MINISTRY + GUESTS @ LA MACHINE DU MOULIN ROUGE – 7 Juillet 2019

Presque un an après son passage dans un Elysée – Montmartre plein à craquer, mister Al Jourgensen, qui nous avait offert un dernier opus bien comme on aime avec AmeriKKant, a rajouté Paris sur son road trip d’été après son petit passage au Knotfest. De plus, la figure historique de l’heavy indus crados venait avec un renfort que les fans de Tool connaissent bien: Mister Paul d’Amour.

En tout cas ça va être un dimanche soir qui conclue parfaitement le week-end, on arrive  tellement détendus qu’on oublie l’horaire de passage de la première partie… Du coup à la bourre pour 3 Teeth, sensation indus du moment  selon tout le monde…  En ce qui me concerne c’est pas mal du tout, le groupe ne fait pas de la figuration sur le peu que j’aurais l’occasion de voir. Sensation, on ira pas jusque là mais bougrement efficace !! Un gros son indus sombre, froid dans la lignée du patron pour qui ils ouvrent ce soir. Tout le son des années 90 tout simplement. A la fois heavy, indus et eletro sur samples, il leur manque encore cette noirceur crade liée à l’époque. Le live est bon et son frontman Alexis Mincolla à la fois par son charisme et sa présence gère sa salle et le public est dans la poche.

 

Ministry c’est un concert qui va être éminemment engagé étant donné l’historique du personnage qu’est Al Jourgensen et son dernier album AmeriKKKant en « honneur » au locataire de la Maison Blanche. I Know Words qui introduit le show de ce soir avec cette calamité américaine en samples d’intro. On est clairement dans la  « Twilight zone » qui suivra logiquement pour ouvrir les débats. Une Machine bien chaude pour tonton Al mais un public quand même plus hétéorgène  que je ne le pensais au départ. Il y a un peu de tout et de tous les âges même si beaucoup de fans sont présents ce soir.

L’harmonica est sorti dès les premiers titres, Al bien en forme ira même de ses parties de guitare. Ce soir ça martèle bien en fait. On retrouve ces ambiances années 90, pas loin des grands moments des concerts de la Loco avec ce parfum sombre, réellement rock n’roll et décadent de ces années là. Un fuck à Marine Lepen bien placé va réveiller la foule sur « Wargasm » et surtout « Antifa » avec son défilé de drapeaux, agités comme une invitation à la rébellion face à cette société haineuse et gangrénée. Un « antifa » virulent qui déboite bien et qui plus est est encore plus d’actualité aujourd’hui. Ces titres tous issus d’Amerikkkant confirme qu’Al n’est pas à jeter, il a encore de la ressource.

Même si fut un temps il ne finissait pas ses shows à la limite d’y passer suite à des abus en tout genres, et bien il est revenu de loin et aujourd’hui balance ce qu’il faut peut être avec l’aide d’un peu de playback au passage ? Etant donné que la voix ressort transformée au max par moments et sur la majorité des titres… Mais en fait on s’en fout car on kiffe. Au final  se sont sûrement les bienfaits du matcha et du vélo ou bien un corps bionique qui lui donnent une nouvelle jeunesse et cette énérgie sur scène ce soir. Mister Al souriant et avec de l’envie, WAOU !! Et bien c’est cool de le voir comme ça.

Après une partie de set entièrement consacré au dernier opus, il faudra quand même la petite pause à 45 min de show pour Tonton Al car il est quand même plus tout jeune et ces années de rock n’ roll au compteur. Du coup de retour  avec un gros combo de classiques à base de gros son sale, heavy et cette touche ministrienne. Autour du patron c’est un groupe qui donne de sa personne, tellement investit que Paul d’Amour se retrouve avec une atèle au poignet, mais jouant quand même ses parties adéquatement. Un bassiste digne de ce nom.

« Stigmata », « Just One Fix « ou bien « Jesus Built My Hotrod » et un « NWO » bien placé et bien ça fait bouger encore plus les trentenaires et quarantenaires présents ce soir. En ce qui nous concerne on prend sa dose de fix et pas qu’un peu.

Une soirée à fort parfum de nostalgie en fait, on respire cette ambiance qui faisait toute la différence des concerts des années 90-2000 . A grands renforts, de discours anti-consumérisme et anti système, anti connerie humaine surtout mais aussi de remerciements au public et à son groupe, Jourgensen est une figure underground qu’on ne fait plus aujourd’hui, la nouvelle scène étant plus lisse.

Un rappel sur « No Devotion » et un Al de bonne humeur pour une fin comme il faut

On a eu ce qu’on voulait ce soir et on est bien content de voir que Al se soit repris en main. Mais le petit détail qui passe très bien sera pour la fin,  c’est surtout le t shirt a 35 euros pour un mec qui prône l’anticapitalisme…Au final faut bien vivre avec son temps  ? C’était peut-être ça le message de la soirée…

 

Merci à Garmonbozia, notre gros fournisseur bien sympa de gros sons, gros riffs et de came musicale de premier choix !

Texte: Anthony

Photos: Cherry Pixs

SET-LIST

  • Twilight Zone
  • Victims of a Clown
  • Wargasm
  • Antifa
  • Game Over
  • AmeriKKKa
  • The Missing
  • Deity
  • Stigmata
  • Jesus Built My Hotrod
  • Just One Fix
  • N.W.O.
  • Thieves
  • (Encore)
  • No Devotion

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