CAGE FIGHT – UNTITLED

Aujourd’hui il est surtout question de son des tripes, celui de la révolte. Les raisons de la colère il y en énormément, à commencer par le règne grandissant de la stupidité au sein de l’humanité.…

Pour alimenter tout ça on a CAGE FIGHT. Une toute jeune formation qui sort son premier album mais qui ne bastonne pas non plus dans la catégorie poids plume. Formation anglais emmenée par James Monteith, connu par les amateurs de metal prog et technique avec son autre groupe TesseracT. On retrouve au chant, et là c’est une bonne surprise, Rachel Aspe !  Bien connue par chez nous et qui avait disparue des radars musicaux depuis la fin d’ETHS. Devenue tatoueuse en Grande-Bretagne et de retour derrière un micro pour donner de la voix comme elle sait le faire. Après la découverte d’un premier extrait qui a mis quelques crochets à certain(e)s, la sortie de ce premier disque confirmait tout simplement le premier round : ça va être violent dans la cage !

Complétée par Jon Reid ( bassiste) présent depuis les débuts et le batteur Nick Plews, la formation n’est pas composée d’amateurs et le groupe est assez armé pour balancer des coups qui peuvent faire vraiment mal. Il y a de la tension, de la colère emmagasinée et une volonté d’en découdre.

Rageur, c’est le mot qui me vient à l’esprit dès le premier titre après l’introduction qui nous rappelle que les luttes sont loin d’être finies.  “The Mirror Shattered” balance une décharge de brutalité qui donne le ton de l’album dans un hardcore old school à forte tendance riffing metal, on retrouve la massivité d’un Hatebreed et la rage d’un Walls Of Jericho. On se fait tout simplement labourer la gueule no stop, rebondissant sur chaque titre comme on prendrait les différents coups qui s’enchainent.

“Hope Castrated” avec des textes sur le harcèlement pour une bombe furieusement trash, est un furieux coup de coude en pleine gueule. Rapide, direct et agressif. On retrouve une Rachel en roue libre et à l’aise dans un style qui lui sied parfaitement ( et je pense qu’on n’a pas encore tout vu).

Elle sort du mono chant ou elle était coincée dans ETHS et propose une palette plus large pour exprimer cette férocité qui était enfermée comme un félin en cage et retrouve une liberté salvatrice. Ça fait plaisir à entendre.

Ça tabasse sec et sans interruption. Nerveux, rapides et directs, les titres enchainent les coups. On se prend cette rage viscérale de plein fouet et je ne peux que penser à tout ce qui me fait rager dans cette société d’abrutis en phase terminal. Libérer notre colère qui nous ronge face à la médiocrité humaine et ce monde qu’on laisse brûler.

L’album est un condensé puissant et nerveux à travers 14 titres dans une construction agressive pour un crossover trash, hardcore aux fortes racines 90. Un son hybride qui va chercher le meilleur des influences des musiciens. Ça sonne et tabasse de bout en bout, offrant des armes lourdes à pit dont « Guillotine » qui va simplement faire une boucherie en live à base de circle pit et mosh.

Même « l’interlude » hip hop sur « Cage Fight » passe crème et respire le groove qui fonctionne sans faute de gout. Une pause entre les rounds avant de repartir au combat.

C’est un ressenti épidermique qui me prend dès les premières notes et ne me lache pas. J’attendais ce quelque chose pour alimenter ma colère et je ne suis pas déçu. On retrouve la hargne de cette scène HxC des années 90

« Eating Me Alive » avec le regretté Trevor Strnad (Black Dahlia Murder) pour un gros trip death metal dans ce son sous amphet. Le plus étonnant sera sur les 6 minutes de  « My Dreams » ou on retrouve le côté prog de James avec une certaine réussite. L’instant fun arrivera en clôture avec la reprise de “Bitch n The Pit” de Body Count pour faire fermer quelques gueules.

 

Le groupe réussit le tour de force de proposer 14 titres efficaces et sans superflu. Cage Fight est là pour le claquage de gueules, laisse les nez en sang et Rachel en est pour quelque chose.  Ce premier opus est un matériel instable, sous tension,  l’idéal pour faire des dégâts. Tout simplement une bouillonnante agressivité hautement recommandée pour ceux qu’ils veulent aller au fight avec le monde d’aujourd’hui.

Cage Fight s’impose dans la cage dès le premier round, on a hâte de voir les prochains combats.

CAGE FIGHT, Untilted, Candlelight Records, disponible depuis le 15 mai 2022.

       TRACKLIST

                    1. Intro
                    2. The Mirror Shattered
                    3. Killer
                    4.  Hope Castrated
                    5. Make A Decision
                    6. Guillotine
                    7. Cage Fight !
                    8. Shine Don’t Fade
                    9. One Minute
                    10. Tell Me What Real Is
                    11. Respect Ends
                    12. Eating Me Alive ( Feat Trevor Strnad)
                    13. My Dreams
                    14. Bitch In The Pit

 

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