Godsmack – When Legends Rise

Soyons honnêtes, quand j’ai entendu Godsmack, ça a sonné comme Nickelback pour certains. Pas dans le sens « risée totale des Internets », mais plutôt comme un assez bon souvenir d’un groupe auquel je m’étais gentiment accrochée étant ado et boutonneuse (c’est faux, j’ai toujours eu un visage digne d’une peinture du quatrocento, c’est seulement pour faciliter l’identification du lecteur et créer un lien impérissable entre vous et moi. Prenez note de ce raffinement d’humilité…), et bien sincèrement, je pourrais encore danser sur “Voodoo” à m’en faire sauter la prothèse de hanche.

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C’est donc avec une sorte de bienveillance attendrie que je me suis attelée à décortiquer le septième album de Godsmack, When Legends Rise, de chez Spinefarm Records. Un opus dont Sully Erna, leader de la formation, a l’air particulièrement fier, promettant un album plus sentimental mais aussi plus puissant, plus expérimental aussi… En un mot, plus mature.

Soyons honnête, puisque c’est un leitmotiv, il m’a fallu un certain degré de concentration pour repérer les quelques nouveautés « expérimentales » de l’album, qui se limitent en réalité à des germes d’idées timidement exploitées plutôt que franchement assumées. Des tambours tribaux à peine audibles par ci, des compositions au violon étouffées par là…

Pour ce qui est des riffs, de la rythmique… rien de très nouveau sous le soleil, à tel point que j’ai eu du mal à détacher les morceaux les uns des autres, et donc une difficulté extrême à rendre compte, morceau par morceau, de la progression de l’opus, en raison d’un développement incontestablement monocorde. Les compositions se suivent… et se ressemblent. Godsmack joue la sécurité et j’oublie définitivement l’idée d’un album annoncé comme plus puissant, plus émotionnel, plus mature. Il m’a fallu redoublé de concentration pour écouter cet album autrement qu’en dilettante. Sully Erna a porté en étendard le fait de prendre des risques et d’éveiller la curiosité des fans… sur le papier seulement. L’écart entre la théorie et la pratique est loin d’être négligeable.

Cela fait-il de When Legends Rise un album inaudible ? Ai-je explosé dans mon casque intersidéral comme un des paisibles alien de Mars Attack ? Non. Est-ce que j’ai fait une découverte musicale sans précédent ? Est-ce que j’ai été incroyablement surprise de voir un groupe mûrir, s’affiner, se renouveler ? Non plus. Il semble que le public cible de Godsmack reste un public relativement jeune, très attaché au néo-metal, ou qui découvre tout juste les musiques dites extrêmes.

En résumé, si vous avez terminé votre crise d’adolescence et que votre oreille s’est affinée, si elle est devenue avide et insatiable, When Legends Rise vous laissera clairement sur votre faim, cependant, il passera très bien en bruit de fond, sans trop vous déranger, ni vous ni votre tasse de thé, pendant votre lecture d’Anna Karenine.

When Legends Rise – Godsmack sortie le 27 Avril 2018

 

Texte : Claire L.

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