Hail Spirit Noir @ Le Klub – 24 avril 2018

En ce jour du 24 avril de l’an de grâce 2018, j’ai rendez-vous dans la cave d’un club du centre historique de Paris, le fameux Klub, pour voir un groupe déjà culte tout droit venu de Macédoine : Hail Spirit Noir. La soirée s’annonce prometteuse puisqu’à l’affiche, il y a aussi un groupe français du nom de Glorior Belli (dont j’ai chroniqué le dernier album ici même il y a peu) et des nouveaux venus dans la scène parisienne : Dragunov. En cet fin d’après-midi, la chaleur printanière est au rendez-vous, ce qui vous donne une idée de la température qui règne alors au sous-sol du Klub. Peu importe d’ailleurs, car l’affiche du concert en vaut la chandelle ! A mon arrivée, la salle est encore peu remplie. Ce ne sera que temporaire. En effet, le concert est sold-out ce soir !

Tout démarre avec un groupe dont j’ignorais jusqu’ici l’existence et qui a sorti un premier album en avril dernier : Dragunov. Il m’arrive régulièrement de faire des bonnes découvertes et ce fut le cas ce soir-là. Si leur nom à consonance russe évoque les temps obscurs de l’ex-URSS, ce n’est sans doute pas un hasard. Il y a en effet un côté très martial dans leur musique. Le groupe, un duo composé d’un guitariste et d’un batteur, commence son set affublé de masques à gaz qu’il retirera peu de temps après. Au milieu de la scène trône une lampe à grosse ampoule, à la manière d’un autre groupe du genre : Aluk Todolo. Leur musique n’est d’ailleurs pas très éloignée de celle de ses derniers. Cependant, les premiers ont un son beaucoup moins lugubre que les seconds. Par moments, le guitariste quitte son poste pour frapper une caisse de batterie en rythme en face de la scène. L’absence de chant rajoute une dimension flippante. Je ne sais pas comment on pourrait définir leur musique (post-black, sludge ou bien autre chose ?) mais il me semble que c’est un groupe qu’il faudra suivre à l’avenir.

Pour le moment, le public était resté assez sage, plutôt contemplatif. A partir de maintenant, il va commencer à se réveiller un peu ! Les parisiens de Dragunov laissent en effet place à d’autres parisiens : Glorior Belli. Comme je l’expliquais récemment sur ce blog, leur dernier album sonne très stoner voire rock sudiste même le groupe vient à la base de la scène black metal. Cette évolution n’est d’ailleurs pas nouvelle et date déjà d’il y a quelques années. Même si leur son n’est pas forcément au top, le groupe parvient néanmoins à mettre une atmosphère survoltée. Le public se met alors à pogoter férocement et à slamer. Devant la scène, l’ambiance devient vite sportive. Le chanteur du groupe, le bien nommé Billy Bayou, a une certaine présence. En le voyant, on ne peut s’empêcher de penser à Phil Anselmo (en moins défoncé tout de même). Par moments, il invite l’un de ses potes à hurler dans le micro. Leur set a été un peu confus mais le feeling fut au rendez-vous quand même !

Après le set des parisiens, on passe enfin aux choses sérieuses. Place donc à la tête d’affiche, à savoir les macédoniens d’Hail Spirit Noir, dont le dernier album (« Mayhem in blue ») date de 2016. Au fur et à mesure que les musiciens se mettent en place et installent la scène, on pressent que l’ambiance va être très différente. En effet, sur scène, il y a un clavier et des synthés. Le vocaliste porte une chemise à fleurs et a des faux airs de Ian Anderson, le chanteur de Jethro Tull. On passe donc d’une ambiance digne de la scène metal de la Nouvelle Orléans à une atmosphère plus feutrée, dans l’esprit des groupes psyché des années 70. Quand le groupe commence à jouer, on est propulsé dans une autre dimension. Il y a quelque chose d’occulte dans leur musique. Les claviers rajoutent une touche horrifique rappelant la bande son des films de Dario Argento et la musique des italiens de Goblin, le groupe fétiche de ce réalisateur. Si je devais comparer leur son à celui d’autres groupes, je dirais que leur musique résulte du croisement improbable entre Enslaved, Burzum, Hawkwind et King Crimson. Ils se situent quelque part entre black metal, rock prog et kraut rock. Leur style est proche de celui d’un groupe finlandais ; Il s’agit bien sûr d’Oranssi Pazuzu ! Même si leur black metal n’a rien de traditionnel et est même plutôt expérimental, l’ambiance dans la fosse n’en est pas moins survoltée. Le public est assez réceptif, pogos et slams s’enchaînant à un rythme d’enfer pendant toute la durée du set. Bref, les macédoniens nous ont offert ce soir un concert mémorable aux allures de messe noire ! Un des meilleurs concerts de metal extrême depuis le début de l’année 2018. On attend avec impatience leur prochain passage par l’hexagone !

Merci au Klub pour l’accréditation.

 

  • Setlist Hail Spirit Noir :

INTRO

1 – I mean you harm

2 – The cannibal tribe came from the sea

3 – Mayhem in blue

4 – Satan is time

5- The mermaid

6 – Against the curse, we dream

7 – Riders to utopia

8 – Haire Pneuma Skoteino

 

Texte : Mathieu

 

 

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