Rencontre avec Faun

C’est en milieu d’après-midi que nous avions rendez-vous avec les membres du groupe Faun, maîtres de la scène medieval folk allemande. Au programme, littérature, instruments traditionnels et souvenirs accumulés au cours de quinze années de carrière !

Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas, pouvez-vous décrire en quelques mots qui est Faun ?
Olivier s. Tyr : Notre réponse est simple, nous essayons d’ouvrir des portes vers d’autres mondes, des mondes mythologiques, celtiques, pourquoi pas germaniques. C’est facile d’ouvrir ces portes grâce à la musique car elle est toujours chargée d’émotions.

Aviez-vous déjà entendu parler du Cernunnos Pagan Fest auparavant ?
Tous : Heu…non [rire général]

Vous appréciez tout de même l’ambiance ?
Niel Mitra : Oui, je me suis un peu promené à l’intérieur et j’ai beaucoup aimé l’atmosphère.

Cependant ce n’est pas votre première fois en France ?
Laura Fella : Non nous sommes venus il y a deux ans.
OT : Nous avons déjà joué plusieurs fois en France. Nous avons une longue carrière qui nous a parfois mené à Paris, parfois en province. Je n’ai pas vraiment profité du fest mais j’aime beaucoup le heavy metal. L’idée du mélange des deux genres me plaît particulièrement. J’ai vu pas mal de gens vêtus à la mode médiévale ou viking ; des gens passionnés de spiritualité et de mythologie.

A ce propos, la musique folklorique et le metal sont très liés en général : comment expliquez-vous cette proximité ?
OT : C’est très simple : le contenu. Les groupes de metal sont souvent fascinés par la mythologie et l’Histoire, tout comme nous. La différence c’est que nous essayons de les recréer par le son et les groupes de metal par la puissance et l’émotion qu’elle génère. C’est ce qui fait que nous jouons dans beaucoup de festivals différents, assez peu de festivals de metal cela dit. Il y a deux ans nous étions au Ragnard Rock et nous avions beaucoup apprécié.

Pouvez-vous nous parler de vos inspirations dans l’Histoire ou la littérature ?
OT : Il y a plusieurs années j’ai étudié la littérature médiévale. A travers l’Histoire, on observe les faits depuis l’extérieur : la céramique, l’architecture, etc. Mais grâce à la littérature, on peut accéder aux pensées des gens du Moyen Age. J’ai vite réalisé que les écrits du Moyen Age étaient tournés vers le christianisme. J’ai tenté d’y chercher des influences païennes mais elles sont très rares. Depuis je me suis éloigné de la littérature mais la poésie reste toujours une excellente source d’inspiration.

Vos paroles abordent souvent le thème de la Nature. Est-ce une cause qui vous tient à coeur ?
OT : Chacun a sa propre réponse mais personnellement j’y trouve un aspect religieux. Quand j’ai besoin de réponses dans ma vie, je crois fermement que la Nature peut apporter des solutions.

Quel est le message que vous cherchez à transmettre dans vos chansons ?
OT : Je dis souvent que raconter des contes de fées, faire croire les gens aux créatures et à la magie rend le monde plus concret, lui donne plus de relief. C’est une manière d’inspirer plus de respect pour notre monde et de le protéger.

Comment marier instruments classiques et instruments traditionnels ?
NM : Quand nous écrivons un texte ou commençons à composer un morceau, nous cherchons à créer une base pour ensuite choisir les instruments qui l’équilibreront le mieux.

Comment fait-on pour manier autant d’instruments que vous sur scène ?
OT : Les histoires que nous mettons en musique sont riches en sentiment, en couleurs. C’est important de trouver le son qui y correspondra le mieux. Les instruments traditionnels ne peuvent pas tout faire et c’est pourquoi nous utilisons aussi des sons électroniques.
Fiona Rüggeberg : La plupart d’entre nous joue plus d’un seul instrument. Cela permet une grande variété d’un morceau à l’autre : passer de sonorités électroniques à la flûte puis à un autre instrument, etc. Sur scène c’est un peu sportif ! Cela demande d’être rapide. Dans mon cas, je rentre dans une sorte de transe et je sais exactement quand arrêter de jouer, couper le micro, prendre un autre instrument, etc. Au fil du temps on s’habitue.

Pendant ces quinze années, vous avez repris un certain nombre de morceaux traditionnels. Comment trouvez-vous toutes ces chansons ?
OT : A force de voyager on rencontre de nouveaux musiciens, on traverse de nouveaux pays. C’est un luxe de vivre dans un monde aussi riche et aux cultures si variées.

N’est-ce pas trop difficile d’adapter des morceaux traditionnels au goût du jour ?
NM : Non et ça peut même être très amusant. Il y a tellement de possibilités pour adapter un morceau, les choix sont multiples et le thème principal est déjà présent.

Parmi votre actualité récente, on retrouve un nouveau clip, une tournée européenne, la sortie d’un best-of… Avez vous prévu quelque chose de spécial pour votre quinzième anniversaire ?
NM : Le cd que nous venons de sortir est une sorte de regard en arrière sur notre carrière. Quinze ans ont passé depuis la sortie de Licht.
OT : Ce n’est seulement qu’un regard sur notre histoire et qu’une étape majeur en soi. Nous restons tournés vers le futur. C’est un anniversaire mais c’est quinze années ne sont pas un passé auquel nous tournons le dos définitivement.

Que ressentez-vous en songeant à ces quinze années de carrière ?
FR : Ce fut plein de merveilleux souvenirs. Réécouter nos anciens morceaux pour le best-of fut un vrai bond dans le temps. Au jour le jour nous avons l’impression d’être toujours un jeune groupe, cherchant à expérimenter et innover de nouvelles choses mais en se retournant on réalise qu’on fait ça depuis des années ! C’est merveilleux de pouvoir faire le travail qu’on aime et de pouvoir rencontrer autant de gens.

Auriez-vous une anecdote à partager ?
FR : Il y en a beaucoup… Pourquoi pas celle où l’ambassade américaine ne t’a pas donnée de visa ? [en désignant Niel]
NM : Oh mein Gott… [rire général]
FR : Pour je ne sais quelle raison ils étaient suspicieux envers lui. Il lui a fallu des siècles pour récupérer son passeport. Les policiers américains ne doivent pas apprécier les dreadlocks.
NM : J’ai dû aller trois fois à l’ambassade et j’étais reçu par la même personne ! On aurait dit un agent du FBI tout droit sorti d’une série. Quand mon avion est parti sans moi, j’ai eu droit à un vol en première classe. La première chose que j’ai faite fut de commander du champagne. Depuis ce moment, tout le monde nous connaît à l’ambassade de Munich !

La rencontre s’achève sur cette histoire de Niel. C’est avec plaisir que nous les retrouverons sur scène le soir venu pour enfin écouter toutes les histoires dont ils se sont faits les porteurs.

Un grand merci aux membres du groupe pour leur temps et à Sarah de Dooweet Agency !

Texte et traduction : Thomas

Photo : Fable

 

 

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