ORANGE GOBLIN – THE WOLF BITES BACK (2018)

Après 23 ans de carrière, on ne présente plus Orange Goblin. Pour ceux qui débarquent, la formation londonienne est un concentré de rock’n’roll, de riffing stoner rugueux et heavy saturé doublé d’un bouillonnement live unique. On peut dire qu’il y a du vécu derrière et que les Anglais n’ont plus grand chose a prouver, sinon pour envoyer directement de nouvelles mandales bien balèzes dans la bagarre. Car les Orange Goblin ont surtout prouvé en 23 ans que personne ne retourne une scène comme eux. Ce neuvième album annonce déjà tout dans son titre, The Wolf Bites Back, car le loup londonien a toujours les crocs, faim de rock’n’roll et d’électricité saturée. Et ça tombe bien, nous aussi. 

“Rise Up Sons Of Salem !” C’est comme ça qu’on se fait accueillir, Ben Ward nous hurlant dans les oreilles et ce gros son d’entrée de jeu, il n’y a pas à dire, le Goblin est toujours là et attaque avec le même mordant. La bande du géant Ben Ward nous laissait en 2014 avec un très bon Back From The Abyss devenu un classique du rugueux, alors il fallait bien continuer à nous botter le cul. Mais les Londoniens ont une autre idée derrière la tête qui se dévoile rapidement à nos oreilles, le groupe souhaitant mettre en avant ses multiples influences au delà des habitudes du genre. Et c’est une idée subtile qui offre de nouvelles possibilités quand on connait les détracteurs redondants sur la simplicité et le réchauffé du genre. Du coup la bande de Ben Ward contredit les bas du front et multiplie les assauts tout en variations au fil de l’écoute de ces 10 titres. Ça réveille.

Le loup diversifie les coups de griffe et ne s’en tire pas trop mal. Étonnant avec l’intro à la guitare sèche sur « The Wolf Bites Back », un Ben Ward plus bluesy et posé sur « The Stranger » tout en variation, ce titre étant un peu l’image de cet album : un peu de tout à la fois mais avec le même état d’esprit. « In Bocca Al Luppo », le renard dans la basse-cour, mon coup de cœur par cette instru arpégée et inattendue, toute en fraîcheur et qui fait son apparition dans l’ album d’un groupe réputé massif et gras comme la baffe d’un Hells Angel. Mais aussi le pont de « Burn The Ships » étonne et « Zeitgeist » offre une conclusion parfaite (on y reviendra). Le sacré coup de dent du Goblin ! 

Motörhead est aussi à l’honneur, d’abord grâce à la présence de Phil Campbell sur « Suicide Division » dans le jeu et le riffing très marqué ainsi que le chant de Ben Ward saccadé à la Lemmy.  

Quoi qu’il en soit notre Goblin Orange reste fidèle à lui-même mais apporte avec intelligence de la nuance dans son propos. Joe Hoare (guitariste) n’a pas oublié ce que c’était d’écrire du riff accrocheur et burné. « Renegade », groovy as fuck et bien rentre-dedans. Du mordant sur  « Sword of Fire », tout en tension dès l’intro et cette électricité massive qui se retrouve dans « Ghost Of The Primitive » mais aussi « Burn The Ships » qui fera headbanger les chevelus. Les amateurs de son massif à grands renforts de riffs agressifs du groupe s’y retrouveront clairement et les néophytes dresseront une oreille, attirés par la douce ronde de nuit qui les titille. Ben Ward et consorts proposent autre chose qu’un réchauffé de ce qu’ils font habituellement (ce que de nombreux groupes n’hésitent pas à faire). 

Varié, travaillé mais toujours aussi couillu !!!  La preuve d’une culture rock large comme le sourire du goblin, et le même appétit, tout en déclinant les saveurs. « Zeitgeist » confirme pour le final. Le chant de Ben, plus travaillé dans ses possibilités, offre un dernier titre plus mélancolique dans la mélodie, et Joe Hoare libère le riff, assurant la dynamique propre au groupe. 

The Wolf Bites Back est un condensé du savoir faire et des multiples influences plus personnelles, variées et surtout assumées du groupe. Il sort des carcans habituels du stoner et du heavy, loin du pot-pourri façon best-of de nos meilleures années. Une totale confiance et des envies qui donnent un nouveau coup de dent, certes moins agressif par moments, plus riche et varié. Mais quoi qu’il arrive, ni le Goblin ni son Loup n’épargnent leur proie.

ORANGE GOBLIN – The Wolf Bites Back (2018) Candelight records, Spinefarm Records. Sortie 15 juin 2018.

ofgb

  • Ben Ward – guitare, chant
  • Joe Hoare – guitare
  • Martyn Millard – basse
  • Chris Turner – batterie

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