Road to Cernunnos #3 – CEMICAN

Assez des bières et des cornes à boire ? Assez de la grisaille européenne ? Assez des dieux vikings et des héros celtes ? Cette année, le Cernunnos relève sa recette habituelle avec quelques épices mexicaines. Les féroces Aztèques de Cemican sont là pour faire trembler le Fest !


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Chez nous Européens, le folk metal ça concerne forcément les Vikings ou les Celtes, voire d’autres peuples plus lointains comme les Baltes ou les Slaves. On parle bien peu de groupes de folk extra-européen dans nos contrées. On ne peut pourtant pas nier leur importance dans le développement du folk et ce, dès la fin des années 90. Il suffit de penser à l’album Roots des Brésiliens de Sepultura (1996) dont les expériences débroussaillent la voie vers des instruments traditionnels et un regard sur les traditions non-occidentales.

Quelle surprise alors de tomber sur un groupe mexicain dans la programmation de cette année ! Cemican est originaire de Guadalajara et nous plonge dans les légendes et la mythologie des Aztèques. Ses membres racontent s’être intéressés à la question après une longue semaine de trip sous peyotl… (1).

Les deux albums du groupe (sortis en 2009 et 2012) proposent un death de qualité aux riffs bien lourds. Cemican s’est donc éloigné du necrosound en vogue chez les premiers groupes « aztec metal » comme Mictlan ou Kukulcan. Les opinions politiques (très sulfureuses) de ces pionniers ont été mises de côté pour ne conserver que les expériences musicales touchant aux instruments non-conventionnels. Ici, exit les violons et autres crincrins : la touche folk concerne surtout l’utilisation d’instruments à vents particulièrement variés et réalisés par le groupe lui-même en s’inspirant d’instruments anciens utilisés par les Aztèques et plus récents, encore en usage parmi certaines communautés mexicaines. Cette multitude de sifflets, flûtes, trompes crée une chorale d’hululements inquiétants.

 

Sans abandonner l’espagnol des Conquistadors pour autant, les membres du groupe se sont intéressés au nahuatl, langue autochtone parlée par les Aztèques autrefois et par plus d’un million de locuteurs aujourd’hui. Une manière de rappeler aussi que les  langues et cultures précolombiennes sont loin d’avoir complètement disparues.

Le groupe gagne du succès sous nos latitudes : il participait au Download l’an dernier et sera en 2019 au Wacken Winter Nights en février aux côtés d’Helsott et de Skiltron (deux autres groupes outre-atlantique à l’affiche du Cernunnos) ainsi qu’au Hellfest ! Leurs albums studio sont certes envoûtants mais on comprend vite l’engouement des fests à la vue des rushs vidéos des concerts ! Face à Cemican, tous les corpse paints du monde vous paraîtront fades ! Les costumes de scène de nos groupes folk font pâle vigueur devant la débauche de plumes, de coiffes, de peintures colorées qu’affichent les Mexicains. Leurs passages sur scène sont de véritables shows à grand renfort de flammes et sacrifices humains.

 


Une larme de kitsch dans votre tequila ?
Texte : Thomas
Cemican sera le 23 février prochain au Cernunnos Pagan Fest !
(1) L’épisode de Tracks consacré au groupe par Arte : https://www.youtube.com/watch?v=GKZh1Bvdk1Y
Toutes les photos proviennent du Facebook du groupe. 

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