[Déchronique] Wolfheart – Constellations of the Black Light

Hey, salut ! Figure-toi que je suis un peu émue, parce qu’aujourd’hui, je vais te parler de Wolfheart et sauf erreur de ma part, c’est une première ici.

Du coup, accroche-toi si tu aimes, au choix : le death, la montagne, la forêt, le death mélodique, la Finlande, les grands gaillards très tatoués, les musiciens doués et prolifiques, le jardinage, les ours, les rivières, les saunas et les poèmes qui font un peu pleurer. Pas forcément dans cet ordre hein, mais c’est un bon départ.

Il était une fois un jeune homme nommé Tuomas Saukkonen. Il était né dans la verte Finlande, et il aimait bien faire de la musique. Alors il avait appris à jouer environ de tous les instruments, parce que voilà, Finlande, pas grand monde, longues soirées d’hiver où il faut bien s’occuper, etc.

Tuomas est un homme un peu étrange. Un grand timide, homme de peu de mots, qui a trouvé moyen de s’exprimer autrement. Tuomas ressemble un peu à un ours qu’on aurait passé à la tondeuse et surtout au dermographe. Surtout, Tuomas est un multi-instrumentiste et un compositeur inspiré. Il est aussi jardinier, mais rappelons qu’on parle de la Finlande, ce qui lui permet de bosser l’été et, l’hiver venu, de traverser la rue pour redevenir un musicien sans contrainte.

Alors qu’il tenait de front une foultitude de projets divers, Tuomas a tout arrêté en 2013 pour se consacrer uniquement à Wolfheart dont il a réalisé le premier album, Winterborn, tout seul. Rejoint depuis par d’autres musiciens (parce qu’avouons-le, c’est plus pratique en tournée), il reste prolifique, au point de sortir aujourd’hui Constellation of the Black Light, quatrième album en moins de 6 ans. C’est lui qui nous intéresse aujourd’hui.

654024

A priori, c’est pas du R’n’B.

Ce qui me fait systématiquement halluciner avec Wolfheart, c’est la dimension visuelle de leur musique. A l’écoute de “Everlasting Fall”, grosse bébête de 10 minutes, qui déboule d’entrée, il faut réprimer l’envie de revenir sur l’onglet YouTube. Parce qu’on irait bien voir le clip, sauf qu’il n’existe pas. Pas encore, du moins. Mais franchement, aucun problème à l’imaginer dans sa tête. Essaye donc, pour voir, tu m’en diras des nouvelles.

Même principe pour “Breakwater”, sauf que là, on se paye le luxe de l’image en plus du son. Là, plus besoin d’intro acoustique pour installer une ambiance, on reprend dans la foulée, on rentre dans le lard et pis c’est tout. Et ça déroule pour le reste de l’album, sans temps mort, sans longueurs, sans prisonniers. Boom.

Un autre élément qui me sidère chez Wolfheart, c’est que tout en ayant un son bien particulier, bien à eux, ils se placent quelque part entre leurs compatriotes d’Insomnium et toute la joyeuse bande suédoise des pros du genre (At the Gates et Dark Tranquillity notamment). Tout en mélangeant les genres, empruntant des ambiances au doom et des lignes de claviers au black. Tuomas et ses compères sont fichtrement doués pour trouver l’équilibre au sein de ce qui devrait donner un gloubiboulga informe.

Enfin, la musique de Wolfheart se drape dans une profonde mélancolie. Ca hurle à la solitude, c’est triste, c’est désespéré. Autant on imagine volontiers Tuomas énervé coller des baffes à des rennes ou des ours dans la forêt, autant la vision de cet homme prostré et mutique, seul dans une forêt par n’importe quelle température, œil humide et pensées noires. Et le résultat c’est un album agressif et poétique à la fois. C’EST BEAAAAAAAU !

Alors si on cherche vraiment la petite bête, bien sûr qu’il y a des défauts, que parfois les claviers s’entendent trop d’une facon “on n’avait pas le budget pour l’orchestre et les violons”. Bien sûr que sur certains morceaux comme “Forge With Fire”, on se dit que les gars de Wolfheart ont du beaucoup aimer Atoma, dernier album en date de Dark Tranquillity. Mais honnêtement, prendre conscience des points faibles de l’album invite plutôt à la clémence. Cette musique-là est réalisée avec passion et sans arrogance, et elle est bien faite, pour le plus grand bonheur de qui l’écoute.

WolfheartGroup2_PhotoCredit Mike Sirèn

Constellation of the Black Light, Napalm Records (merci à eux)

L’album est sorti le 28 septembre, et Wolfheart ouvrira pour Omnium Gatherum le 19 novembre au Petit Bain

Texte : Sarah

Photos du groupe : Mike Sirèn

Bonus : la gestion des ours, Finnish style :

Leave a Reply

Please log in using one of these methods to post your comment:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.