SAINT VITUS @ PETIT BAIN – 21/ 04/2019

Les légendaires Saint Vitus, pour ceux qui ne connaissent pas, font parties des créateurs et influences majeures dans l’histoire du doom et des musiques lourdes, mais arrivés après Black Sabbath… « Born To Late » comme disait l’autre… Saint Vitus est connu surtout de tous les amoureux du genre et, depuis quelques années, c’est avec Scott Reagers le frontman d’origine que le groupe reprend la route après le départ (forcé) de Scott Wino Weinrich. Les vétérans du riff en ont toujours dans le moteur et ceci depuis 40 ans. C’est un Petit Bain bien fourni qui accueillera les précurseurs du nettoyage de tympans.

Pour Dopelord et bien en fait d’entrée de jeu je n’accroche pas des masses, ou j’avais peut être trop d’attente, l’un ou l’autre… qui sait. Il est vrai que je n’avais pas pris le temps d’aller jeter réellement une oreille sur ce qu’ils font et vu qu’il y a masse de groupes dans le genre, le live prévaut ! Et puis avec un nom comme Dopelord on ne pouvait  s’attendre qu’à du sale étant donné qu’un autre s’appelle Dopethrone et envoie LE son bien lourd et crasseux. Et bien non en fait.

Trop d’attente c’était bien ça.  On ne trouve pas ce gros son bien massif inhérent au genre, ça verse plutôt ici dans quelque chose de beaucoup plus propre, même beaucoup trop propre comme de bons élèves. Même le groupe a l’air d’être bien propre. Par-dessus tout un chant clair et lisse, tellement inhabituel que s’en est douteux. Le chant est très bon, certes, mais perd de ce côté saturé, crade.  On ne verse pas dans le doom mais plus un melting-pot heavy à légère tendance rythme lent et lourd mais ça place par ci par là des plans heavy, stoner, psyché, pas degueu certes mais un peu longuets et beaucoup trop proprets comme si on recherchait la partition sans fautes et ainsi qu’à ressortir au poil de cul près les influences que tout le monde connait par cœur par ici. Si Satan est comme ça… que dire… chants en choeur c’est cool et géré mais en fait c’est chiant.  Pas une once de disto crados, gros décrassage de tympans. Son « lourd » oui mais juste de quoi passer le temps et même si certains titres tirent leurs épingles du jeu quand ça s’alourdit réellement… Je n’y arrive pas. Bref, vous l’avez compris, Dopelord c’est bien carré et bien travaillé, on connait les classiques du genre et on les ressort correctement et le problème est la, c’est trop gentil (en ce qui me concerne).

Et c’est depuis 40 putain d’années ( entrecoupées de « pauses ») que Saint Vitus distribue du gros et lourd riff comme on en fait plus aujourd’hui. Une flopée de groupes ne seraient rien aujourd’hui sans les vétérans du jour. 40 F’N Years c’est le nom de la tournée et c’est un peu l’esprit de la soirée. Les patrons du lourd ne sont pas encore prêts pour la retraite en fait. Guitares branchées et ça bourdonne comme on aime dans les oreilles. « Dark World » pour ouvrir un set best of clairement orientée période Reagers étant donné que les deux Scott sont deux voix bien distinctes.. En tout cas on trouvera un peu plus de gros son et de basse surtout par rapport au dernier passage parisien qui remonte à une Flèche d’Or totalement intolérable niveau son avec un Saint Vitus très contraint. Ce soir on se fait clairement plaisir et on ne viendra pas chipoter par rapport à ce qu’on a connu avant. Une set list orientée première période du coup mis à part un titre incontournable qu’il ne faut pas oublier : un « Born Too Late » à la sauce Reagers. Et même si la voix est un peu trop couverte, par moments, par les musiciens et bien on prend un max de riffs lourds et du coup c’est gros kiffe.

 

Alors qu’on aurait pu s’attendre à un gros concert de doom, Saint Vitus revisite les premiers titres plus mouvementés, ce qui bougera une fosse qui ne s’attendait pas à ça. Troisième âge certes mais encore fringants comme on constate avec l’énergie de Chandler. L’intro de « Burial At Sea » aux clinquements de bouteilles entre elles avant l’éponyme et dynamite de pit « Saint Vitus ». On n’oubliera pas de mentionner le fournisseur de bières de qualité sur scène qui est tout simplement Headbang Brewery, microbrasserie bio locale et metal créée par des ex des Stoned Gatherings. Très bon choix Scott !

Il ne boit pas que de la bière !

Non mais quoi qu’il en soit sur ce titre ça part en couille alors qu’on était plutôt habitués à toute autre chose dans un concert de doom, comme quoi, il suffit d’une étincelle et c’est juste un gros riff. On n’oublie pas un nouvel album prévu dans les bacs le 17 mai et qui sera étonnement mis en avant avec plusieurs titres joués dans les derniers du rappel sur « Useless » dans un final hardcore inattendu. Saint Vitus a encore de la ressource et n’a plus besoin de le prouver. Je resterai accroché à l’époque Wino (et oui il y a que les cons qui ne changent pas d’avis) mais ce que j’ai vu et entendu ce soir me confirme que Reagers n’est pas revenu de sa tombe pour rien et que Saint Vitus n’est pas prêt d’être enterré. Gros décrassage d’oreilles à l’ancienne mais la meilleure méthode ! Du riff comme ça on en fait plus.

Merci à Garmonbozia notre dealer de musiques saturées.

 

 

Texte: Anthony

Photos: Almighty Aurelia

SET LIST
Dark World
White Magic/Black Magic
Remains
Hour Glass
War Is Our Destiny
One Mind
A Prelude To…
Bloodshed /
12 Years in the Tomb
Burial at Sea
Saint Vitus
Encore:
Born Too Late
Hallow’s Victim
Useless

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