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Enslaved + Lost In Kiev + Wolve @ Le Trabendo, Paris, 25/11/2017

C’est dans un Trabendo quasiment vide que je pénètre pour une soirée qui promet d’être bonne. Je me prends une bière et je me pose pour assister au concert des français de Wolve. Le quatuor nous délivre un shoegaze maîtrisé qui alterne passages calmes, planants avec quelques moments de saturation bien sentis. Leurs compositions tiennent la route et on se laisse vite emporter par leurs riffs puissants. Exclusivement musical et progressif, ces éléments font de Wolve un groupe bien sympathique malgré une timidité marquée des musiciens. Si ils recueillent d’abord un accueil poli du peu de public présent, un peu plus d’enthousiasme se fait sentir à la fin de leur set qui confirme que ce groupe est une bonne découverte à suivre.

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ABORTED + GUESTS@ Le Gibus, 27/10/2017

Tout commence mal pour cette soirée placée sous le signe du death metal ! Je reste bloqué dans mon train de banlieue pendant 20 minutes, ce qui fait que j’arrive en retard rue du faubourg du temple et je rate les trois quart du set de Balance Of Terror. Leur set, carré et efficace, ne révolutionne pas le death mais reste assez pêchu pour susciter quelques réactions positives de la part du public. Ce public qui est d’ailleurs assez clairsemé en ce début de soirée mais la salle va vite se remplir, nous y reviendrons…

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ENSLAVED – E-

 

Au moment d’aborder cette chronique, je me demande ce que je vais bien pouvoir dire sur ce nouvel album des norvégiens d’Enslaved.  En effet, je suis fan du groupe depuis de nombreuses années et j’ai toujours considéré qu’ils font partie des meilleures formations metal, et même musicales au sens général. Depuis Monumention et surtout l’arrivée de Herbrand Larsen  aux claviers et chant clair en 2004, Enslaved avait su trouver l’équilibre entre brutalité black metal et mélodies brillantes héritées du progressif des seventies.

 Alors quand j’ai appris son départ en 2016 et son remplacement par Håkon Vinje, je me suis posé la question de savoir si le groupe allait passer le cap et continuer à nous proposer des albums aussi inspirés. C’est donc avec une certaine appréhension que je me lance dans l’écoute de ce cru 2017… Comment allais-je le recevoir ? Allais-je être pour la première fois déçu par un de mes groupes fétiches ? C’était sans compter sur le talent des musiciens d’Enslaved.

Changement de line-up donc avec l’arrivée d’un nouveau claviériste/chanteur. Les voix claires en sont forcément modifiées et l’habituel travail d’orfèvre sur les arrangements ont la personnalité du nouveau membre. Cela est flagrant dès « Storm Son » qui commence par un arpège clair et très mélodique et même si la voix claire d’ Håkon s’inscrit dans la continuité du travail de son prédécesseur, nous sentons une différence par rapport aux anciens albums. Le morceau progresse pour déboucher sur un gros riff qui accompagne à merveille le chant brutal de Grutle Kjellson. Le refrain se trouve rehaussé d’un clavier spatial qui fait mouche pour entrer ensuite dans un break dont la couleur black metal nous renvoie aux débuts du groupe.

The River’s Mouth, second morceau débarque avec une énergie qui donne envie de taper du pied tout de suite. Ici la voix claire surprend et le feeling évoque la tessiture de Jaz Coleman (Killing Joke). Arrive «  Sacred Horse » avec sa tonalité très seventies (on pense au mythique « Paint It Black » sur les premières notes) et son orgue Hammond, d’abord discret puis qui part en solo, on croirait entendre du Deep Purple ! Morceau épique et progressif qui illustre parfaitement la symbiose entre rock psychédélique et Black metal. Chaque phrase s’enchaînant à merveille avec la suivante, le tout charpenté par des arrangements travaillés qui affirment le propos. « Axis Of The Worlds » sonne plus comme du pur Enslaved, mystérieux et sombre, avec sa montée d’arpège dissonante mais on est de nouveau surpris par l’intervention de cet orgue Hammond et la voix d’Håkon qui confirme cette coloration plus classic rock pour revenir, comme je le disais, à des sonorités mystiques qui sont la sève d’Enslaved. « Feahers of Eolh » et son arpège lancinant et lourd, se situe lui aussi sur des terres bien connues des amateurs du groupe alternant dissonances et passages clairs et calmes.

L’album se clôt sur « Hiindsiight » dont le couplet est d’une lourdeur à faire pâlir n’importe quel groupe de Doom pour enchaîner sur des arpèges évoquant les premiers travaux de leur compatriote Ihsahn impression renforcée par l’intervention d’un saxophone. Avec ce dernier morceau, Enslaved nous porte aux cimes du black metal progressif et psychédélique ; ils nous donnent la preuve, si besoin est, qu’ils sont les maîtres en la matière et qu’ils le resteront encore pour longtemps.

  Mes appréhensions sont donc balayées face au talent des Norvégiens. Reste que si la formule varie légèrement, Enslaved signe un album de très haute volée, au son et aux structures plus rock mais toujours progressif, épique et brutal. Cette nouvelle livraison démontre qu’Enslaved est plus que jamais un groupe hors normes, inventif et qui sait se renouveler sans perdre son identité malgré les changements qui peuvent affecter le cours des choses. Peu de groupes, quel que soit le style, parviennent à une telle symbiose entre des sonorités au premier abord opposées mais qui sait rendre le tout cohérent et passionnant. Encore bravo messieurs !

Enslaved, E, sorti le 13 octobre 2017 chez Nuclear Blast.

Texte  : J.C.

ALESTORM + TROLDHAUGEN + AETHER REALM @ Elysée Montmartre – 21/10/17

Ça commence à devenir une habitude l’organisation de l’Elysée Montmartre nous échappe c’est une chose certaine maintenant. Une heure et demi après l’heure officielle annoncée, Aether Realm ouvre gentiment la soirée. Face à un public dont l’attente ne fait qu’accroître l’ingestion de boissons alcoolisées , il va falloir un peu de charme pour séduire. Ils sont américains, et proposent du metal viking dont on aura un peu de mal à reconnaitre la valeur. La qualité du son ne permet pas de saisir l’instant. Et les samples en arrière-plan gâchent le côté live de ce type de groupe. Malgré l’énergie sur scène et les quelques morceaux qui sortiront du lot et surtout l’apparition du chanteur d’Alestorm déguisé en bacon qui débarque sur scène (premier moment WTF de la soirée ) il est temps de passer à la suite. Aether Realm manque un peu de piment mais … Attendez… Non finalement un événement me fait vite changer d’avis sur la prestation de ce groupe qui se défend pas si mal…

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ALTER BRIDGE + GUEST @ Elysée Montmartre 10/10/17

Pour un concert annoncé à 20h, il valait mieux prendre ses précautions ce mardi soir, et à 19h30 la file est très longue devant l’Elysée Montmartre. A l’intérieur, à peine le temps de monter les marches qu’on entend résonner des notes d’une première partie déjà installée. On découvre donc dès l’arrivée ce groupe surprise, As Lions, qui accompagne l’entrée dans la salle. Originaires de Londres, les musiciens se dévoilent pour la première fois sur une scène parisienne. Les débuts sont timides de la part du public qui est encore en train de s’installer et de profiter de pouvoir se déplacer facilement, mais le rock entrainant finit par faire son effet. Les riffs dynamiques remplissent l’atmosphère alors que la voix très aiguë du chanteur nous rappelle la tête d’affiche que le public attend avec impatience. Petit à petit, As Lions réussit à accaparer l’attention de l’audience en alternant des morceaux très rythmés et surtout une qualité sonore impeccable. Ils finissent avec un instant « émotion » demandant au public d’allumer briquets et téléphones…. Et téléphones ! Une perte de charme incroyable, alors que quelques flammes vacillent timidement la technologie l’emporte avec ses lumières agressives et gâche le moment.

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Rencontre avec Marie, programmatrice du Cernunnos Pagan Fest

Le Cernunnos Pagan Fest est devenu le rendez-vous incontournable des amoureux du pagan metal et de la culture médiévale. Mais qui est derrière tout ce travail accompli pour notre plus grand plaisir ? Et bien une équipe de passionnés et surtout Marie des Acteurs de l’Ombre qui nous en dit un peu plus sur le festival.

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AUGUST BURNS RED – PHANTOM ANTHEM

Ils finissent à peine la tournée anniversaire des 10 ans de leur album culte Messengers et ne prennent pas le temps de se laisser oublier. Le 6 octobre  August Burns Red sortira son 8ème album intitulé Phantom Anthem chez Fearless Records. Fidèles à leur réputation ce groupe originaire de Pennsylvanie justifie une nouvelle fois sa place vers le sommet du metalcore américain.

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QUEENS OF THE STONE AGE – VILLAINS

 

Quand tu es fan d’un artiste, qu’il ou elle est ton idole, comme le nom l’indique il y a une dimension quasi religieuse.  Tu en oublies la nature humaine de la personne et fige dans le temps ce qui t’a fait vibrer chez cet artiste.  Tu ne veux qu’en aucun cas il ne change, qu’il reste ce compagnon de route tel que tu l’as connu…

C’est un peu le problème que rencontre Queen Of The Stone Age.  Etant des artistes en perpétuel recherche, ne restant jamais assis sur leur acquis, il défrise à chaque sortie discographique les « puristes » qui refusent en bloc tout changement.  Avant même d’avoir entendu une note du nouvel album, l’annonce de Mark Ronson à la production a fait hurler plus d’un, lançant la légendaire attaque de « ils sont des vendus »…

Puis vint le premier single, « The Way You Used To Be ».  Bon c’est vrai que c’est un changement radical, les claps disco et le côté lumineux des productions de Mark Ronson peuvent dérouter les fans de la première heure, mais si on regarde la chanson dans sa construction, c’est du QOTSA dans le texte…

Avec le reste de l’album il est vrai que ce n’est pas le genre de chansons où l’on attend les QOTSA.  Très upbeat, voir disco (aka merci Ronson) avec des claviers omniprésents comme jamais.

Une première piste de ce changement réside dans les récents événements qui sont arrivés.  Le Bataclan et même le concert d’Ariana Grande ont grandement affecté le chanteur et leader du groupe.  En plus de ses propres expériences, ces tragédies ont conforté l’artiste dans l’importance de « maintenant », que c’est tout ce que nous avons.  Peu importe comment c’est considéré, il tient dur comme fer à faire les choses comme il l’entend.  « Life is hard, that’s why no one survives it » comme il dit dans « Feet Don’t Fail Me » qui ouvre l’album

Souvent les artistes se cachent derrière un masque, un rôle.  Josh Homme a jeté ce masque et a décidé d’être plus vulnérable et honnête dans son écriture…

Ce qui n’est pas forcément nouveau, la chanson « Head Like A Haunted House » était un instrumental depuis les sessions d’Era Vulgaris en 2007 et Villains  Of Circumstances (qui donne en partie son nom à l’album ») débuta en tant que morceau acoustique en 2014…

L’autre élément pouvant expliquer ce revirement est d’avoir travaillé et tourné avec l’Iguane, Iggy Pop.  Ecrire, produire et tourner avec l’album « Post-Pop Depression » a ravivé la foi de Josh Homme dans le sacro-saint Rock n’ Roll.  Et donné envie de se bouger le cul.  Si un mec de 70 piges est capable d’avoiner encore comme ça, qu’est-ce que j’attends moi bordel !? »…

Tout ça se recoupe dans la chansons « The Evil has landed », 2e single de l’album, avec des jeux de mots postitifs comme « Living Spree » (opposé à Killing Spree) ou Near-Life experience ( à Near-death experience)….

En somme Villains est un cri du cœur d’un homme qui ne veut plus être autre chose que lui-même.  Meurtri par un monde de plus en plus fou, il veut rappeler aux gens qu’ils faut danser and have a good time no matter what happens…

Queen of the stone age, Villains, Matador, sortie le 25 août 2017.

Texte : Ru5ty

 

COUGH + GUESTS @ GIBUS – 16/08/2017

 

Ce mercredi, la soirée au Gibus s’annonce particulièrement heavy et blasphématoire avec pas moins de cinq groupes 100% doom/sludge/drone/funeral ! J’arrive sur les lieux aux alentours de 19 heures. Les hostilités musicales débutent avec Malemort, un obscur combo de Rouen. Ce groupe est à ne pas confondre avec le groupe du même nom originaire de Cergy Pontoise que j’avais vu quelques jours plus tôt en première partie de Crowbar et qui sonne beaucoup plus rock. Pour le coup, les rouennais ont un style qui tranche totalement avec leurs homonymes. En effet, ils jouent un funeral doom teinté de depressive black metal. Leur set dure environ une demi-heure. J’ai un peu de mal à accrocher à leur musique tant elle manque d’originalité et se distingue si peu des autres productions du genre. J’ai l’impression d’écouter une pâle copie de Sunn O))). Peut mieux faire !

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Dans la foulée, les bayonnais de Monarch ! investissent la scène du Gibus. Ce groupe formé en 2002 a déjà sept albums studio à son actif et à peu près autant d’EP’s et de splits albums.

_DSC9230L’originalité du groupe est de compter une chanteuse dans ses rangs ce qui n’est pas courant dans ce type de musique. En effet, la voix d’Emilie Bresson est unique et en parfaite harmonie avec la noirceur abyssale de la musique. Par ailleurs, je constate que le batteur est le même que celui de Malemort. Les ayant déjà vus à plusieurs reprises, leur concert est sans surprise pour moi. Cependant, je dois avouer qu’un concert de Monarch ! est toujours une expérience inédite. On se sent transporté dans une dimension parallèle à chacune de leurs prestations. Leur musique a un côté noir et envoûtant, renforcé par la dimension poétique et occulte de leurs textes en français.

 

Tout de suite après, place au toulousains de Witchthroat serpent. Ce groupe de doom a été formé en 2011 et possède déjà deux albums studio dans sa discographie. Très inspirée par les anglais d’Electric Wizard, leur musique est efficace dans la pure tradition du doom metal occulte. En effet, on sent l’influence de groupes phares du genre comme Pentagram, Candlemass ou Saint Vitus. Ayant découvert ce groupe ce soir-là, je dois avouer que Witchthroat serpent est un groupe à découvrir d’autant plus si l’on apprécie le doom metal traditionnel teinté de stoner !

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_DSC9419.jpgAux alentours de 22 heures, c’est au tour des américains de Sinister Haze de monter sur scène. Il se trouve que le line-up de ce groupe formé en 2013 est rigoureusement le même que celui de Cough qui doit jouer juste après. Originaires de Virginie, les doomsters de Sinister Haze, qui ont déjà sorti deux LP’s, jouent un doom metal/ stoner psychédélique très mid-tempo et atmosphérique qui évoquerait presque un autre groupe phare du genre, Anathema. Même si leur musique n’est pas mauvaise, ils peinent à attirer l’attention du public qui semble impatient de voir la tête d’affiche de la soirée, à savoir Cough !

 

Peu avant 23 heures, le temps est donc venu aux américains de Cough de clôturer la soirée. Tout de suite, le groupe fait la démonstration qu’il est devenu une référence en matière de doom/sludge.

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Formé en 2005, il a déjà trois albums studio dans sa discographie ainsi qu’un EP et deux split albums. Pendant les trois quarts d’heure que dureront ce dernier concert, les musiciens de Cough assènent leurs riffs impies avec la puissance d’un caterpillar, si bien que le public particulièrement réceptif ce soir-là se lance dans une série de pogos et de slams à répétition.

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Il est en effet assez peu courant de voir le public bouger et s’éclater dans les concerts de doom compte tenu de la lenteur de la musique. Il faut croire que Cough a réussi à conquérir le public parisien. Incontestablement, Cough est un groupe majeur du genre, à classer aux côtés d’autres références telles Conan, Electric Wizard ou Dopethrone !

 

Texte :  Mathieu Bollon

Photos : Zildjian