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BLADE RUNNER 2049 – DENIS VILLENEUVE

Que nous restera-t-il à la fin ? Lorsque même nos corps seront épuisés par des millions d’années d’évolution ? Que la Terre ne sera plus qu’une gigantesque décharge dérivant dans le désordre entropique de l’Univers ? Si la fin de l’humanité signe l’arrêt de mort de “Dieu”, ou n’importe quel autre nom que l’on veuille donner à ce fichu truc, sentira-t-on encore des âmes émettre la moindre pulsation d’empathie dans le vide galactique ? Philip K. Dick, dans son roman Do Androids Dream of Electric Sheep? semblait le penser. 16 ans plus tard, Ridley Scott signait, avec Blade Runner, une adaptation cinématographique spectaculaire, à la fois oppressante et visionnaire, qui marquera l’histoire du cinéma au point de voir classer ce long-métrage parmi les 100 meilleurs films de tous les temps (sic) dans le classement prestigieux de l’American Film Institute.

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ÇA – ANDRÉS MUSCHIETTI

Encore raté !

Énième adaptation d’un texte de Stephen King, réalisé par Andrés Muschietti, Ça, premier film d’une série qui en comptera deux (la guimauve d’au revoir solennels durant l’épilogue nous le laisse à penser fortement) ne présente absolument aucun intérêt. Bon, je suis un peu dur. Peut-être un, certes de taille, mais tellement faiblard et noyé sous l’avalanche de défauts qu’il s’en faut de peu pour ne pas vouer aux gémonies les plus implacables ce machin dont la carrière en rediff sur W9 est d’avance toute tracée.

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GOOD TIME – BEN & JOSHUA SAFDIE

The city that never sleeps. New York. Si la quasi-totalité du nouveau long-métrage des frangins Ben et Joshua Safdie se passe la nuit, on est bien loin de Times Square, à des années-lumière de l’hymne romantique de Frank Sinatra à la ville monstre qui bombe le torse. Ici, on ne voit que la pâle lueur des néons se refléter sur les visages faméliques des oiseaux de nuit, ceux qui restent debout parce qu’ils ne savent pas (ou ne veulent pas) rentrer. Connie en fait partie.

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120 BATTEMENTS PAR MINUTE – ROBIN CAMPILLO

« Un bon film me fait pleurer », m’a dit ma jolie voisine de projection en sortant de la salle du Cinéma 28. Pendant 120 battements par minute, elle a pleuré. Moi aussi (mais je n’ai rien dit). On a pleuré devant la crudité de la vérité nue. Oui, regarder la vérité en face, dans ce qu’elle a de jouissif comme dans ce qu’elle a de vachard, fait surgir de nos corps, endormis par le confort moderne, des émotions incontrôlables. Et le cinéma, formidable caisse noire de résonance, se révèle souvent comme un parfait exutoire à nos colères.

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CREEPY – KIYOSHI KUROSAWA

Il fait froid. Dès le premier plan du nouveau film de Kiyoshi Kurosawa, la température descend d’un cran dans la salle de la rue Hautefeuille. À l’écran, le soleil blafard scintille faiblement entre les barreaux polis qui quadrillent une baie vitrée. Un jeune homme entre dans le cadre. Charmeur, souriant, aux gestes délicats. Lentement, le plan s’élargit pour laisser le spectateur découvrir non pas un loft à la déco vintage comme on aurait d’abord pu le penser, mais la salle d’interrogatoire d’une prison.

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L’AMANT DOUBLE – FRANÇOIS OZON

François Ozon m’énerve.

Voilà, c’est dit. Ça fait 20 ans que j’avais ça sur le cœur. Chaque fois que la critique l’encense et que le public s’ébaudit, ça me hérisse le poil. Pourtant, je n’ai jamais vraiment trop su pourquoi… Son style (indéniable) ? Sa réussite (là aussi incontestable, vu le conformisme de certaines propositions et la platitude d’autres dans le paysage cinématographique français) ? Sa production (pléthorique, quasiment un film par an) ? Pourtant, je ne vais pas me laisser aller à verser dans la jalousie maladive face à l’ambition. Non, les sujets de ses films m’agacent. Tout simplement.

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LES FANTÔMES D’ISMAËL – ARNAUD DESPLECHIN

Lorsque je me suis assis, en 1992, dans la petite salle du “Paris” à Clermont-Ferrand, je ne savais pas encore que j’allais commencer la plus vivace, la plus tourmentée, mais néanmoins la plus longue histoire d’amour de ma vie. Histoire toute platonique, j’en conviens, puisque qu’elle est et ne sera jamais qu’univoque et introspective. Pourtant, jamais je n’ai été déçu. À aucun moment. Et depuis ce jour, inlassablement, je reviens, dans la pénombre des salles obscures, dans les bras de ces amant-e-s de celluloïd, prêt à narguer l’éternité, le temps de quelques heures.

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ALIEN: COVENANT – RIDLEY SCOTT

« J’ai toujours été frustré que personne n’ait jamais posé les cinq ou six questions qui comptaient : Qu’est-ce que c’était que ce vaisseau sur la planète où se posait le Nostromo ? Qui en était le pilote ? Qui était dans le scaphandre ? Qu’est-ce que c’était que cette planète ? Pourquoi des œufs ? Pourquoi un ADN évoluerait-il aussi vite pour produire pareil monstre ? » Qui a dit ça ? Je vous le donne en mille : Ridley Scott himself.

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GUARDIANS OF THE GALAXY VOL. 2 – JAMES GUNN

James Gunn est un sacré petit veinard. Tombé dans la marmite du cinéma, il commence à bricoler des films amateurs 8 mm avec son frangin dès l’âge de 12 ans. Après avoir traîné ses basques à la fac de Columbia, il atterrit chez Troma, la boîte de production de nanars trash du cinglé Lloyd Kaufman, chez qui il va participer à l’écriture du mémorable (ou pas, c’est selon) Tromeo and Juliet.

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