SLIPKNOT + BEHEMOTH @ACCORHOTELS ARENA – 30/01/2020

Des années que je n’y ai pas mis les pieds, Bercy, l’arène bouillante, théâtre de concerts monumentaux et qui ont retournés plus d’un cerveau a fait place à un renouveau plus moderne et luxueux avec de la loge, de l’espace de luxe vip à tout va pour ceux qui peuvent surtout se le payer. L’expérience concert disent ils… Loges luxueuses, espaces privés à foison remplis pour un concert de Slipknot… Et bien j’ai envie de dire que les temps ont changés et il est loin cette époque d’Iowa où on se contentait avec la musique… Du coup même les prix deviennent plus luxueux, 10 euros une bière de merde, 40 euros le t shirt. L’inflation et la répercussion se fait ressentir… … AccorHotels Arena merci…

Le metal s’embourgeoise et ce soir nous avons clairement la preuve parmi tout ces selfies à verre de champagne, gravures de mode à la recherche du look le plus metal et le plus liké sur les réseaux… Est-ce un défilé ce soir ? Je n’espère pas…. En tout cas des choses ont clairement changés.

La fosse est maintenant divisée dans un but qu’on connait et la marée humaine de Bercy devient la mer méditerranée coincée dans son embouchure. Fosse or, je cherche toujours à comprendre le pourquoi… Les plus motivés arrivaient en premier pour le dernier sprint, maintenant le jeu est biaisé.

Slipknot a-t-il changé aussi ? Suite au show du knotfest cet été fallait que j’en ai le cœur net, est ce que c’est clairement devenu le monstre et compagnie de fête foraine ? A l’époque où Slipknot passait à Nul Part Ailleurs et on se faisait cracher dessus au lycée avec nos T Shirts à bouc avec l’hydre de Des Moines. Maintenant le Metool est devenu clairement hype et bankable, on se fringue chez H&M pour faire metal et les 9 de Des Moines sont devenus une vraie entreprise adulée par les enfants…. Mais bon, je ronchonne mais il faut reconnaitre qu’après 25 ans de carrière ils sont toujours là et ils déplacent les foules étant donné que leur dernier passage s’était fait au Zenith de Paris.

En attendant c’est la leçon de satanisme pour tous avec Behemoth… Qui aurait cru un jour les voir dans cette salle en France… En tout cas la formation polonaise emmenée par Nergal a su donner ses lettres de noblesse au Black (avis perso). A la culture riche et multiple, Nergal amène dans sa musique une autre dimension. Référencé avec de nombreux clin d’œil, The Satanism est aujourd’hui un album culte, une œuvre d’art de la musique extrême et son petit frère I Loved You At Your Darkest a suivi la voie dans une certaine mesure. En tout cas les familles et les teenagers présents en nombre vont pouvoir s’éduquer ce soir. Satan is with us.

Show classique et d’une réelle efficacité mais sonne un peu vide dans cette immense arène. Un peu plus d’intimité donne encore plus de préséance au set des polonais. En tout cas ils n’ont pas lésinés sur le matériel pour cette tournée. Emmenant autant qu’une tête d’affiche avec fumée lance flamme visuels et lights.

SET-LIST
Wolves ov Siberia
Daimonos
Ora Pro Nobis Lucifer
Bartzabel
Rom 5:8
Blow Your Trumpets Gabriel
Ov Fire and the Void
Chant for Eschaton 2000

 

Putain, la dernière fois que j’ai vu Slipknot dans une salle parisienne c’était en 2004 pour la tournée Iowa au Zenith de Paris, une des claques de mon adolescence. L’enfer dans une salle qui s’était transformée en charnier humain après le carnage des 9 de Des Moines. Le souvenir d’un show furieux et déchainé.

C’est sur d’AC/DC que le signal est donné. Explosion, disparition du Slipknot masquant la scène, celle-ci se dévoile avec la même structure qui a tournée cet été. Sur trois niveaux et à grand renfort d’écran LED.

La teneur des nouveaux titres en live on l’avait expérimenté lors du Knotfest et le souvenir n’était pas au top, du coup je voulais voir ce que ça donnait réellement dans des conditions plus optimales. De source sûre, ce n’était pas vraiment top dans la fosse. Après l’intro « Insert Coin » du dernier opus ( pas top) qui résonne dans un Bercy rempli pour les 9 c’est naturellement « Unsainted » qui ouvre le bal ce soir. Un titre qui, en ce qui me concerne, ne donne pas plus envie que ça mais la salle est quand à elle à fond. Elle attendait que ça pour relâcher la pression de la journée… Par contre dès les premières notes de « Disasterpieces »  BIM !!! Dans le cerveau c’est explosion !!! Mais elle ne va pas durer longtemps car au bout de deux trois titres déjà une pause… Plus tout jeunes pour certains, il faut peut-être se mettre en route tranquillement.

On enclenche la seconde, les écrans sont maintenant tous activés et la scène a clairement plus de gueule. Corey a chauffé la voix, on se dit que le rythme va s’accélérer, va devenir plus intense et bien pas de chances. On reprend sur l’ancien et furieux « Eeyore », le public est clairement bouillant, les plus âgés se souviennent de ces bonnes années et le pit fait clairement honneur. « Nero Forte » fera tomber la tension mais elle se défend pas mal en live, tout ça pour repartir encore derrière les décors. Deuxième pause en même pas 20 minutes de set pour revenir ensuite avec un Corey très bavard. Je trouve ça cool quand le frontman prend la peine de dialoguer avec son public mais une fois ça va, deux ça passe mais quand on remercie tous les deux, trois titres son public ça commence à devenir lassant car ce qu’on attend surtout d’eux, c’est nous faire finir sur els rotules et en sueur mais ce n’est pas l’envie du groupe du soir. Ces cassures de rythme se font au détriment du set qui perd de sa dynamique alors que c’est une set list mettant en avant le brutal des deux premiers albums avec quand même 8 titres à eux deux et ça c’est le pied. Pour les nouveaux titres, « Solway Firth » sort sa carte du jeu par rapport aux autres, grosse basse batterie bien nerveuse. Pour ceux qui l’ont remarqué, aucuns titres de The Gray Chapter seront joués sur cette tournée…

En tout cas les anciens titres ont toujours un peu de cette rage de l’époque et pour certains sont joués avec le même entrain. Retrouver « New Abortion » qui a défoncé bien des nuques et le classique « Wait and Bleed » ça fait toujours plaisir. 25 ans de carrière pour le groupe ça nous rajeunit pas non plus… Un show carré

Pour les conditions sonores on repassera car pour les titres le plus mélodiques de la soirée le son ne fait pas honneur même s’il y aura une amélioration en cours de set … Placé là ou je suis ça pouvait encore passer mais nombreux sont ceux qui se plaindront du son ce soir.
Malgré cela, c’est tout de même un vrai bordel sur scène avec un Clown qui fatigue assez vite pendant que Tortilla Man s’agite de partout et donne clairement de sa personne tout comme Sid toujours intenable. Les percussions apportent toujours de la valeur ajoutée sur les titres plus chaotiques mais étant donné qu’il y en a de moins en moins les deux compères meublent autrement en distillant le chaos sous d’autres formes…. Le groupe connait son boulot et la machine est clairement rodée.

Mention particulière au duo basse – batterie formé par Alessandro Venturella et Jay Weinberg qui est juste monumental, un vrai rouleau compresseur. Les deux arrivés ensemble au sein du groupe et dans un contexte compliqué sur The Gray Chapter sont devenus de vrais piliers sur scène. Weinberg assomme de son talent, grosse démonstration aidée par le son de la salle. Venturella est massif, une présence scénique qui ne s’efface pas derrière les autres, bien au contraire, sur tout les niveaux, il jouera même les pyromanes à la Rammstein.

L’heure du rappel et de la pause plus longue que les autres, il sera offert aux anciens sur  « (Sic) » et le bien naturel « People = Shit ». Un final tout en brutalité qui se conclura de la meilleure des façons sur le brutal « Surfacing » que les anciens sauront appréciés et mes voisins de gradins ont clairement abandonnés depuis 20 minutes.

Malgré un son qui laisse toujours à désirer dans cette salle, un public hautain pour certains et une dynamique par intermittence, retrouver un peu de cette énergie et cette violence des premiers instants chez Slipknot fait plaisir à voir !  Même si ce fut au compte-goutte et avec quelques facilités des grands shows bien rodés, il y a encore un quelque chose au sein de la bête qui fait son effet et elle ferait mieux de revenir à ce qu’elle sait faire de mieux. Son sujet de base, tout casser et non des croisières ou des cirques !

On vieillit tous c’est clair mais ça fait toujours plaisir de retrouver un peu de son adolescence. C’était le cas ce soir.

Un grand merci à Live Nation pour l’accréditation

Texte: Anthony Tucci

SET-LIST
Unsainted
Disasterpiece
Eeyore
Nero Forte
Before I Forget
New Abortion *
Psychosocial
Solway Firth
Vermilion
Birth of the Cruel
Wait and Bleed
Eyeless
All Out Life
Duality

RETOUR
742617000027
(sic)
People = Shit
Surfacing*

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