SKÁLD @ La Cigale – 20/02/2019

On ne tarit pas d’éloges sur Skáld , en même pas un an le groupe sort un album, annonce un concert  à La Cigale, est annoncé au Hellfest. Le tout sans avoir encore eu l’occasion de jouer sur scène. Après avoir été moi-même captivée par leur album Le Chant Des Vikings, et, au vu de leur potentiel, j’attendais le live avec une impatience mêlée de curiosité et d’appréhension. Il y a un an on ne connaissait pas leur nom et aujourd’hui  Skáld envahit la sphère païenne avec sa touche attendrissante mais aussi un côté naïf en signant pour une grosse machine et proposant d’inviter dans son univers le plus grand nombre. Bonne idée ?

Les débuts de Skáld ne passent plus inaperçu : une communication rôdée, TF1 au rendez-vous et une Cigale rien qui pour eux, sans première partie. Autant dire que l’on s’attend presque à un concert événement aux gros moyens. Si d’habitude, pourtant,  le style folk rassemble plutôt une petite communauté d’amateurs, Skáld a pour but d’élargir l’audience, de créer un pont entre l’ancien et le moderne. Pari réussi, le public très varié (comprenant tout de même un nombre impressionnant de sosies de Ragnar Lothbrok ; merci la série Vikings…) n’hésitera pas dès les premières notes et tout le long du concert à rappeler – par le nombre de téléphones en mode vidéo – à quel siècle nous sommes. En attendant on peut quand même admirer les nombreux instruments traditionnels présents sur scène dont un tambour japonais ainsi qu’un didgeridoo qui font s’ interroger quelques personnes dans la salle, moi comprise.

Revenons à ce fameux concert tant attendu, leur album dure moins d’une heure, ils sont trois sur l’album, comment vont-ils tenir une heure et demi? Après une entrée en scène théâtrale, on découvre un renfort de trois musiciens ;  premier mystère résolu. Le concert démarre sur “Odinn” pour le plus grand bonheur du public qui semble subjugué. Rapidement la sublime voix de Justine envahit la salle et fait vibrer le public, son timbre particulier se marie parfaitement au chant guttural de Pierrick et Mathieu. Pas d’envolées lyriques de soprano et c’est tant mieux !

C’est beau, c’est travaillé mais c’est aussi un peu trop carré. On sent que le concert a été bien préparé, chaque geste minutieusement répété au point…  de perdre du charme. Lorsqu’un concert se transforme en “show” peu de place est laissé à l’improvisation et au jeu avec le public. Alors on continue de se focaliser sur la belle voix de Justine pour le moment.

Le concert se déroule au rythme des chansons de l’album acclamées par un public conquis. “Yggdrasil”, “Niù” sont très agréables à entendre en live, si seulement il n’y avait pas de samples ! Avec autant d’instruments sur scène c’est dommage que les sons soient enregistrés, comme le son de corne au début de “O Valhalla”. Le public sous l’excitation générale, ne s’en rend pas vraiment compte. Heureusement ce point noir sera compensé par “Krakumal” titre composé et interprété par Pierrick, accompagné de sa Nyckelharpa (instrument suédois que j’affectionne particulièrement). Mathieu l’accompagne par un chant guttural du plus bel effet. Un moment (vraiment) sincère, attendrissant  puisqu’on peut même percevoir un léger vacillement dans la voix de Pierrick, une pointe de trac et d’émotion, ça c’est beau. Deuxième frisson sur “Ec Man Iotna” a capella, les chanteurs regroupés en demi-cercle au milieu de scène. Cette chanson courte permet de se focaliser seulement sur les voix, oubliant un peu tout ce qu’il y a autour d’eux  et donnant enfin une dimension plus humaine au concert, presque intimiste : ce qu’on attend vraiment de Skáld. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il faut savoir que dans le milieu du folk/pagan – metal ou non-  l’ aspect spirituel  peut être assez fort chez certains groupes. Les amateurs du genre aiment être transportés au son des instruments traditionnels ou de chants atypiques. Un désir de se reconnecter avec quelque chose de plus simple que notre quotidien déchaîné et des dérives de cette société incontrôlable ; plus simple donc, mais plus profond. Cette immersion est favorisée par des concerts dans salles intimistes dont regorge Paris. Jouer dans une salle plus grande est toujours excitant pour un groupe, certes,  et les musiciens s’en donnent à cœur joie ce soir , mais plus la salle est grande plus le charme se perd. Si un jour Skáld arrive au Zénith c’est sûr que vous ne m’y verrez pas, mon âme de païenne ne saurait s’y résoudre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après une heure (deuxième mystère résolu), le concert se termine sur “O Valhalla” entonné une deuxième fois et suivi avec la même ferveur par le public. Les moyens ont été déployés pour plaire au plus grand nombre. Et le succès est incontestablement au rendez-vous pour la majorité du public, qui a répondu à l’appel des Vikings. Justine, Pierrick et Mathieu sont touchants sur scène et impliqués dans leur musique et n’hésitent pas à aller à la rencontre de leur public après le concert. Une démarche authentique toujours plus efficace qu’une communication orchestrée au millimètre près.

Pour finir sur une note humoristique voici une belle illustration de Fable :

 

Texte : Cindy

Photos et illustration : Aurélia “Fable”

 

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