Sargeist & guests @ Gibus Live – 15/10/2018

Au Hellfest cette année, on a appris la vie à mon neveu (16 ans), avec notamment cette vérité ultime :

Leçon N°2 : Pas besoin de drogue quand on a du Black Metal

Et on était tous d’accord.

Sauf qu’à l’arrivée au Gibus ce lundi soir, j’aurais presque considéré la possibilité de tester quelque exhausteur d’énergie. Nous voilà au J2 sur 3 des concerts de Black (commencé avec Taake et compagnie le jeudi, poursuivi avec Enslaved et leurs camarades le lendemain), et je suis déja épuisée bien que ravie d’assister à une telle brochette de groupes.

Des groupes dont je suis d’ailleurs bien contente qu’ils possèdent une page Facebook ou Encyclopedia Metallium tellement j’aurais galéré à retrouver leurs noms s’il avait fallu déchiffrer leurs logos.

C’est TOUJOURS bon signe.

La soirée commence avec Wyrms, donc, mais sans moi, pour cause d’horaires de bureau et de nécessité de payer mon loyer avec autre chose que de la bière, de l’amour et des découvertes musicales. D’après ce que j’en ai compris, ils sont français, leur musique est correcte et leur batteur est, je cite, “un fou furieux technique”, d’après un jeune homme croisé après leur set. Dont acte.

Chaos Invocation prend ensuite possession de la scène du Gibus. D’abord pour les balances qu’ils effectuent avant d’avoir revêtu leurs plus beaux atours de scène… Sauf le batteur, qui se balade en peignoir de jute et corpse-paint jusqu’au nombril alors que les autres sont limite en short. Déjà, ce genre de décalage, ça me met de bonne humeur. Quand ils reviennent, tous en tenue, maquillés, maculés d’un genre de graisse, ma propre fatigue n’est plus qu’un lointain souvenir. Le souci, c’est que le public est encore clairsemé (il est à peine 20h), et pas assez réactif à leur goût. Le démarrage s’en voit un peu ralenti, mais ça s’arrange peu à peu, notamment parce que les gars sont extrêmement absorbés par ce qu’ils font, et que ça se ressent. Accessoirement, j’ai passé le concert à être terrifiée qu’ils se cognent la tête contre la petite corniche au dessus de la scène, et pour une raison toujours incompréhensible, nous étions persuadés qu’ils venaient de Finlande alors qu’en vrai, ils sont Allemands. (Ça a son importance, tu vas comprendre.)

En tous cas, une bien belle prestation, avec moult énergie, et un chanteur très impliqué qui postillonne et génère des flaques de sueur. Le problème, c’est le son. Et ça, c’est le fil rouge, le “top à la vachette” de la soirée ; les balances sont loin d’être idéales. On voit bien que le monsieur tatoué beugle tripes et boyaux dans son micro, mais on ne l’entend pas au mix final. Parfois, c’est la guitare qui manque. Partie au bar chercher quelque hydratation, je ne réalise que le chanteur d’Acrimonious est venu taper le guest pour une chanson que lorsque je reviens et le vois sur scène puisqu’à l’oreille, ce n’était pas évident.

D’ailleurs la malédiction se poursuit puisque qu’après eux, quand Acrimonious au complet commence son set, le problème persiste. Pas de voix audible, jusqu’au moment où le chanteur emprunte le micro du guitariste. Et quel guitariste en plus ! Pas bien grand mais une bonne dégaine de psychopathe, dévisageant longuement des quidam du public. Le genre prêt à éborgner son prochain avec le surplus de code de Mi qui s’agite au bout de sa guitare. Trippant.

Sinon, en soi, Acrimonious, c’est du Black plutôt classique, Satan Satan Demons Satan Huh Chaos et compagnie. Sympa donc, mais la palme revient encore au batteur, IMPRESSIONNANT, qui quand il est à 130bpm, ben c’est sa pause. Ahurissant. Au point qu’après chaque morceau, quand les autres se retournent vers lui, c’est aussi pour s’assurer que tout va bien, qu’il peut prendre 30 secondes pour reprendre son souffle et ne pas nous faire un malaise dans la foulée.

A côté de nous, le chanteur de Chaos Invocation regarde le concert, complètement déchiré. C’est là où on se dit ‘Bah, normal, c’est un Finlandais” (et qu’on a tort). Puis il disparaît en plein show tel un Houdini à 8 grammes par paupière et un reste d’eye-liner.

Quand Sargeist arrive, on reste tous ébahis. Faut dire qu’ils ont sorti le grand jeu. Et le corpse-paint, et les robes de bure (tenues par une corde ou par une ceinture à clous hein, chacun son truc), des pentacles partout, des bracelets d’avant-bras, un encensoir qui va finir par répandre une certaine odeur de cramé, tout hurle au Black Metal, le vrai, celui qui bave un peu sur les bords. Et quand on est client du genre, c’est une bonne nouvelle.

Là encore, le micro manque cruellement de son, et grésille par moments, mais en bon groupe charismatique, les gars de Sargeist (qui eux sont BIEN finlandais pour le coup) assurent le show. Entre le gratteux de gauche qui fait des trucs bizarres avec ses yeux comme s’il était possédé et ceux du chanteur qui lancent des éclairs, le tout est rudement efficace. Tous ont aussi un sacré niveau (encore un batteur fou tiens), et ils dégomment tout en balançant notamment au moins trois morceaux issus de leur album surprise, Unbound, sorti en pleine nuit moins d’une semaine plus tôt.

On assiste aussi au retour de notre Houdini , de plus en plus défait. Il refusera même le Kinder qu’on lui propose, le proverbe “Manger c’est tricher” a probablement une version allemande. A ce stade, le reste du public s’est réveillé, et l’ambiance avec lui. Ça bouge un peu plus, mais tout ce monde là se montre attentif lorsque Profondus (chanteur de son état, donc) brandit un genre de Graal qu’il fait sonner grâce à la technique du verrillon (hé ouais, ça porte un nom !) avant de le faire tinter dans un “DIIIIING” qui résonne dans le silence de la salle. Effet garanti.

Malgré le public prêt à lui manger dans la main, le groupe quitte la scène en laissant une odeur d’encens dans leur sillage. Pas de rappel, c’est fini pour ce soir.  Alors on essuie les postillons sur ses joues, on range ses pentacles, et on va dormir histoire d’être en forme pour le concert du lendemain.

Photos – Aurélia

Texte – Sarah

Postillons – Tout le Monde

Un grand merci à PNA, Ondes Noires et Garmonbozia

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