INTERVIEW AVEC HERRSCHAFT

HERRSCHAFT – LE FESTIN DU LION

Déambulants au HELLFEST dans leur tenues de scène pour le moins impressionnantes, en toges noires et masques de diablotin et de diable cornu, les mystérieux membres fondateurs Max et Zoé du groupe de Metal Indus HERRSCHAFT se sont présentés à THE UNCHAINED.


Pour le contexte, il faut savoir que le groupe, créé en 2004, voit son line up bousculé en 2013 lorsque, à la suite du départ du chanteur, Max (auteur compositeur, batteur) se doit à présent d’assurer le chant. La période est difficile mais l’excellent album des « 12 VERTIGES » voit s’amorcer un tournant pour le groupe. L’amitié et la connivence de Max et Zoé relancent HERRSCHAFT sur le devant de la scène en 2019 avec son cinquième album fraîchement sorti le 21 juin « LE FESTIN DU LION ». Interview de sa seigneurie Max.

La pochette possède une atmosphère particulièrement sombre, est-ce un nouveau départ pour HERRSCHAFT ?
On peut voir sur la pochette Satan et son diablotin ainsi que les corps nus rappelant le radeau de la Méduse et qui sont en adoration devant eux. Cette métaphore à été mise en image par ASPHODEL, photographe à Lyon.
On voulait continuer sur le concept des anciens albums, mais on ne révolutionne pas HERRSCHAFT, on le complémente. On continue à être cyniques et à parler des désastres de l’humanité mais on le fait de plus en plus personnellement. Entre l’apogée et la chute de l’humanité qu’on a dans le premier EP « ARCHITECT S OF THE HUMANICIDE» (2006) et l’album « TESLA » (2008). On avait abordé dans les « 12 VERTIGES» (2013) les expériences et les voyages introspectifs.
En 2019, avec «LE FESTIN DU LION » on est plus dans des tranches de vie pitoyables, risibles, drôles, horribles. Plus on l’écrivait et plus on se rapprochait de cette image de Satan goguenard en train de regarder les hommes faire de la merde et on l’imaginait se dire « en fait, ils n’ont même plus besoin de nous ». En observant le côté cynique, presque grotesque de nos morceaux, on a eu envie de coller une ambiance ésotérique. L’idée des masques est venue comme cela puis l’image de ce Satan et de ce diablotin sur scène s’est imposée.

Max, tu te changes déjà pas mal sur scène, encore un personnage de plus à gérer ?

Ne t’inquiète pas, je ne concurrence pas Arturo Braccheti (rires). Je deviens transformiste…. Blague à part, ça demande une vraie gestion du temps en concert, mais j’adore cela.

Es tu schizophrène ?

Pas du tout. C’est d’ailleurs un des réalisateurs de notre clip « HOW REAL MEN DO » qui me faisait remarquer que lorsqu’il voyait HERRSCHAFT en concert, il voyait au travers des personnages que j’incarne, des hommes de pouvoir. Rajouter des figures décadentes, est un jeu. Nous nous sommes d’ailleurs trouvés artistiquement autour de ce concept. Celui-ci est plus profond que juste porter des masques à Gaz et s’habiller en noir.

Le titre « LE FESTIN DU LION » en français dans le texte est une référence à quoi ?

C’est le titre d’une chanson que l’on a choisi pour illustrer l’album. On n’arrivait pas à trouver l’équivalent de cette expression en anglais. Lorsque j’ai commencé à l’écrire en anglais, je n’ai pas du tout réussi. Tout est sorti en français alors on a gardé le texte. Bien évidemment les textes sont majoritairement en anglais mais voilà, on a opté pour l’album au titre en français. C’est un choix, on verra bien.
Tu penses que c’est un pari risqué un titre en français ?
Ce n’était pas ce qu’on voulait, maintenant, le choix est fait. On a un peu peur de l’étiquette Franco française, d’un groupe qui ne veut pas s’exporter. Ça peut être à double tranchant.

Vous brouillez un peu les pistes ou c’est moi ?

Oui, on se complique la vie, c’est pas faux. On a toujours un double niveau de lecture ainsi que dans le visuel. On espère que les gens vont avoir envie d’entrer dans notre monde et d’écouter ce qu’on a à dire.
C’est une marque de fabrique de HERRSCHAFT depuis le début que de se démarquer par des double sens ?
Oui tout à fait. On a toujours joué sur le « DOUBLE » : on a commencé par la double face, le double monde, le double visage. Il y a toujours un double « quelque chose ». Deux cotés du miroir.

L’alchimie avec Zoé à la guitare est au top depuis le début et vos acolytes Liv (batterie) et Dany Boy (basse), ils ne se sentent pas un peu délaissés ?

Oui, c’est vrai que sur cet album, on a tout fait avec Zoé. La production et le son c’est lui à 100% mais au niveau des compos, on travaille à deux des textes ou des riffs. On a une vraie envie de composer différemment sur le prochain album pour inclure tout le monde. Nous nous entendons bien et Liv et DANY BOY font intégralement partie du groupe.

Comment s’est passé ta journée promo au Hellfest sous une chaleur étouffante ?

Beaucoup de chaleur, beaucoup de buzz, beaucoup de photos, les gens aiment le bouc !! La release partie de l’album a été faite au stand SEASON OF MIST aujourd’hui. Le 6 juillet 2019, on organise la release partie sur Paris au BLACK DOG. On va sortir un clip et on attaquera des dates (pour le moment en tractation). Je ne peux rien dire mais de beaux concerts en perspective.

 

Propos recueillis par : Emmanuelle NEVEU

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