Wolves in the Throne Room & Throane @ Petit Bain – 29 juin 2018

Ce vendredi soir, c’est La croisière s’amuse version black metal 2.0 sur la péniche du Petit Bain. Au delà de la boutade, le terme de “black metal 2.0” a été, me semble-t’il, attribué il y a quelques années par le magazine d’Arte « Tracks » au courant représenté notamment par les américains de WOLVES IN THE THRONE ROOM (ou WITTR pour les intimes). Si ce terme ne veut rien dire en lui-même, il a au moins le mérite d’indiquer qu’on a pas affaire à du black metal traditionnel mais à quelque chose de plus… novateur. Si la musique des ricains de WITTR est originale (mais pas non plus révolutionnaire), le groupe se distingue surtout par son attitude. En effet, les black metalleux de WITTR ont un positionnement écologiste, ce qui tranche pas mal avec les délires grand-guignolesques à la Watain. D’où l’intérêt d’écouter leur musique et de les soutenir en allant aux concerts !

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En première partie de soirée, c’est un groupe français qui a la charge d’ouvrir pour les Wolves. THROANE est issu des méandres de l’underground parisien. Plutôt énigmatique, leur nom provient apparemment de la contraction entre les mots «Throne » et « Throat ». Il s’agit à la base d’un « one man band » (sauf lorsque le groupe joue sur scène) derrière lequel se cache un individu non moins énigmatique : Dehn Sora. A savoir le membre fondateur de Treha Sektori, un projet de dark ambient qui est devenu culte parmi les fans du genre. Par ailleurs, ce même individu est, semble t’il, le seul membre français du collectif « Church of Ra » dont font partie des groupes comme Amenra, Wiedgedood ou Oathbreaker. Oscillant entre black metal, sludge et dark ambient, le groupe a déjà deux albums à son actif, Derrière nous, la lumière et Plus une main à mordre. Il se trouve que j’avais déjà eu l’occasion de les voir sur scène l’an dernier à Saint-Pétersbourg. THROANE a en effet réalisé une mini-tournée en Russie à l’automne dernier. Ce n’est donc pas une découverte pour moi mais cela n’enlève rien au plaisir que j’ai de de les revoir. Fidèle aux images de monstruosités physiques et de peaux ridées et abîmées que diffusent un écran derrière les musiciens, leur musique est froide et torturée. Si leur post-black metal teinté d’ambiant est plutôt lancinant, cela n’empêche pas Dehn Sora de tout donner sur scène. Avec son crâne rasé de près et son allure patibulaire, il incarne à merveille le côté menaçant et obsessionnel de sa musique. Vous l’aurez compris : THROANE est un groupe qui gagne à être connu, surtout si on est fan du style !

Une dizaine de minutes plus tard, les parisiens laissent place aux maîtres du post-black écologiste que sont les américains de WOLVES IN THE THRONE ROOM. Le groupe est originaire du nord-ouest des États-Unis, plus précisément de l’État de Washington. La presse metal a inventé un terme pour qualifier leur style atmosphérique : « cascadian black metal ». En effet, le groupe semble vouer une fascination pour la nature mais aussi pour le paganisme, comme en témoigne la toile de fond avec motif celtique qui a été installée sur scène. Des effluves d’encens se font sentir, rajoutant une aura mystique au jeu de scène des américains. Lorsque le groupe commence à jouer, on sent la puissance du son et l’intensité implacable des riffs. Le concert s’ouvre sur le titre « Thuja Magnus Imperium », issu de leur album de 2011, Celestial Lineage. Par la suite, la setlist s’oriente en direction du dernier album du groupe, Thrice Woven, sorti en 2017. Un sommet du genre. A mesure que les titres se succèdent, je me rends compte que le groupe réussit parfaitement la symbiose entre brutalité et passages planants et majestueux. Il y a quelque chose de mélancolique dans leurs compositions qui tranchent avec la brutalité des riffs. Niveau mise en scène, le groupe ne propose rien de très original, tout juste du headbanging au rythme de la musique. Le concert se clôt sur un ancien titre : « I will lay down my bones among the rocks and roots », qui est tiré de leur deuxième album sorti en 2007, Two hunters. Au final, leur set aura duré 1 heure et 20 minutes. Un temps suffisant pour transporter l’auditeur dans un autre monde, à mi-chemin entre Lovecraft et Henry David Thoreau. Un des meilleurs concerts de l’année et un groupe à découvrir ou redécouvrir à tout prix !

Texte : Mathieu

Setlist Throane :

  1. Aux tirs et aux traits

  2. Aussi féroces que nous répentons

  3. Un instant dans une torche

  4. A trop réclamer les vers

  5. Et ceux en lesquels ils croyaient…

  6. Plus une main à mordre

Setlist Wolves in the throne room :

  1. Thuja Magus Imperium

  2. Born from the serpent’s eye

  3. The old ones are with us

  4. Angrboda

  5. Prayer of transformation

  6. I will lay down my bones among the rocks and roots

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