A PERFECT CIRCLE @ L’OLYMPIA – 26/06/18

L’attente depuis presque 15 ans d’un album qui devrait faire couler beaucoup d’encre et qui, ce soir, sera au cœur des conversations. Pas de quoi gâcher le plaisir des fans. L’attente pour le concert, après un Hellfest monumental au vu des premiers retours. A Perfect Circle jouait ce 26 juin 2018 dans un Olympia rempli en un éclair. Du coup c’est un peu « The Place To Be du Metal » ce soir, au vu des quelques têtes « célèbres » présentes, un peu beaucoup en décalage avec le sujet. Ce soir c’était  attendu depuis bien longtemps… 

 

Bref, l’Olympia déborde déjà de monde quand les Anglais de Black Peaks ouvrent à 20h devant une salle bien tassée. La jeune formation ne joue pas les vierges effarouchées, elle ne se laisse pas submerger par la pression, jouant devant une assistance acquise à la cause de Maynard James Keenan, et elle arrive à proposer son post hardcore énergique, positivement réceptionné par l’assistance parisienne. 

Ce soir c’est expérience immersive dans sa totalité, le groupe faisant la guerre aux apprentis paparazzi et vidéastes du dimanche, les portables seront strictement surveillés pendant le show, n’hésitant pas à occasionner quelques incursions dans la foule de la part du staff de sécurité

Il est 21H. L’intro commence et les silhouettes de Jeff Friedl (batterie), Maynard ainsi que Greg Edwards ( remplaçant d’Iha) se distinguent petit à petit sur scène pour lancer “Eat The Elephants”, le titre éponyme du dernier album. Un son clair, une plongée tout en douceur et une voix qui ressort de tout ça, celle de Maynard James Keenan. Chacun sur une plate forme, dans l’ombre, la scénographie est composée d’écrans en bandes au dessus du plateau, habillant les plateformes et en fond de scène. Un tout se forme et les entrées de Billy Howerdel et Matt McJunkins sur le devant de la scène compléteront la disposition. Le détail est essentiel et ce soir c’est une scène digne d’un tableau, les écrans diffusent des éléments abstraits, des paysages et autres prennent les devants avec un jeu de lumières qui magnifiera ce show. Chaque détail est étudié et la set-list le prouve parfaitement… C’est une entrée en douceur, poétique et mélancolique, déstabilisant certains tout en confirmant le bien que l’on puisse penser de ce Eat The Elephants car après le titre éponyme c’est « Disillusioned » qui dévoile une beauté live tout en nuance et émotions. 

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Mais que les grincheux se calment, les tubes ne tarderont pas, plaçant ici et là quelques uns parmi les derniers pépites. « The Hollow », « Weak and Powerless » ou bien un « Rose » intense juste après le « So Long, And Thanks For The All Fish » à tous les fans d’ H2G2. On se surprend aussi à fermer les yeux, se laissant transporter par la voix de Maynard et la poésie musicale du chimiste Howerdel distillant ses notes avec raffinement mais aussi prenant la voix sur un “People Are People” de Depeche Mode inattendu avant le magnifique “Vanishing” de Thirteen Step.

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Les sceptiques n’ont plus grand chose à dire face à cette « démonstration », vu l’écrin parfait que forme cette set-list nous avons  un dernier album qui réussit le pari d’offrir un nuancier d’émotions encore plus large sans perdre l’âme d’ A Perfect Circle. Ceux qui prétendent le contraire seront juste de mauvaise foi car « Talk Talk » puissant et fragile à la fois  et surtout « Hourglass » confirmeront mes dires.  

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Ce soir c’est surtout un sans-faute. Ce live réussit la parfaite fusion musicale et visuelle avec un groupe restant légèrement en retrait, plutôt en parfaite communion avec chaque note jouée. La transe se ressent dans la salle, il n’est plus question que d’un tout formé dans cette salle de l’Olympia par un public respectueux pour sa majorité et un groupe en fusion avec sa musique. La présentation par Maynard du groupe et la petite démo donnera  un décalage marrant  avec avec la poésie musicale du set, histoire de reprendre ses esprits et de comprendre que ce qu’on redoutait n’était plus loin….  

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Le progressif d’ A Perfect Circle, c’est cette capacité à nous emmener très loin sans rentrer dans la démonstration technique ou la surenchère de nappes mélodiques, une logique de chemins entre les mélodies, les plages et une légèreté dans la touche picturale. On ne recherche pas avant tout la manière, juste la beauté qui peut se trouver dans une certaine simplicité naturelle. La conclusion arrive dans un trio final qui emmène le public au plus loin, en totale immersion dans l’univers  du groupe après un puissant “The Outsider” sans forcer, l’ascenseur émotionnel est au plus haut avec le magistral “The Package” et ses volutes de guitares. On croirait la fin proche, avec presque 1h30 de montagnes russes mais il n’en sera pas ainsi pour le groupe, un dernier frisson étant obligatoire avec son très beau dernier album.  

C’est « Feathers » qui vient conclure cette soirée de haut vol, impressionnante de maîtrise. On n’avait aucun doute sur la réussite de ce concert mais on ne s’attendait pas à une telle expérience musicale. A Perfect Circle va au delà du simple concert métallique, chaque variation a apporté ce soir une nouvelle vague à ce flot émotionnel constant pour finir sur le rivage, perdu, ne sachant plus quoi dire. Juste MERCI.

Un grand merci à Live Nation, Replica Promotion 

Texte: Anthony 

Photos: Mario Ivanovic 

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