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ART BRUT JAPONAIS II – La Halle Saint Pierre

Reprenons où l’avait laissé notre été de débauche le cycle Japonisme 2018 qui met en joie le tout Paris depuis quelques mois déjà. Un cycle prometteur, et aussi riche en découvertes qu’en déceptions totales selon les événements. Certaines expositions ne sont en effet que les témoins affreusement prévisibles d’un extrême orient fantasmé, qui par le bobo parisien, qui par l’adolescent fan de hentaï. D’anime, pardon.

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Musée d’Art Moderne de la ville de Paris – Zao Wou-Ki – L’espace est silence

Le temps de cet article, je m’écarterai du cycle Japonisme (sur lequel je ne manquerai pas de revenir prochainement, n’ayez crainte) qui retient une grande partie de mon attention ces temps-ci. Je prends la liberté d’une escapade esthétique à l’ouest de l’archipel nippon. Un petit décalage géographique qui nous mènera vers la Chine, à la découverte du travail de Zao Wou-Ki, artiste chinois certes, mais fortement influencé par les avant-gardes européennes et américaines. Il quitte d’ailleurs son pays natal en 1948 pour s’installer à Paris. Loin de moi l’idée de me lancer dans des détails biographiques assommants, mais l’attrait de Zao Wou-Ki pour la peinture et la culture occidentale est loin d’être anecdotique.

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TEAMLAB – GRANDE HALLE DE LA VILLETTE

La Grande Halle de la Villette accueille du 15 mai au 9 septembre le collectif japonais teamlab, dont le travail se concentre essentiellement sur des productions digitales. J’ai mis un temps assez considérable à aller à cette exposition, à vrai dire, j’ai failli ne pas y aller du tout. Croiser l’affiche de promotion de l’exposition dans le métro éveillait déjà en moi une sorte de méfiance ; photographie d’une vue d’exposition avec un belle cascade fluorescente (ambiance agence de voyage sous acide), et planté au milieu de ce décor, une petite figure humaine, seulement là pour servir d’échelle et ainsi pousser le badaud à s’étonner devant l’ampleur de la dite fontaine au LSD. J’étais clairement réticente, étant très peu à l’aise avec l’art numérique et assez peu tentée par une exposition qui se basait uniquement sur des environnements de projections. Le sort – et une amie particulièrement insistante – en ont décidé autrement.

Qu’à cela ne tienne ! Peut être allais-je faire une découverte qui me réconcilierait avec l’art numérique. Avant d’entrer dans l’exposition proprement dite, un texte d’introduction placardé sur un mur nous fait face, promettant une expérience «immersive et interactive» (comme… TOUTES les expositions d’art digital qu’il m’ait été donné de voir, comme s’il ne s’agissait là que de leur seul et unique objectif envisageable), accompagné d’un petit schéma du parcours proposé. Un parcours clos sur lui même et donc relativement instinctif semble-t-il.

Nous entrons donc dans une salle plongée dans le noir, recouverte de projections non figuratives et assez colorées pour donner la nausée à un peintre fauviste. D’ordinaire plutôt friande des expositions plongées dans l’obscurité, qui permettent une mise en avant des pièces exposées de façon toujours assez théâtrale, cette fois-ci, on frise le non respect des consignes de sécurité ma bonne dame ! La première salle en question est loin d’être plate, prenant même carrément des airs de skate park dangereusement anguleux, n’est franchement pas rassurante, ni même pensée pour regarder tranquillement ce qui se passe au mur. Ah, un détail supplémentaire et non négligeable pour que vous vous fassiez une idée de l’ambiance : cette salle est remplie à ras bord d’enfants. Comme chacun sait, l’enfant dans une exposition/une galerie/un restaurant a soudainement décidé de devenir ingérable et atrocement bruyant et braillard. Quelle superbe ambiance sonore donc pour une exposition qui se veut être « un dépaysement onirique »… C’est donc légèrement excédée et entre deux glissades de gosses sur les vallons et collines improbables de la salle que je me rue vers les invisibles escaliers qui mènent à la suite du parcours. Un petit corridor relativement fade, les sujets des projections n’ont que peu d’intérêt en eux-mêmes, qui s’ouvre sur la grande salle que j’ai pu voir maintes fois en photo pendant mes trajets en métro. La fameuse cascade Tchernobyl. Avouons-le, c’est assez chouette à regarder, aussi, et comme promis, les projections sont interactives, vous pouvez donc dévier la trajectoire de l’eau en vous tenant debout sur le sol, ou déplumer les fleurs de leurs pétales comme une princesse Disney mal lunée en passant votre main sur le mur. Des attractions qui deviennent, de façon assez évidente, assez lassantes au bout de quelques minutes à peine. Malheureusement, cette exposition n’aura pas proposé de solution à mon interrogation majeure quant aux productions d’art digital : passé l’aspect ludique de héhé-je-peux-jouer-avec-l’oeuvre-me-reconnaît, qu’est ce qu’il reste ? Eh bien à mon sens pas grand chose. L’aspect onirique espèce de vieille rabat joie cynique et aigrie, me crie-t-on. Navrée mes très chers, je reste tout aussi amère. Qu’y a-t-il d’onirique dans ces projections de cascades, fleurs et nature changeante aux quatre saisons, qui, en plus, pixélisent ?! Qu’y a-t-il d’onirique dans une ambiance sonore constituée seulement d’une insupportable partition d’enfants qui tapent sur les murs pour assommer des lapins numériques (et on se plaint que la nouvelle génération soient collée à des iPad. Un peu de cohérence aussi) ? Ouvrons donc un colloque pour nous mettre d’accord sur les tenants et les aboutissants de l’onirisme, merci bien.

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Les deux dernières salles rattrapent presque la catastrophe, on y devine une intention moins «tout public», plus ornementale, plus atmosphérique pour l’une, plus volontairement étrange et fantomatique pour l’autre, sans que l’on puisse parler de réussite pour autant. Et voici qu’arrive la sortie, de façon tout à fait précipitée pour une exposition aussi chère (15€ tout de même pour des projections et quatre salles), mais j’oublie de râler – phénomène assez rare pour être porté à votre attention – tant je suis heureuse d’en voir la fin.

En résumé je déconseille assez fortement teamlab, une exposition onéreuse, peu inventive, peut être simplement destinée aux enfants (mais l’intention du collectif n’a jamais été présentée comme telle!), des choix graphiques largement questionnables et une qualité de projection absolument médiocre, ce qui est quand même dommageable quand on base tout son travail sur ce support. Pourrais-je parler de déception pour autant ? Non, par ce que je m’y attendais. Les affiches de promotion à la grande cascade montrent en fait tout ce que le spectateur souhaiterait voir (et en meilleure résolution en plus) l’exposition ne propose en réalité rien de plus que sa publicité. Un peu comme un film dont le titre dévoilerait l’intrigue. En somme, contemplez l’affiche pour vous en sortir à moindre frais.

Photographies : La Villette

Texte : Claire L.

Au diapason du monde – Fondation Louis Vuitton

Peut-être lecteur, te voilà bien surpris ! Peut-être pensais-tu que The Unchained n’était pas du genre à trainer ses guêtres à la Fondation Louis Vuitton. Un peu de logique, ma bonne dame ! Comment rentrer dans une institution tenue par LVMH sans faire faillir les restes de la lycéenne anarchiste que tu étais ? Peut être, ma bonne dame, que voter Mélenchon et courir chez Vuitton cristallise en réalité toute l’identité de l’intelligentsia parisienne… Un très estimé ami, qui comme moi, enchaîne les expositions de façon frénétique, alors de passage à Paris, m’a récemment fait un discours flamboyant, une ode passionnée à ladite fondation et à l’exposition qui s’y tient en ce moment, de telle sorte que je n’ai pas eu d’autre choix que de gratter le «A» encerclé fièrement tracé au blanco sur mon Eastpack (tout ceci est faux, j’ai grandi mesdames messieurs, j’ai passé ma phase lycéenne mais je suis incapable de me sevrer d’une addiction bien vive pour les hyperboles et les métaphores filées qui alourdissent considérablement ce récit) et de me rendre de ce pas à l’autre bout de la ville pour m’assurer du bien fondé des propos de mon ami.

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BROOD OF HATRED – IDENTITY DISORDER

Je suis récemment tombée sur Brood of Hatred en malmenant l’algorithme de similarité Youtube, en cliquant rageusement d’une vidéo à l’autre pour trouver quelque chose de nouveau, d’audible et si possible d’intéressant. Mes pourparlers avec le bougre d’algorithme ne sont pas toujours aussi fructueux je me dois de vous l’avouer. Cependant, les dieux des Internets semblent finalement me sourire à pleine dents.

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Godsmack – When Legends Rise

Soyons honnêtes, quand j’ai entendu Godsmack, ça a sonné comme Nickelback pour certains. Pas dans le sens « risée totale des Internets », mais plutôt comme un assez bon souvenir d’un groupe auquel je m’étais gentiment accrochée étant ado et boutonneuse (c’est faux, j’ai toujours eu un visage digne d’une peinture du quatrocento, c’est seulement pour faciliter l’identification du lecteur et créer un lien impérissable entre vous et moi. Prenez note de ce raffinement d’humilité…), et bien sincèrement, je pourrais encore danser sur “Voodoo” à m’en faire sauter la prothèse de hanche.

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7ème PARIS INTERNATIONAL FANTASTIC FILM FESTIVAL @ Max Linder

C’est avec un peu de retard que je vous propose mes impressions sur la septième édition du Paris International Fantastic Film Festival qui s’est tenue au Max Linder du 5 au 10 décembre. Un peu de retard car il m’a fallu un certain temps je crois pour digérer ce que j’ai pu y voir. C’est la première édition à laquelle j’ai assisté, je n’ai donc aucun recul vis à vis du festival en lui-même, de son organisation ou de la qualité des productions proposées précédemment, mais force est de constater que la programmation a été extrêmement soignée, éclectique, pointue et qu’elle ne pouvait que ravir autant les amateurs que les fins connaisseurs. Le PIFFF – pour les intimes – donne une visibilité aux films fantastiques contemporains, et j’ai été heureuse de constater que la grande majorité étaient des productions indépendantes. Si c’est pour moi une bonne nouvelle, ce n’est pas par snobisme, mais parce que le cinéma fantastique souffre énormément des exigences actuelles. Celles du grand public, et, par suite logique, celles des grosses boîtes de production. Le cinéma fantastique est en souffrance depuis de nombreuses années, considéré par le public comme un genre de seconde zone, tout juste bon à satisfaire une audience adolescente en mal de sensation, un genre trop peu intellectuel, trop creux pour certains. Un genre qui, de l’avis d’une grande majorité de spectateurs, n’a plus grand chose à proposer depuis les derniers succès de la Hammer dans les années 1970. Parlez de cinéma fantastique ou de cinéma d’horreur aujourd’hui et l’on ne vous parlera (au mieux) que des slashers des années 1980.

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Manrilyn Manson @ AccordHotel Arena 27/11/2017

La première fois que j’ai vu Marilyn Manson, je ne pensais pas le voir une deuxième fois. Et pourtant. Malgré une déception assez amère lors d’une précédente édition du Hellfest, je suis restée assez impressionnée par le boulot de Manson ces dernières années. Je suis la première à chanter les mérites de The Pale Emperor (2015) à qui veut bien les entendre. Cet album signe pour moi un tournant dans la carrière de Marilyn Manson, qui se détache de cette image – certes bien huilée – d’usine à provoc’ sans fond pour adolescent en pleine crise identitaire (faites pas ces yeux là, on y est tous passés), et se montre à son public comme musicien, un musicien un peu fatigué des ces artifices pour appâter les teenagers. Dans The Pale Emperor, c’est un Manson qui a vieilli, et le mot est à prendre dans toute sa force et dans tout ce qu’il suppose, un homme nouveau… mais épuisé. Si on m’avait dit, «tu verras, en 2015, tu écouteras du Marilyn Manson» j’aurais ri comme une baleine et pourtant… un peu comme si on m’avais dit «tu verras, tu retourneras voir Manson en concert». No comment.

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