur, voire ultime. Donc, quand on regarde un film de zombies, c’est clairement le bordel. Un monumental foutoir de mort, de bestialité et de dévastation où rien ne laisse, à première vue, penser que l’on assiste à une quelconque amélioration des choses. Parce que s’ajoute à ces premières considérations théoriques le concept de la propagation, de la viralité exponentielle, l’anti-hiérarchie proposée par Deleuze et Guattari dans la théorie du Rhizome. Impermanence, hétérogénéité, multiplicité, et paradoxalement, un épanouissement, signe de vitalité, sans limites. Continue reading Yeon Sang-ho – Dernier train pour Busan

MAN ON HIGH HEELS- JANG JIN

S’il y a bien une chose que je déteste encore plus que les chats, c’est la première quinzaine de juillet. La pollution explose et le seul endroit où l’on pourrait se calfeutrer en journée est une salle de ciné. Or, les exploitants français ont décidé, chaque année, que durant cette période, eh bien non, aucun film digne d’intérêt ne sortirait. Donc voilà “Camping #3”, “Les Tortues Ninja #2”, “Independence Day #2”, “Conjuring #2”, “American Nightmare #3”, L’âge de glace #5″. De la peloche au kilomètre exécutée par les besogneux d’Hollywood au milieu desquels le “Tarzan” de David Yates, CGI-pornesque et formaté à mort, fait office de grand gagnant (sic). “La Tortue Rouge”, c’est beau mais uuuuuuultra ennuyeux et “The Strangers” de Na Hong-jin (déjà auteur des thrillers “The Chaser” et “The Murderer” est tellement fou (de génie) que j’aurais bien du mal à en parler. Bref, cette terrible traversée du désert cinéphile étant achevée, me voici de retour pour vous parler d’un film particulièrement singulier, “Man On High Heels”. Attention, je ne la joue pas snob à essayer de vous vendre de l’Art et de l’Essai hein. Je suis et je resterai fan des films de Walter Hill. Non, ce film est VRAIMENT singulier. Singulier autant dans son traitement formel que dans le sujet et sa manière de l’aborder.

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NICOLAS WINDING REFN – THE NEON DEMON

Qu’est-ce que le cinéma ?

Ben, pour être tout à fait franc, la vraie question qui me tourne dans la tête depuis quelques instants est plutôt : « Bon sang ! mais qu’est-ce que je viens de voir ? » Je serais bien en peine de répondre à la Grande Question. Disons que je peux établir des repères, ouvrir des perspectives, et du coup susciter de nouveaux questionnements. La belle affaire… Bon, voyons voir quand même ! Continue reading NICOLAS WINDING REFN – THE NEON DEMON