YOB + GUESTS @ PETIT BAIN – 23/10/2018

Communion, c’est un mot qu’on entend ou qu’on lit à tort et à travers au fil des articles de concerts, mais il n’a jamais été aussi vrai pour un groupe:  YOB.

Pour ceux qui connaissent, vous hocherez assurément la tête en adéquation avec mon propos, pour les autres vous pouvez vous rattraper en allant lire ma chronique du dernier album juste ici.  

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C’est pour cela que dès l’annonce de Kongfuzi pour cette date du 23 octobre  amorçant le retour tant attendu de Mike Scheidt dans notre belle capitale, il était sûr que la soirée tourna assurément vers le sold out. Surtout que les messieurs  de ville d’Eugene dans l’Oregon étaient accompagnés sur la tournée par les post blackeux WIEGEDOOD. Spécialement pour Paris, les gars d’Hochelaga venaient y accrocher leur wagon et finir leur tournée au Petit Bain, Dopethrone était attendu avec son Trans Canadian Anger ! C’est beau tout ça ma gueule ? Et bien oui,  une bien belle date qui se profilait à l’horizon et qui se confirma au cours du week end dantesque du Desertfest où YOB allait nous mettre notre claque et ceci sans demander la permission. Scheidt avait tout simplement subjugué Anvers ce week-end là et mon voisin de droite dans le public  a même fini en pleurs, inconsolable.   Du coup Paris attention, l’ascenseur émotionnel risque de te jouer des tours ! 

En attendant, c’est bien beau de parler mais le concert est bel et bien complet, on t’avait prévenu ! 

C’est à 19h et 30 minutes bien passées, l’heure canadienne car l’ouverture de ce soir est assurée par Dopethone en cadeau supplémentaire annoncé récemment sur ce Petit Bain. Vu la popularité des gars d’Hochelaga on aurait pu les attendre pour une tête d’affiche mais on s’en contentera, faut pas trop faire les difficiles quand même.. Quoi qu’il en soit on ne vous les présente plus car, si, fidèles lecteurs, vous en avez déjà entendu parler par chez nous.  Du lourd, du punk et du sale. Et de la drogue aussi. C’est Dopethrone. Et le train en marche fait des dégâts, moins ravagé que d’habitude car en ouverture, habituellement, ils ont le temps de picoler, chose avouée par Mister Vince. Il n’ a pas son pareil pour animer la foule et raconter ses conneries.  Si niveau son on aurait bien pris plus de décibels dans la gueule, on prend quand même ce qu’ils faut ce soir. Il est important de le souligner les balances sont « propres » et on se tape la grosse artillerie du coup… Du lourd et du lourd,  le dernier album offre carrément ce qu’il faut quand « Snort Dagger » fait office d’entame. Dopethrone toujours ce qu’il faut pour ambiancer. c’est lourd, lent et efficace les hostilités sont lancées et dans un prochain bla-bla je vous parlerai de ce dernier album. C’est monolithique et l’effet d’un bloc de béton au coin de la gueule.  Un gros bloc de 45 minutes bien crades et bien lourdes qui aura son lot de surprises. Avec Julie qui les accompagnait sur la tournée dont les cris de sorcière hantent encore mes nuits. Bref, une touche encore plus crade et sludgy sur “Zombie Powder” et  “Miserabilist” du dernier opus. Par contre quand Mike Scheidt se ramène sur le traditionnel « Scum Fuck Blues » c’est du guest inattendu qui va fort bien te dépoter la tronche et faire rager les absents. Un Mike bien en forme et envie de s’éclater avec les canadiens. On peut dire que question d’hostilités ils ont sortis la grosse masse d’armes et “Killdozer” achève. 

Et putain la bonne claque d’ouverture, il aurait fallu un peu plus de temps pour un peu plus de bagarre et de n’importe quoi dont les canadiens sont les spécialistes. 

Le black atmosphérique de Wiegedood c’est un tout autre registre par rapport à ce qu’on vient de voir mais ça le fait aussi. Les belges sont un peu arrivés de nulle part et en trois albums, le triptyque flamand   “ De Doden Hebben het Goed ” ont imposé une patte et une férocité qui prend tout son sens en live. Et c’est clairement une déferlante de décibels qui surgit de nulel part et d’un seul bloc. Un groupe avare en communication, certes, mais un style qui va avec le reste. Un trio batterie à double guitares dirigé par Levy, bien connu aussi comme bassiste d’Amenra. Un black atmosphérique intense et qui sait placer ces moments de contemplations et de mélancolie pour rouvrir la plaie béante aussitôt. Une vague de douleur d’une heure dans un mur du son inattendu car on  sait bien que le Petit Bain n’est pas la meilleure salle sur la question sonore mais les Flamands balancent ce soir une prestation d’une forte intensité qui en fait une logique montée en puissance  avant la tête d’affiche de ce soir. 

Le seul regret qu’on peut émettre en amont ce sera le son car le manque de voix dans les balances gâchera un peu le plaisir et le partage de la soirée. Il faut dire que l’élégance et la force de Yob réside en grande partie dans le chant de Scheidt. Mais rien n’empêche de voir un sursaut de frisson emplir la salle dès les premières notes d’ “Ablaze “.  Our Raw Heart, son album de la résurrection prend tout son sens en live, la musique de Yob développe une toute autre dimension et propage une atmosphère propre à l’énergie transmise par le groupe. Une onde positive et transcendante, portant  vers une lumière, celle de Mike Scheidt.   Donnant tout ce qu’il a dès son premier titre, Scheidt veut se sentir plus vivant que jamais chaque soir et offre autant qu’il reçoit ce soir. La musique de Yob dont il est l’être de lumière est une entité vivante, chargée en émotions, douleurs et colères, joies et peines. 

Une set-list qui puisera dans les oeuvres déchirantes du groupe mais aussi bien sur le dernier album pour ainsi livrer un set subtilement dosé pour un ascenseur émotionnel que très peu renieront. Le lourd et viscéral ” The Screen”, le son et massif et léger à la fois. Yob balaie les humeurs hors de la salle. Ce seront les classiques  “Ball of Molten Lead” et ” The Lie That Is Sin ” qui bousculeront et emporteront les plus sceptiques. 

Faut vraiment avoir un sacré talent pour pouvoir réussir à bercer une horde de rustres gueulant des inepties au moindre moment de silence, rien n’est impossible pour Mike Scheidt et c’est un silence sur  le déchirant “Our Raw Heart” qui prend clairement une autre dimension en live. Une spiritualité traverse ce morceau qui explosera dans son final émotionnellement intense et qui aura raison d’un public bouleversé par ce moment d’émotion et de pur intimité. On est plus à Petit Bain, juste ailleurs, touché par ce moment et une larme coulant sur la joue, troublé par tant de beauté. 

Avec tout ça, Yob bouscule aussi sa setlist qui pouvait se retrouver identique sur la tournée, et bien entre deux dates, on se retrouve avec la moitié des titres  renouvelés par rapport à Anvers pour notre plus grand plaisir. Car après ce magnifique moment c’est un virage surprenant, auquel on est habitué depuis le début du concert.   Le groupe invite Levy de Wiegedood pour chanter avec eux « Grasping Air », et c’est pour un moment d’une férocité et d’une puissance sans pareil auquel on aura le droit.  Un Yob plus sombre qu’aérien avec un titre de 2005. Les riffs mystiques et sombres de Scheidt sur lesquels vient s’ajouter la voix vociférante de Levy : de quoi faire descendre l’ascenseur émotionnel de la soirée au 10eme sous-sol. Toujours aussi intense mais dans la douleur. La lumière chaleureuse a disparu et c’est un mur de sons empli de ténèbres  que le groupe a convoqué.   Le dernier a  jouer avec notre coeur sera « Breathing From the Shallows » dans un final  dantesque qu’il aurait pu faire durer indéfiniment comme tenant notre coeur sous respirateur artificiel. 

Mais non, il fallait le débrancher, la fin, la chute  et le bad trip arrivèrent soudainement, pour nous abandonner là, cette âme en peine  et malmenée pendant 1H30 qui demandait qu’à continuer  éternellement ainsi mais ce moment est fini, il en est ainsi.  Ame blessée, mais aussi une âme en joie de retrouver Mike Scheidt plus vivant que jamais et nous aussi nous sommes au final plus vivants que jamais après cette soirée riche en émotions. 

Merci à Kongfuzi Booking, l’équipe de Petit Bain et les groupes. 

Texte : Anthony

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