Kataklysm & Hypocrisy @ la Machine – 3/11/2018

Un jour, je ferai une crise d’épilepsie sur la console de l’ingé-lumière d’un concert.

Un jour.

Le combat continue contre l’utilisation hyperactive des effets stroboscopiques dans les concerts de metal. JE NE LÂCHERAI PAS L’AFFAIRE.

Puisque je n’ai pas péri à la Machine, laisse-moi néanmoins te raconter ce concert d’anthologie.

Ca commence avec un nouveau problème de photographe, puisqu’Aurélia, ma binôme du soir, n’a finalement pas pu venir au concert. Qu’à cela ne tienne, rien ne me fait plus peur de ce coté-là ; le report sera donc intégralement illustré par mes soins (mais j’ai un nouveau téléphone moins pourri qu’avant !)

La soirée commence avec The Spirit. Les Allemands (car ils nous viennent d’outre-Rhin, l’autre pays de la saucisse) déroulent un blackened-death un peu inégal mais assez efficace. Selon les morceaux, le set est parfois un peu mou, plus souvent entraînant, mais on comprend vite qu’ils ont probablement beaucoup écouté Dissection quand ils étaient petits. Prometteur donc, un groupe à revoir d’ici quelques années quand ils auront un peu mûri.

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Un passage par la terrasse secrète du Moulin Rouge plus tard, Hypocrisy arrive dans la salle en même temps que nous. Ca faisait un petit moment qu’ils n’avaient pas joué à Paris, depuis 2013 au Trabendo si mes souvenirs sont corrects. Le fait est qu’on les retrouve exactement tels qu’on les avait laissés. Un peu comme les bons caupaings, en somme.

 

Peter Tägtgren ne vieillit pas. C’est tout juste si on peut dire qu’il se bonifie avec le temps (même si en soi c’est vrai), parce qu’il n’y a quasi aucune différence. Ni dans l’apparence, ni dans la maîtrise, ni dans sa bonhommie naturelle. C’est surtout quand il fait référence à la Locomotive (ancien nom de la Machine) que l’on réalise le temps qui a passé depuis les X-Mass Fests organisés en ces lieux avec trois bouts de ficelles et des dizaines de groupes incroyables au début des années 2000 (je suis vieille aussi).

Elof epouse moi

(Bien sûr que j’ai fait un GIF !)

(Elof, épouse-moi)

(Vraiment)

(Je t’aime fort)

La musique d’Hypocrisy elle aussi passe avec succès le test des années. On a droit à une setlist extrêmement variée, piochant un ou deux titres par album, pas plus. Histoire de contenter les fans de toutes les périodes, et ça fonctionne ! Petit à petit, dans le moshpit, des gens différents se lancent, sourire jusqu’aux oreilles, l’air de dire “AH BORDEL C’EST MA PREFEREEEEEE !”. Sur scène, c’est pareil. Mikael Hedlund et Tomas Elofsson prennent visiblement leur pied, et derrière la batterie, on distingue surtout Horgh quand une grosse touffe de cheveux blonds accroche la lumière.

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Tous cherchent le contact avec le public, quand ils n’ont pas les cheveux devant, leurs yeux fixent une personne puis une autre, se baladent dans la foule, sourient souvent, et surtout, ils sortent un set impeccable.

Note rigolote : j’ai retrouvé des connaissance entre les deux derniers sets, et on a un petit peu discuté du concert, donnant cet échange quasi surréaliste :

“Purée, le son était DÉGUEULASSE, on entendait pas les guitares !

Ah ouais ? C’est curieux parce que j’ai trouvé le son VACHEMENT meilleur que d’habitude pour la Machine…”

Comme quoi, le contexte, l’habitude d’une salle et le placement dans la fosse comptent pour beaucoup. Qui avait raison ? Vous avez trois heures.

Un truc m’a quand même fait peur pendant Hypocrisy, c’est la fâcheuse tendance des lumières à clignoter. Pas tout le temps, mais suffisamment souvent pour me gêner. Sache que je n’exagère même pas si je dis que sur l’intégralité du set de Kataklysm, ils se sont TELLEMENT lâchés que je n’ai probablement pas vu la scène pendant plus de 20 minutes.

 

Les éclairages étaient splendides en plus. POURQUOI TOUT FOUTRE EN L’AIR ?

On ne vient pas à un concert pour regarder nos pieds, les mecs. Ni pour repartir avec une grosse migraine. Ni pour s’entendre dire par l’ingé-lumières à qui il a bien fallu aller parler (AVANT le point où je menace de vomir sur sa console) que “tout est programmé, il peut rien faire”, quand c’est précisément son boulot de savoir régler ses ampoules. Je me répète mais c’est aussi risqué dans le moshpit où on ne voit pas arriver les gens, qui ont plus de chance de (se) faire mal.

Maintenant que ça c’est dit, passons au concert proprement dit.

C’était très cool.

D’où ma colère que ça ait été à ce point gâché par les histoires de stroboscopes.

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“Bon matin vous autres maudits Français, on est Kataklysm pis on s’en vient vous ratiboiser les oreilles lô”

C’est tellement chouette de voir Kataklysm en France, d’entendre Maurizio Iacono et son accent chantant haranguer le public à longueur de concert. Il n’est jamais à court de vannes. Ni à court de patience, aidant les slammeurs à monter sur scène. Ni à court de voix. Ca fait son petit effet quand il annonce “Guillotine”.

Coté moshpit, une bonne part du public se déchaîne. Les plus furieux finissent sur la scène, invités par Maurizio qui encourage à “venir chercher des bières, on en a une dizaine à vous donner”. Certains montent, restent 5 secondes et repartent, d’autres s’attardent un peu, ou passent plusieurs fois. Mention spéciale à la demoiselle qui, qu’elle soit dans la salle ou sur la scène, a passé LE CONCERT ENTIER à chanter sur TOUS LES MORCEAUX. Même pas en yaourt ou en approximatif. C’est une vision qui me fera toujours plaisir.

 

Sauras-tu retrouver les bières offertes par le groupe qui se cachent sur une image ?

Côté setlist, le nouvel album Meditations, sorti au printemps, s’impose sans écraser les autres albums du groupe. Façon “on a de nouveaux titres, mais on en a aussi plein de vieux, on veut mettre tout le monde à l’aise nous aussi.” Dont acte. Eux qui ont fêté leur quart de siècle d’existence il y a deux ans n’ont pas l’air lassés le moins du monde. Les gratteux n’ont pas de micro, mais ça ne les empêche pas de balancer des dizaines de picks, ou de vanner le public entre deux morceaux à coups de gestes appuyés, de clins d’œil et de rigolade.

Le résultat global est joyeux, énergique, puissant et entraînant. En soi, la soirée aurait pu être parfaite, si seulement il avait été possible de regarder dans la direction de la scène plus souvent sans risquer l’AVC.

Un jour, mon cri désespéré sera entendu. Un jour.

Merci à Cartel Concerts

Texte, photos-bof et yeux qui saignent : Sarah

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