Exposition Alphonse Mucha @Musée du Luxembourg

En ce début du mois de Novembre, une exposition particulière m’a tapé dans l’œil. Grande fanatique d’art déco, l’exposition du peintre Alphonse Mucha au musée du jardin du Luxembourg ne pouvait que retenir mon attention. Je vous en ferai ici les échos et je tiens d’ores et déjà à dire que c’est une réussite, et que vous devriez aller la voir avant sa fin imminente, le 31 Janvier 2019.

Alphonse Mucha est un artiste que l’on ne présente plus à notre époque. Arrivé vers le milieu des années 1880 à Paris, il restera tout au long de sa vie un fervent patriote slave, y consacrant même une partie de sa vie artistique avec son projet « l’Épopée slave ». Cette exposition que nous propose le musée du Luxembourg est une rétrospective de son art, produit à partir de son arrivée à Paris en 1887, où il crée un club avec d’autres étudiants slaves nommé « Lada ». Durant sa formation artistique, il étudiera à l’académie Jullian, puis à l’académie Colarossi.

L’exposition en elle-même se divise en trois sections bien distinctes ; la première retrace sa période de sa jeunesse, période qui aura vu naître les œuvres qui le feront connaitre dans le monde entier, parmi lesquelles des affiches de théâtre réalisées pour son amie, la comédienne Sarah Bernhardt, qui contribueront largement à son succès. La plus célèbre demeurre l’affiche de « Gismonda » réalisée fin 1894 (année ou d’ailleurs il  rencontrera Bernhardt). Les oeuvres de cette période tirent manifestement une inspiration de la nature, et plus particulièrement de motifs végétaux. On ne peut s’empêcher d’observer que des éléments de végétation ou de fleurs remplissent les affiches, le traitement des femmes dans les affiches de Mucha a sûrement influencer leur représentation dans les affiches rock psychédélique des années 1960, comme des déesses en plein mirage, entourées d’une nature idéalisée.

De plus, dans les années 1890, les affiches ont une grande place dans la culture visuelle. C’est grâce au succès de ces affiches que Mucha se lance dans les affiches publicitaires au format japonisant. Il produit également des panneaux décoratifs pour Champenois, son style devient synonyme d’Art Nouveau, qui gagne ses lettres d’or à cette époque.  Par ailleurs, on pourrait définir le style Mucha par des motifs ornementaux japonais, celtiques voire même islamiques, avec des arabesques, arcanes gothiques, motifs rococos et thèmes grecs (notamment dans la représentation du sujet féminin) sans oublier, bien sur, les influences slaves chères à l’artiste.  En 1894, il fait la rencontre de l’ami de Gauguin ; August Strindberg, membre des francs-maçons, qui attise la curiosité de Mucha pour le mysticisme. Il peindra alors des œuvres ésotériques autour de cette quête spirituel. Ses œuvres à ce moment-là avaient pour thème « l’amélioration de l’humanité » avec comme vertus ; la beauté, la vérité et l’amour, pierres maitresses de la condition humaine.  A travers ces œuvres de cette époque l’on peut remarquer un changement de palette évident qui restera jusqu’à la fin de sa vie : les couleurs sombres, tirant vers tous les tons de brun, vert très pâle, ainsi que les autres couleurs également très pâles.

Vers les années 1900, il aura l’honneur de faire les décorations du pavillon de Yougoslavie- Herzégovine, lors l’exposition universelle. Ce sera pour lui un véritable parti-pris politique. Après avoir été nommé membre de l’ordre de François – Joseph 1er, il remet en cause ses convictions. Une introspection qui lui donnera un début d’idée sur ce qui deviendra des années plus tard son projet « Épopée slave », inspirée des peuples slaves, de leur histoire et de leurs souffrances, mais aussi les liens qui les unissent et leur lutte commune face à l’oppression. C’est en 1910 qu’il expose au grand jour son patriotisme au peuple slave en mettant son art à son service. L’épopée slave, série de tableaux qui constitue la dernière section de l’exposition, se donne pour objectif premier de montrer au peuple slave l’avenir en considérant ses erreurs passées. Pour constituer son projet, Mucha choisit vingt épisodes qui, pour lui, ont marqué l’histoire de son peuple, qu’il s’agisse d’évènements religieux, politique ou philosophique. De son travail pharaonique émergent dix scènes historiques du peuple tchèque et encore dix autres scènes de peuples slaves. Pour compléter son travail, il voyage en Russie, Croatie, Serbie, Bulgarie, Monténégro et en Pologne où il étudie les coutumes et traditions locales. Il documentera son étude par des dessins et des photographies. Cette série couvre une période de 1911 à la fin de la première guerre mondiale. A l’occasion du dixième anniversaire de l’indépendance du pays, il offrira la série complète « Epopée slave » à la ville de Prague. En 1938 il essayera de jouer de son influence à l’aurore de la seconde guerre mondiale mais sera arrêté par la Gestapo et mourra d’une pneumonie en 1939.

En conclusion, je conseille cette exposition, qui retrace assez fidèlement le parcours artistique de Mucha. De ses débuts insouciants jusqu’à son parcours patriotique et son arrestation. Une exposition complète avec une palette de tableaux, affiches, dessins préparatoires complète, l’exposition nous guide de pièce en pièce, d’époque en époque, à travers son art et son évolution. Une rétrospective de l’art de Mucha qui ravira tous les fans d’art nouveau et de Mucha.

 

Texte : Aurélia

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