Category Archives: Interviews

Rencontre avec Schoumsky – Princesses Leya

Tu aimes rigoler ? Cool.

Tu aimes bien le metal ? Encore mieux. On s’en doute un peu hein, sinon tu ne serais pas ici, mais on ne sait jamais, parfois y’a des gens qui s’égarent.

Bref.

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Rencontre avec Mathieu Dottel – Bukowski

Comme vous le savez déjà tous (non ?), Bukowski a sorti son nouvel opus Strangers vendredi dernier, trois ans et demi après le précédent. Camille a rencontré Mathieu Dottel, l’un des fondateurs de la formation et chanteur/guitariste. Ils ont parlé de l’album, bien sûr, mais aussi des changements qui se sont opérés au cours de ces trois années.

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Rencontre avec NIKO de TAGADA JONES

 

L’été et ses belles scènes ensoleillées… 2018 aura été une saison plus que clémente pour les festivals. Vous avez d’ailleurs peut être vu passer un des groupes les plus prolifiques de la scène française, TAGADA JONES. C’est juste avant le Motocultor que Niko prend le temps de répondre à nos questions.

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Rencontre avec John Corabi – THE DEAD DAISIES

7 mai dernier, 15h, au Dr Feelgood. Après le concert de la veille, on aurait imaginé que les Dead Daisies préfèrent profiter de leur journée off pour se reposer ou se balader dans Paris avant de repartir vers la Suisse, mais ce serait les sous-estimer. A l’heure pétante, ils accueillent eux-même la petite foule de privilégiés venus assister à leur showcase acoustique. Signent des affiches, se prêtent au jeu des photos ou distribuent des câlins, le tout avec des sourires éclatants. Les gars sont capables de passer de leurs chansons à des reprises de Led Zepp ou des Beatles, comme ça, au débotté, et les frissons parcourent la salle.

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Rencontre avec SUBROSA

Le Hellfest, la grand-messe annuelle des métalleux de France, vient de démarrer. J’ai rendez-vous à l’espace VIP / Presse avec Rebecca Vernon, la guitariste-chanteuse du groupe ainsi qu’avec le batteur Andy Patterson. Ces deux musiciens parlent au nom de leur groupe, Subrosa, qui évolue dans le style doom/sludge avec une touche néo-classique. Ils sont originaires de Salt Lake City dans l’Utah, un Etat du grand ouest américain qui abrite une communauté religieuse des plus rigoristes : Les Mormons.

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Bonjour Subrosa ! Pouvez-vous nous dire quelques mots sur l’histoire du groupe ?

Rebecca : Nous jouons ensemble depuis 10 ans. Nous avons eu beaucoup de changements de line-up mais cela fait trois ans que la composition du groupe n’a pas changé. J’aime beaucoup la formation actuelle parce que je pense que les liens qui nous unissent sont très forts. Nous avons sorti cinq albums depuis nos débuts.

Quelle signification donnez-vous au nom Subrosa ?

: Sub rosa signifie “sous la rose” en latin. Ce qui nous a plu dans ce nom, c’est qu’il renvoie à tout ce qui est caché, secret, souterrain ou abyssal. Cela renvoie également au son du groupe, du fait de l’accordage très bas des guitares. Il n’y a pas vraiment de sens ésotérique dans tout ça. Cependant, le terme de subrosa apparaît souvent dans le « Da Vinci Code » et il me semble aussi que cela est lié avec le rosicrucianisme.

Quelles sont vos influences ?

R : Le groupe qui m’a le plus inspiré est Red Bennies qui viennent de l’Utah. Je les ai vus pour la première fois en 1985. Je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi énervé, puissant et fort de ma vie. Ils étaient un groupe en avance sur son temps. D’autres groupes m’ont inspiré aussi : Sleep, Blue Cheer, Black Sabbath…

Comment définiriez-vous votre musique ?

R : On nous présente comme un groupe de doom, mais je dirais plutôt que l’on joue du sludge metal. Mais notre label n’aime pas qu’on se définisse comme un groupe de sludge parce que ce terme leur paraît trop sophistiqué ou quelque chose comme ça.

Andy : Je pense que le sludge a une connotation négative, sale, avec une attitude à la « Je hais Dieu ». Or nous ne correspondons pas du tout à ça. Nous essayons d’embrasser ce style par nos riffs lents et un son sludgy mais techniquement, nous ne sommes pas un groupe de sludge car nous sommes trop « polis » pour ça !

SUBROSA_photoby_Angela-Brown

Votre dernier album For this we fought the battle of ages (Profound Lore records, 2016) est inspiré d’une nouvelle dystopique de l’auteur russe Ievgueni Zamiatine, Nous autres. Que pouvez-vous me dire à ce propos ?

: Quand j’ai lu ce roman pour la première fois, cela a eu un grand impact sur ma vie et ma façon de penser. Quand j’ai découvert le livre, je me suis dit : « Nous devons écrire un album à partir de ce roman ». La liberté de penser est au centre du livre.

A : Nous autres a inspiré d’autres romans comme 1984 de George Orwell et Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley.

Vous intégrez des violons électriques dans vos morceaux. Pour quelle raison ?

R : En fait, lorsque j’ai fondé le groupe, la violoniste Sarah (Pendleton) était mon amie et elle voulait intégrer le groupe. Je lui ai alors expliqué que nous étions le groupe le plus heavy et le plus puissant de Salt Lake City et elle m’a répondu : « Okay ». Au final, c’était un accident plutôt bienvenu.

J’ai lu sur Internet qu’une partie du groupe était issue de familles mormones et était dans la foi chrétienne. Cependant, vous avec condamné les positions de l’Église mormone vis-à-vis des gays. Que pouvez-vous me dire à ce propos ?

R : Ce n’est pas le seul sujet sur lequel je suis en désaccord avec les mormons mais j’ai décidé de condamner publiquement l’homophobie de cette communauté car je sentais que j’en avais l’obligation morale notamment en raison des suicides de personnes homosexuelles. Il est important d’exprimer ses points de vue même si l’on n’est pas compris.

Vous considérez-vous comme un groupe de metal chrétien ?

: Non pas du tout, les paroles ne sont pas chrétiennes, elles traitent juste de la vie en général. C’est étrange, car je suis mormon mais je ne suis pas intéressée par les groupes qui font de l’idéologie. Je n’ai rien contre les groupes chrétiens. Par exemple, j’apprécie un groupe chrétien comme Wovenhand ainsi qu’une poignée d’autres. Les gens font ce qu’ils veulent mais personnellement, je n’ai pas envie de faire ça.

 

 

Propos recueillis par : Mathieu
Photos : Subrosa

RENCONTRE AVEC YANN LE BARAILLEC / MOTOCULTOR FESTIVAL

C’est au repère des rockeurs de Paris, Le Dr Feelgood Bar aux Halles, que nous avons rencontrés Yann Le Baraillec, programmateur et directeur du Motocultor festival. Détendu, il attaque cette année 2018 et une édition avec un peu moins de stress suite aux derniers éditions riches en rebondissements. Une programmation 2018 qui s’annonce riche, dans les temps, une motivation toujours intact et une équipe encore plus passionnée pour un festival humain parmi les préférés du public. Un échange riche et hautement métallique autour de groupes, de line-up, des doutes, de la passion du Metal et de la vie d’un irréductible festival breton. 

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Rencontre avec EREB ALTOR @ Cernunnos Pagan Fest

Quelques heures après leur passage sur la scène du Cernunnos, Mats et Tord, respectivement guitariste/chanteur et batteur, d’Ereb Altor nous accordent une petite interview. Le concert était époustouflant et c’est avec beaucoup d’émotions que nous prenons place à leur table…

interview EA

C’était un concert spectaculaire : l’avez-vous autant apprécié que nous ?
Tord : C’était sans doute un de nos meilleurs shows depuis le début de la tournée ; la neuvième date aujourd’hui.
Mats : On vient de jouer 8 soirs consécutifs et on commence à être fatigués mais je joue toujours comme si c’était le dernier concert ! Il faut toujours tout donner.

Quel plaisir de vous voir enfin en France !
Mats : Pourtant nous sommes venus au Hellfest l’an dernier et au Ragnard Rock. C’est la troisième fois que nous participons à un festival en France et à chaque fois ce fut un plaisir. Ces trois festivals étaient vraiment très biens.

C’était donc votre première fois au Cernunnos : avez-vous apprécié l’ambiance, le staff ?
Ensemble : Oui !
Tord : C’était très professionnel : je suis très satisfait.
Mats : Tout s’enchaîne parfaitement toute la journée ; il n’y a rien qui cloche. Même les interviews sont bien organisés !

Comptez-vous revenir en France cette année ?
Mats : Je ne pense pas qu’on refera un festival en France avant l’année prochaine. Du moins nous n’avons rien de prévu pour l’instant. J’espère qu’après le Hellfest et le Ragnard, l’intérêt pour Ereb Altor touche de plus en plus le public français.

Allez-vous privilégier les festivals comme celui-ci par rapport aux concerts classiques ?
Mats : Nous avons déjà joué à Paris en club et nous étions à Lyon la nuit dernière. Tord : Notre avenir se tourne plutôt vers les tournées de festival.
Mats : Les clubs ne peuvent plus payer pour ce qu’on leur demande. La situation financière des festivals est très différente.

Comment est venue l’idée d’un album centré sur les loups et Fenrir ?
Mats : Notre héritage est rempli de loups, sans compter Fenrir bien sûr. Les vieux recueils de contes et de mythes sont pleins d’histoires sur des loups. Il n’y a qu’une seule chanson consacrée à Fenrir dans notre album. La plupart des histoires sont plus récentes. L’une d’elles date du XVIe siècle et raconte l’histoire d’un homme se transformant en loup après un pacte avec le Diable. Une autre  concerne un homme qui tue sa femme et arrache de son ventre son enfant.

Est-ce l’histoire racontée dans “En Synd Svart som Sot” ?
Mats : Non, c’est celle de “Wolfcurse”, une chanson que nous n’avons pas jouée aujourd’hui. “Ett Synd Svart som Sot” nous ramène il y a quelques siècles en arrière à l’époque où être enceinte sans être mariée était un terrible pêché en Suède. Comme dans toute l’Europe je suppose. Beaucoup de ces enfants étaient tués à la naissance et il y a beaucoup d’histoires en Scandinavie où des enfants non baptisés reviennent pour réclamer un nom et une sépulture. C’est une histoire de revenants, d’enfants tués par leur propre mère.

Comme vous l’avez rappelé pendant le concert, vous chantez pour la première fois en suédois sur un de vos albums. Pourquoi ce changement maintenant?
Mats : Pourquoi pas ? C’est quelque chose que je voulais faire depuis longtemps mais ce n’était jamais vraiment le bon moment. On a essayé et je trouve que le résultat est plutôt bon. C’est assez effrayant de se dire que beaucoup de personnes ne comprendront pas mais ça donne une couleur spéciale à la chanson.
Tord : Je pense qu’à l’extérieur [de la Suède], on a plus tendance à accepter d’autres langues comme le suédois. Le public en Suède n’écoute que des chansons en anglais ou en suédois.
Mats : Chanter en français en Suède serait assez difficile par exemple.
Tord : Mais chanter en suédois était une bonne idée.
Mats : Oui je pense qu’on aura d’autres morceaux en suédois à l’avenir.

Peut-on dire qu’Ereb Altor est un groupe païen ?
Mats : Ouais nous sommes “païen” [en grognant de manière caricaturale]

C’est un rôle que vous jouez sur scène ?
Mats : Nous sommes inspirés par notre héritage culturel pour écrire nos paroles et nous aimons les airs traditionnels suédois. Nous préférons appeler notre musique “scandinavian metal” avant tout pour avoir un lien avec notre passé mais nous ne sommes pas de vrais croyants.
Tord : Si je devais choisir, je choisirais les Anciens Dieux sans hésiter ! Mais ce serait forcément d’une manière différente de l’époque.

Dans les pays scandinaves, il y a un vrai mouvement néo-païen. Notamment avec les Asatru…
Mats : … en Islande oui. Nous trouvons cela fascinant. D’une manière ou d’une autre c’est notre Histoire et nous devons en tirer quelque chose. C’est très intéressant et j’essaie de lire un maximum sur ces sujets. Mais nous devons embrasser tous les aspects de notre passé, pas seulement celui de l’âge du Fer final [la période Viking dans la chronologie nordique].

Gastrike ne parlait pas de mythologie par exemple.
Mats : Non, l’album était centré sur des histoires de fantômes, d’une région très spécifique de Suède

Comment trouvez-vous toutes ces histoires ?
Mats
: Dans les bibliothèques !
Tord : En fait nous avons grandi avec beaucoup d’entre elles. Nous avons des amis extrêmement savants dans ces domaines.
Mats : Le batteur de Månegarm est un vrai professeur d’histoire ! C’est un ami proche qui nous conseille souvent des livres.

Y-a-t’il des ouvrages particuliers, des sagas que vous aimez particulièrement ?
Mats
: Ils sont très variés : certains sont de vieux contes en ancien suédois plutôt difficiles à lire. J’ai bien sûr lu l’Edda poétique. Il y a également des livres pour enfants très biens !
Tord : Certains ouvrages pour enfants comme Emil i Lönnerberga [les Farces d’Emil chez nous] d’Astrid Lindgren parlent de récits d’enfants fantômes non baptisés comme dans “en Synd Svart som Sot”.
Mats : En Suède, les vieilles histoires sont partout.

Ereb Altor est souvent assimilé à Bathory. Aujourd’hui, que reste-t-il selon vous de l’héritage de Quorthon ?
Mats
: Quorthon était un pionnier dans le viking metal mais surtout dans le black metal selon moi. Aujourd’hui tous les groupes de black ont tiré quelque chose de sa musique. Le viking metal a évolué dans un esprit différent. Il ne reste plus beaucoup de l’esprit de Quorthon dans les groupes festifs portés sur la bière. J’aimais beaucoup les atmosphères qu’il avait su créer. Il n’y a plus tellement de groupe pour en faire autant.

Aujourd’hui, le leader de la scène viking metal suédoise ne partage pas ces atmosphères si particulières…
Tord
: Amon Amarth ?
Mats : Amon Amarth n’a rien à voir avec Bathory. Primordial fait de la très bonne musique, j’apprécie beaucoup ce qu’ils font. Ils ont réussi à capter le même genre d’atmosphère. C’est la scène black metal qui doit le plus à Quorthon je pense.
Tord : Le black metal aime se rappeler de Bathory mais je pense que beaucoup de groupes pagan ou viking ne le connaissent pas .

Question bonus : votre nom vient-il bien d’un jeu de rôle ?
Ensemble [et le sourire aux lèvres] : Oui !
Mats : Un jeu des années 80s.

Jouez-vous encore ? 
Mats : Plus maintenant…
Tord : C’était il y a plus de vingt ans maintenant !
Mats : Je joue encore à des jeux de stratégie mais plus aux jeux de rôle old school. Je n’ai plus le temps. Trop de travail…
Tord : … les enfants, la famille… Mais c’est bien que certains jouent encore, que les jeux de rôle continuent de vivre.

On ne saurait trouver de meilleure conclusion ! Ereb Altor est en effet le nom d’une campagne pour Drakar och Demoner, un sorte de Dungeon&Dragon suédois.
Bien loin des clichés du metal viking, le groupe épouse dans son ensemble le patrimoine oral scandinave dont font également partie les nombreux contes et légendes qui peuplent les forêts nordique.
Pour la séance de rattrapage pas de panique ! Depuis l’interview, Ereb Altor a annoncé sa participation au Motocultor cet été !

Un grand merci aux membres du groupe pour leur temps et à Sarah de Dooweet Agency !

Texte et traduction : Thomas

Photo et dessin : Fable

dessin EA

Rencontre avec Avatar – Jonas “Kungen” Jarlsby, guitariste, fondateur, Roi.

Fin 2017, nous avons eu l’honneur de nous voir accorder une audience avec le Roi dans une salle de réunion chez Sony Music France.

Malgré la ressemblance avec une conclusion au Cluedo, cette phrase reste fidèle à la journée du 12 décembre dernier. Le lieu en impose, avec une belle terrasse intérieure et un immense sapin de Noël. Ambiance hivernale garantie.

Un homme en costume-cravate bleu nuit se lève pour nous saluer à l’entrée. Il s’appelle Jonas Jarlsby, mais ses compères l’appellent Kungen (le Roi). Il joue de la guitare dans Avatar.

Kungen n’a jamais vraiment donné d’interview avant cette tournée promo. Il parle doucement, lentement. Quand il sourit, les bouts de sa (splendide) moustache remontent et les multiples anneaux dans ses oreilles et son nez s’agitent. Il ne porte pas de couronne (cette fois-ci du moins), mais une masse impressionnante de dreadlocks attachées en arrière.

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