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Gaahl’s Wyrd & guests – 03/12/2017 @ Petit Bain

Je ne sais pas pour vous mais moi, le dimanche, je ne vais pas à la messe mais plutôt en concert de black metal. Chacun ses valeurs, n’est-ce pas ? Après tout, n’importe quel concert est une messe, fût-elle placée sous le signe du démon ! Ce soir, c’est donc sur la péniche du Petit Bain à proximité de la BNF que ça se passe. Une fois n’est pas coutume, la soirée est organisée par l’association Garmonbozia qui est décidément devenue incontournable. Une véritable institution ! Parmi les groupes à l’affiche, il y a deux groupes qui appartiennent plus ou moins à la mouvance du « post black ». Si cette scène qui se voulait avant-gardiste à la base a engendré des formations intéressantes par le passé, je trouve qu’elle a désormais beaucoup de mal à se renouveler et qu’elle est saturée de groupes de moins en moins créatifs. Bref, tout cela tourne un peu en rond, hélas !

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Raspy Junker + Hypnotic Drive – 26/10/2017

Ce soir-là, ça se passe au sous-sol du Dr Feelgood des Halles, un des meilleurs bars metal de la capitale qui a même reçu récemment la visite des membres de Prophets of Rage la veille de leur concert au Zénith. La salle est plutôt bien remplie. L’entrée est peu onéreuse (6€) et donne droit en plus à un shot gratuit. Que demande le peuple ? Il s’agit de la release party pour la sortie du nouvel album de Raspy Junker, un groupe parisien de heavy / power metal parisien créé en 2012. Leur nouvel opus s’appelle « World of violence » et il est sorti sur le label M&O Music.

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Laibach @ Trabendo – 24 novembre 2017

La musique adoucit les mœurs, disait Nietzsche. Je ne suis pas sûr que cette maxime s’applique au son torturé (et parfois hermétique) de Laibach mais en tout cas, c’est bien sous le patronage de l’illustre philosophe allemand que les slovènes ont composé leur dernier opus, « Also sprach Zarathoustra », sorti le 14 juillet dernier sur le label Mute Records. A la base, les morceaux avaient été composés pour une pièce de théâtre adaptée de l’œuvre phare de Nietzche, « Ainsi parlait Zarathoustra ». Par conséquent, le 9ème et dernier album de Laibach n’est pas qu’un énième disque du groupe mais une œuvre artistique à part entière. Aux antipodes de son prédécesseur « Spectre » sorti il y a trois ans, « Also sprach Zarathoustra » est plutôt orchestral, aride et assez difficile d’accès. Par ailleurs, nous le savons tous : Le groupe vieux de 37 ans n’a jamais été avare en polémiques. En effet, la provocation est devenue avec le temps une marque de fabrique de cette formation. Le fameux concert qu’ont donné ses membres à Pyongyang en Corée du Nord (à savoir l’un des pays les plus fermés au monde) en août 2015 (1) en témoigne ! Incontestablement, Laibach (2) n’est pas pour ainsi dire un groupe politiquement correct, s’appliquant depuis sa création à jouer autant avec une imagerie crypto fasciste qu’avec l’esthétique lugubre du communisme, brouillant ainsi les pistes. Qu’importe les rumeurs à son encontre colportées par certains : Le groupe s’en amuse sans jamais ressentir le besoin de se justifier. D’ailleurs, Laibach n’est pas qu’un simple groupe, c’est bien plus que ça ! De toute évidence, c’est un concept bien rôdé avec une identité visuelle très forte (3). Enfin, le groupe appartient à un collectif d’artistes, le NSK (Neue Slowenische Kunst).

Bref, lorsque j’arrive aux abords du Trabendo qui se trouve à la porte de Pantin, j’apprends qu’un autre groupe, beaucoup plus consensuel celui-ci, est programmé pour jouer non loin de là au Zénith de Paris : Gorillaz. La faune qui se promène le long du chemin qui mène au Trabendo (et plus loin au Zénith) est donc assez éloignée de celle qui s’apprête à voir Laibach sur scène. A l’entrée, j’apprends que les appareils photos sont interdits dans la salle (Etrange, n’est-ce pas ?). Une fois à l’intérieur, la chaleur est à son maximum. Il n’y a pas de première partie et à peine suis-je à l’intérieur de la salle que le concert commence. Il y a tellement de monde massé devant la scène qu’il est difficile de se frayer un chemin. Des écrans diffusent des images en arrière-plan, parmi lesquelles un fœtus dans son liquide amniotique, un rapace et des montagnes. L’atmosphère est oppressante : A la chaleur moite s’ajoute l’hermétisme de la musique. Le chanteur Milan Fras arrive sur scène, le front ceint par sa légendaire coiffe. Le groupe entame un set dédié quasi entièrement à son dernier opus nietzschéen. La chanteuse Mina Spiler fait son entrée sur le titre « Vor Sonenn Aufgang », rajoutant la petite touche de glamour qui manquait jusque-là. S’ensuit un set qui fait la part belle aux morceaux des anciens disques du groupe, comme la reprise du morceau « Cold Song » du compositeur Henry Purcell, le très martial et dansant « Antisemitism » (extrait de leur album de 2003, « Wat »), une version modernisée d’un titre de leur premier album éponyme de 1985, « Brat Moj » ainsi qu’un morceau chanté en français, « Le privilège des morts » (tiré de leur album de 1992, « Kapital »). Les projections en arrière-plan continuent, parmi lesquelles des images extraites du court-métrage « Yukoku » (patriotisme) de l’écrivain japonais Yukio Mishima (5). Laibach joue à nouveau un morceau tiré de l’album « Kapital », à savoir le très martial et technologique « Wirtschaft ist tot » (4) avant de quitter la scène. Après quelques minutes de battement, ils reviennent à l’occasion des rappels pour jouer deux titres de leur album de 2014, « Spectre ». Il s’agit du très entraînant « Bossa nova » suivi de « See that my grave is kept clean », reprise du bluesman Blind Lemon Jefferson, sur laquelle se clôt le concert. Au final, les slovènes nous auront offert un concert aussi surprenant qu’inattendu, mettant volontairement de côté leurs morceaux les plus connus et les plus emblématiques (notamment leurs reprises des grands titres de la musique pop comme notamment celle de « Life is life » du groupe Opus).

Setlist :


  1. Von den drei Verwandlungen
    02. Ein Untergang
    03. Ein Verkündiger
    04. Von Gipfel zu Gipfel
    05. Das Glück
    06. Die Unschuld II
    07. Das Nachtlied II
    08. Das Nachtlied I
    09. Als Geist
    10. Vor Sonnen-Aufgang
    11. Parnassus
    12. Cold Song
    13. Antisemitism
    14. Brat Moj
    15. Hell: Symmetry
    16. Le Privilège des Morts
    17. Ti Ki Izzivas
    18. Wirtschaft ist tot

Rappel :
19. Bossanova
20. See that my Grave is Kept Clean

1 : Ce concert a même donné lieu à un documentaire réalisé en 2016 sous le nom de « Liberation day » et que j’ai pu voir à L’Etrange festival cette année.

2 : Pour les néophytes, le nom de Laibach renvoie au nom attribué par les allemands à la ville de Ljubljana pendant l’occupation nazie de la Yougoslavie

3 : Par exemple, la croix noire sur fond blanc qui leur fait office de logo a été repris d’un tableau célèbre du peintre russe Kazimir Malevitch, chef de file du « suprématisme »

4 : Ce qui signifie « L’économie est morte »

5 : Hasard ou non, le suicide par hara kiri de Mishima a eu lieu le 25 novembre 1970, soit presque 47 ans jour pour jour du concert à Trabendo !

Texte : Mathieu Bollon

Ulcerate & guests @ O’Sullivans Backstage by the mill – 22 novembre 2017

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Ce mercredi 22 novembre, c’est soir de match au stade de France : PSG contre Celtic Glasgow. De ce fait, le quartier de Pigalle, où a lieu le concert, est rempli de supporters écossais qui entonnent bruyamment des chants de supporters. Autant dire que le sol est jonché de cadavres de bouteilles de bière !  Le concert est prévu dans l’arrière salle d’un pub irlandais, le O’Sullivans, qui se trouve juste à côté du Moulin Rouge. L’ambiance y est donc plutôt festive, compte tenu de la présence de nombreux fans de football. Une fois dans la salle, on est à des années lumières de l’atmosphère qui règne dans le pub ainsi qu’aux alentours. La salle est assez peu remplie mais il y a du monde toute de même.

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Thelma – Joachim Trier (2017)

Contrairement aux idées reçues, les terres glaciales de Norvège n’exportent pas que du pétrole, du saumon et du black metal ! En effet, depuis quelques années, ce pays excelle dans le domaine du polar (1) et brille également par son cinéma. A ce propos, le dernier film de Joachim Trier, « Thelma », est une petite pépite. Son réalisateur, âgé de 43 ans, n’est pas tout à fait un inconnu puisque c’est à lui qu’on doit une des sensations de l’année 2012, à savoir le film « Oslo 31 août ».

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ULVER + STIAN WESTERHUS @ La Machine du Moulin Rouge (19/11/2017)

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Ayant vaguement écouté les albums d’Ulver des années 90, je ne savais pas à quel point le groupe avait changé de style, évoluant du black metal à un mélange de rock prog et d’ambient. Certes, je savais que les norvégiens avaient évolué mais je ne me doutais pas que le changement avait été si radical ! N’ayant pas suivi de près la carrière du groupe, ma surprise fut grande en découvrant le groupe sur la scène de la Machine du Moulin Rouge ce dimanche soir pour la première fois ! Apparemment, Ulver n’était pas repassé par Paris depuis 2011. Par conséquent, la salle était remplie. Dans la salle, on ne compte pas uniquement des métalleux mais aussi des personnes venant d’autres horizons musicaux si j’en juge par leur look.

La soirée commence un peu avant 20 heures par un artiste norvégien assez éloigné de l’univers metal : Stian Westerhus. Il a notamment joué avec le groupe d’électro-jazz Jaga Jazzist. Il connait bien les membres du groupe Ulver et a par conséquent été invité sur quelques-uns de leurs albums, notamment leur dernière galette (« The assassination of Julius Caesar ». Ce musicien vient du jazz mais ce soir-là, il propose plutôt une performance de musique expérimentale, entre ambient et drone. Jonglant avec diverses pédales d’effets, il joue de la guitare à l’aide d’un archet, ce qui est peu commun et donne une touche très avant-garde à sa musique. Sa voix est parfois très aiguë et puissante. Cependant, l’ennui commence à pointer, sa musique étant un peu trop plate et pas assez « punchy » à mon goût.

Après une demi-heure de concert, les membres d’Ulver le rejoignent sur scène et ensemble, ils entament leur dernier album sans pause. Ce soir-là, ils joueront la totalité de leur nouveau disque, « The assassination of Julius Caesar », qui est sorti sur le label « House of Mythology » le 7 avril dernier. Il s’agit du onzième album studio du groupe. C’est, semble-t-il, un concept album qui s’empare de divers événements historiques et prend pour base la mort de Lady Di sous le pont de l’Alma il y a tout juste 20 ans, en 1997. Même si elle manque un peu de force à mon goût, leur musique n’est pas dénuée d’intérêt, quelque part entre Depeche Mode pour les claviers et le côté eighties et Pink Floyd pour le côté planant voire carrément psychédélique.  Le groupe offre un spectacle de sons et lumières digne de Jean Michel Jarre avec force jeux de lasers et des projections avec une esthétique de jeux vidéo. On aperçoit notamment un pentagramme en  mouvement circulaire évoquant les jeux sur console Atari de nos jeunes années. Le groupe, mené par le chanteur Garm, enchaîne dans l’ordre les morceaux de l’album avant de disparaître. Quelques minutes plus tard, ils font un rappel à l’occasion d’une reprise d’un hit planétaire du groupe culte des années 80, Frankie goes to Hollywood. Je veux parler du morceau « The power of love », un de leurs meilleurs au passage !

Merci à Garmonbozia pour cette soirée.

Setlist :

  • Nemoralia
  • Southern Gothic
  • 1969
  • So falls the world
  • Rolling Stone
  • Echo Chamber (Room of tears)
  • Transverberation
  • Angelus Novus
  • Bring out your dead
  • Coming home

Encore :

  • The Power of Love (Frankie Goes to Hollywood cover)

 

Cinéma : « The Square » de Ruben Ostlund (2017)

Je dois l’avouer d’emblée : Il est en général assez rare que les films ayant reçu la palme d’or au festival de Cannes attirent mon attention. En effet, l’académisme a tendance à m’ennuyer, que ce soit en matière de cinéma ou dans toute autre forme d’art. C’est pourquoi je ne daigne généralement pas (sauf exception) aller voir les films ayant reçu la bénédiction de la grand-messe cannoise.

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Hypnotic Drive : « Full Throttle » (2017)

« A plein pot » : Voilà en gros ce que signifie le titre du nouvel album d’Hypnotic Drive, petit combo très prometteur de la région parisienne qui évolue dans le milieu du stoner rock. Outre de coller parfaitement à la pochette du disque, ce qualificatif définit à merveille leur musique, tant leurs riffs acérés ne laissent aucune merci à l’auditeur. Selon le contexte, cette expression idiomatique peut aussi signifier « d’arrache-pied ».

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Pensées Nocturnes + Guests @ Glazart – 07/11/2017

A l’exception des baltes du groupe Au Dessus, c’est une soirée consacrée presque exclusivement au black metal franchouillard qui a lieu ce soir-là dans la salle parisienne Glazart. C’est justement l’occasion pour The Unchained d‘aller observer ce qui se passe de nouveau (et surtout d’intéressant) du côté de la scène «cocorico» actuelle.

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WASP + BEAST IN BLACK @ Elysée Montmartre -29/10/2017

Ce dimanche soir, c’est le grand retour de WASP à Paris dans la salle mythique de Pigalle à l’occasion de la tournée  Re-idolized : The 25th  anniversary of the Crimson Idol  qui, comme son nom l’indique, nous projette 25 ans en arrière, à l’époque de la sortie de leur album The crimson idol . Sorti en 1992 sur le label Capital Records, il s’agit d’un opéra-rock dans la lignée du  Tommy  des Who, lequel est sorti en 1969.  The Crimson Idol  raconte l’histoire de l’ascension et du déclin d’une rock star imaginaire, Jonathan Steel.

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