CERNUNNOS PAGAN FEST 2018: Artisans, spectacles et ripailles !

Depuis sa création, le Cernunnos Pagan Fest n’est pas simplement un festival de metal avec ses habituels stands de merchandise. Ici, la part belle est faite aux artisans et autres créateurs de vêtements, bijoux ou accessoires d’inspiration médiévale. Un bâtiment entier, le Caravansérail, leur est consacré à l’extérieur du festival.

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PARTIE I : A l’intérieur se pressent tentes et échoppes. A côté du bar se tient un stand qu’on ne peut que difficilement rater ! Des cornes toutes plus larges les unes que les autres sont fichées sur un imposant râtelier.

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Nous surprenons leur créateur, le sieur Cornemel, en plein casse-croûte. Il est probable que vous l’ayez déjà croisé au Hellfest ou au Motocultor mais Cornemel n’a sa place au Cernunnos que depuis l’édition précédente. L’occasion d’en découvrir plus sur les origines de ces cornes, désormais plus que répandues dans les fests. Elles proviennent de “races anciennes du Massif central comme l’aubrac, la salers, la limousine, parfois de la vache highland ou du bison d’élevage”. C’est avec regret que Cornemel reconnaît que “les grandes cornes […] sont importées d’Afrique de l’Ouest”. Les cornes ne sont cependant pas la seule spécialité de Cornemel car, comme son nom l’indique, il produit également sa propre hydromel, également proposé sur son stand. A ce sujet, il tient à rappeler l’ancienneté de l’hydromel et son caractère sacré, surtout lorsque bu dans une corne. Un acte certes moins symbolique aujourd’hui mais toujours volontiers pratiqué par les festivaliers du Cernunnos !

A l’exact opposé du Caravansérail, une grande table chargée de sacoches et besaces en cuir attire notre regard. Les habitués des festivals médiévaux connaissent certainement Rêves d’Acier : la boutique est spécialisée dans la distribution d’accessoires, de vêtements et d’armes de reconstitution. Les Parisiens exposent au Cernunnos depuis sa toute première édition !

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Quand on sait que les gaillards passent du metal en boucle dans leur magasin, on comprend vite pourquoi ils sont tant attachés au festival. “C’est le seul marché tenu en région parisienne [par le magasin]” nous précise-t-on. En ce qui concerne les armes, produits très recherchés par les clients de Rêves d’Acier, le (plus si récent que ça) état d’urgence a conduit de nombreux festivals à interdire la vente de répliques. Les festivaliers se tourneront donc vers le grand choix d’accessoires en cuir et de bijoux médiévaux ! Retrouvez Rêves d’Acier en ligne : http://www.revesdacier.com

Le Caravansérail n’est pas qu’un “market” : tout au long des deux jours, des animations (enluminures, danses, etc) ont été proposées aux festivaliers mais également à tous les visiteurs. Cette partie de la fête est en effet accessible gratuitement. Quelques groupes (ici les Lillois de Scurra) se produisent dans les allées provoquant quelques festifs attroupements !

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Après ce petit tour parmi les exposants, retournons vers les salles pour le prochain concert. En chemin, impossible de ne pas être attiré par la tente et le petit feu de camp (surtout avec ce froid !) installés dans l’herbe.

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La compagnie Saor Alba est un groupe de reconstitution, à la fois centré sur le XIIIe et le XVIIIe siècle (la période jacobine, pour les férus d’histoire !). Les tartans ne trompent pas : Saor Alba nous replonge au temps de l’ancienne Ecosse. Les troupes écossaises elles-même reconnaissent d’ailleurs les Français comme une compagnie modèle en terme de rigueur historique : Et qui dit “rigueur” dit “pas de kilt” ! Nos deux reconstituteurs sont formels : si les plaids à tartan sont portés depuis le Moyen Age, le kilt que l’on connaît encore aujourd’hui n’apparaît qu’au XIXe siècle.

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Une leçon sur laquelle beaucoup de festivaliers costumés auront fait l’impasse !

A quelques mètres des Ecossais, il était possible d’assister pendant les deux jours à une petite démonstration de combat entre Vikings. Entre deux passes d’armes, l’un de ces guerriers accepte de répondre à quelques questions.

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La compagnie Midgardfolkar existe depuis une dizaine d’années et se produit pour la première fois au Cernunnos. Nous sommes bien sûr loin des combats de chevaliers en armure et des tournois : ici les combattants portent leurs vêtements de tous les jours et préfèrent la lance et la hache. Les épées et autres pièces d’armure n’étaient pas accessibles au simple bondi, le paysan viking !

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Dans le Caravansérail, la compagnie présente plutôt des objets de la vie quotidienne et proposent aux visiteurs de s’essayer à l’artisanat sur bois. Retrouvez Midgardfolkar sur midgardfolkar.ovh

Côté musique, le Campement n’est pas en reste. La compagnie Tan Eillel déambule aux rythmes de danses endiablées et d’une musique aussi envoûtante que mystérieuse.

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Après en avoir pris dans les yeux et les oreilles, il est grand temps de s’occuper un peu de ces gargouillis d’estomac si commun en fin de journée : ça tombe bien, trois baraques aux menus tous plus alléchants les uns que les autres sont installées dans un recoin de la Ferme, sous un auvent de verre et d’acier. C’est parti pour un petit tour gastronomique !

Première dégustation à la Taverne de la Muse. Deux plats, simples mais copieux, sont proposés aux festivaliers : des fèves au lard et une cyve de boeuf accompagné de semoule.

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Fabian Müllers, biclassé historien-cuisinier, nous parle de son projet : [nous nous attachons] à proposer une cuisine médiévale issue de recherches et d’archéologie expérimentale”. Certaines recettes sont inventées à partir des ingrédients disponibles à l’époque mais d’autres, comme la cyve, proviennent de réels livres de cuisine comme le Viandier de Taillevent (XIVe siècle !). L’alimentation a toujours reflété l’origine sociale et ici “la cyve contient […] des épices très chères qu’on retrouvait dans la cuisine aristocratique”. On ne prend pas les festivaliers pour de simples serfs enfin ! Pour accompagner le tout, la Muse sert une bière artisanale qui n’a elle rien de médiéval.

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La cyve est tout simplement excellente ! Tendre à souhait et parfumée par le gingembre et la cannelle… C’est le dimanche soir, après deux jours de cuisson dans son jus qu’elle est encore meilleure ! Retrouvez la Muse et ses recettes sur http://www.cuisine-historique.fr 

Pour rester dans le plat chaud, direction à présent le Ragnarok. Encore des plats chauds à base de viande et, parfaites par ce froid, des soupes ! Ce sera donc porc à la bière, poulet à l’hypocras et soupe carotte-champignons-cidre. Comment ? Ne pas mettre d’alcool dans les plats ? Mais quelle idée ridicule enfin !

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La recette à l’hypocras a plus de goût mais les deux plats sont servis avec une purée de semoule et de pois chiches fondante à souhait ! C’est très bon, même sans la recherche historique de leurs voisins

Pour terminer, un stand à la recette plus originale mais dont les ingrédients sont assez proches. Explications d’une des tenancières : “le Brods […] est un pain dans lequel on rajoute du jambon braisé. La garniture est laissée au choix du client  : lentilles au cumin, carottes aux graines de fenouil, chou au curry, cornichons, graines de sésame grillées, sauce fromage blanc ail et fines herbes ou piment-miel”. Le concept est simple mais tellement ludique ! Une fois le pain en main, nous sommes accueillis par une ribambelle de plats en argile, d’assiettes en bois et de cornes remplies de victuailles.

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Le concept du Brods est tiré de la Tapisserie de Bayeux : “on peut voir un banquet où les Normands mangent des demi-pains”.

C’est particulièrement appétissant mais quand on essaie de mordre dedans, on s’en fout partout. Heureusement, avoir une barbe permet de conserver la majorité des aliments à portée labiale de la bouche.

Que retenir de toute cette nourriture ingurgitée ? Et bien qu’elle est excellente et totalement cohérente avec l’esprit du festival ! Des plats à base d’ingrédients simples qui ressemblent plus au boeuf bourguignon de mamie qu’à de la bouffe de fast food, qui donnent chaud et qui tiennent au corps. La prochaine fois, laissez le jambon beurre au fond de votre sac donc… Tous les plats peuvent bien sûr être appréciés sans viande à la demande.

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Partie II :

Comme pour les concerts, il est extrêmement  difficile de tout voir. La première raison est bien entendu « à cause » (oui quand même on ne va pas s’en plaindre !)  d’une programmation chargée, bien rythmée et qui s’enchaîne parfaitement bien. Les concerts commencent à l’heure, il n’y a pas une minute de répit pour les festivaliers à moins de sacrifier un concert ou deux et quelques animations le temps de se désaltérer -enfin plutôt de se réchauffer avec un verre d’hydromel chaud !-  de profiter des délicieux mets médiévaux ou encore de faire un tour vers les différents stands. La deuxième raison pour laquelle c’est compliqué de profiter de tout ce que le festival a à offrir est que certaines animations ont lieu pendant les concerts. Mais cela ne nous empêchera pas de profiter pleinement des nouvelles joyeusetés que nous attendions, bien sûr, avec impatience !

Parmi les nouveautés présentes on vous a déjà parlé de l’ouverture du marché médiéval au public et ce, gratuitement, seule la partie concert étant accessible exclusivement aux festivaliers. Le festival prend donc une tournure nouvelle- celle d’une rencontre annuelle peut être – qui pourrait devenir incontournable. On l’espère du moins.

En tout cas la façon de penser le marché prenait en compte un public bien différent des festivaliers habituels…Des animations étaient en effet prévues pour le jeune public. Lectures de contes aussi bien pour les adultes (et oui on aime aussi s’assoir et écouter un récit comme à la belle époque…) que pour les enfants et autres ravissements qui permettent aux enfants de découvrir la culture en étant directement immergés grâce aux reconstitutions de costumes de danses et d’objets variés. De ce fait il n’est pas rare de croiser des petites têtes blondes sous la Caravanserail et pas seulement ! Dans le festival aussi quelques enfants suivent  les parents et assistent aux concerts (C’est le moment de rappeler par ailleurs que pour les enfants il est indispensables de leur fournir un casque anti-bruit ! ) Et ils ont l’air de s’amuser tout autant que nous, de quoi révéler peut être une passion futur.

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En attendant tout le long du festival les artisans présentent leurs créations et quelques-unes vont attirer l’attention plus que d’autres. Au détour d’une balade me voici donc attirée par un panneau qui pourrait paraître anodin mais qui pour certaines personnes ne l’est certainement pas « Aucune matière animale sur ce stand ». Nous sommes chez La Damoizelle de Fer.

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Alors oui d’accord les traditions, la fourrure, tout était récupéré sur l’animal etc… A cette époque oui, l’harmonie avec la nature, l’instinct… Il est certain que les conditions étaient différentes et qu’il fallait bien survivre !  Il n’empêche que ce stand c’est mon coup de cœur du festival , pas seulement pour cette raison là, mais aussi pour la gentillesse de Fanny Mansbendel, et pour la qualité de ses créations. Voir des vêtements qui se passent de produits animaux et bien ça fait plaisir, au moins il y en a pour tous les goûts! Personne n’est mis à l’écart peu importe ses valeurs, et ça c’est l’ambiance Cernunnos ! Cela fait partie des valeurs de Fanny, qui explique bien que son travail c’est de rendre belles les femmes (et plus tard beaux les hommes !) mais sans ôter la vie puisqu’elle peut trouver aisément de quoi remplacer le cuir et faire de magnifiques créations ! Alors on s’arrête quelques instants pour parler de ce stand de vêtements faits main et de la charmante créatrice.

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 La Damoizelle de fer est passionnée de couture depuis toute jeune et, historienne de formation, elle décide de se lancer dans la création de vêtements d’inspirations médiévale et fantastique. Cela après avoir vu sur des stands de marchés médiévaux certains vêtements fabriqués en chine et de qualité médiocre, et pourtant à des prix excessifs. Après une formation en corseterie et quelques stages, la petite entreprise prend forme ! Dans un style épuré, raffiné et confortable son petit artisanat a donc 2 ans et c’est la deuxième année qu’elle est présente au Cernunnos Pagan fest : « C’est une valeur sûre ! » nous dit-elle avec un grand sourire tant pour sa programmation, son ambiance mais aussi pour les qualités humaines des organisateurs, ce qu’on a pu nous-même constater à plusieurs reprises. « J’y serai encore dans 10 ans ! Je serai là pour la 20ème ! »

Les qualités du corset nous sont vantées, qui, au-delà d’être esthétique est aussi très bon contre le mal de dos ! Les matériaux sont assurés d’être de qualité et authentiques puisque qu’on voit la Damoizelle à l’œuvre pendant que nous parlons. Les matières synthétiques n’en sont pas moins somptueuses. Pour les autres vêtements, Fanny utilise du coton parfois de la laine (pour les capes ) et du lin avec bien sûr, la possibilité pour ceux qui ne supporteraient pas la laine d’avoir des capes dans d’autres matières, toujours sélectionnés avec grand soin. Il est possible de la contacter pour des commandes, la Damoizelle de fer habille du XS au XXL (et au même prix !). Sinon vous pouvez la retrouver dans les salons du fantastique et festivals médiévaux. Les clientes reviennent d’ailleurs très satisfaites, parmi celles-ci la violoniste de Adaryn passe complimenter la qualité du travail pendant que nous discutons.

(Jetez un coup d’oeil sur la page facebook pour plus de détails!  https://www.facebook.com/damoizelledefer/)

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Un autre stand sur lequel on ne peut s’empêcher de s’arrêter et que les amateurs de festivals  ont surement reconnu, : l’atelier du Grimeur . Un stand  qui présente des masques variés et surtout surprenants de réalisme. Des prothèses et autres découvertes fabuleuses pour le déguisement réaliste. L’atelier du Grimeur se croise notamment à l’extreme market du hellfest. Les conditions du cernunnos festival étant plus aptes à discuter, nous prenons le temps d’enfin en découvrir un peu plus sur cet artisan qui a  gentiment accepté de répondre à mes questions.

C’est sa première année au Cernunnos avec un stand à lui puisqu’il a déjà accompagné sa compagne (qui possède un stand de bijoux juste à côté : Brunissandre création bijoux) il y a deux ans. Selon lui ce festival est rafraichissant et change beaucoup de sa clientèle habituelle. L’ambiance est bon enfant et les organisateurs sont très décontractés. Un week-end agréable et  bon esprit.

Fan de cinéma fantastique, il a été très vite fasciné par les effets spéciaux dès les années 80. Déjà artiste, il a ensuite  l’idée de commencer par des petites prothèses comme des cicatrices puis la passion reste. Cela fait maintenant une quinzaine d’années qu’il ne fait plus que ça. Vivant tel un ours dans sa tanière lorsqu’il est dans son atelier et parcourant ensuite les festivals. Pourquoi pas le cinéma alors peut –on se demander lorsque l’on voit la qualité de son travail ! «  Je ne peux pas tout faire et j’ai une clientèle fidélisée maintenant, pour les jeux de rôle, le théâtre, l’univers du spectacle. Et il y a moins de concurrence que dans le cinéma. De toute façon le cinéma fantastique n’a jamais vraiment décollé en France… » Et oui malheureusement, mais le plus important c’est que son artisanat est maintenant reconnu par beaucoup de personnes qui continueront de le faire vivre pendant longtemps on espère.

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Plus d’informations sur ces artisans  :

L’atelier du Grimeur : https://www.facebook.com/latelier-du-grimeur-107990649226921/

Brunissandre création bijoux : https://www.facebook.com/brunissandrecreationbijoux/

 

Un grand merci à tous les exposants qui ont accepté de répondre à nos questions et de partager leur passion avec nous.

 

Texte : Partie I : Thomas, partie II : Cindy

Photos : Fable & Aurélia

Dessins : Fable

Et un dernier dessin pour la route !

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