Orphaned Land & guests @ Petit Bain – 27/02/2018

Ce soir, ce n’est pas moins de quatre groupes qui sont censés jouer sur la péniche parisienne du Petit Bain ! Malgré le froid sibérien, de nombreux métalleux ont bravé la météo peu clémente pour venir soutenir un groupe qui nous vient, lui, d’un pays chaud et ensoleillé : Orphaned Land. En plus d’être originaire d’Israël, ce groupe a pour particularité d’être devenu le porte-drapeau d’un genre en plein essor : Le metal oriental. Certes, les groupes ne sont pas encore légion mais ce style est suffisamment original pour faire parler de lui, y compris hors des sphères du metal. La péniche se remplit progressivement et peu avant 19h tout est prêt pour que le premier groupe commence à déverser son métal en fusion. D’ailleurs, la salle affiche sold out.

Aevum est un groupe originaire d’Italie, plus précisément de Turin, qui officie dans un metal symphonique avec une touche de gothic metal dans la veine de Therion ou Dimmu Borgir. Sur scène, ils sont un nombre conséquent. Les grognements du chanteur Hydra alternent avec la voix claire de la chanteuse Lucille Nightshade. Le chant en italien rajoute une touche plutôt originale. Outre le batteur au visage recouvert d’une cagoule en cuir, il y a également un claviériste ainsi qu’une danseuse qui fait des apparitions sur scène puis disparaît aussi vite qu’elle est apparue. Leur set est plutôt carré mais s’il n’y a rien de révolutionnaire là-dedans. On passe un bon moment tout de même.

Dans la foulée, c’est le groupe de metal progressif américain Subterranean Masquerade qui prend la relève. Leur présence sur la tournée d’Orphaned Land n’est pas tout à fait hasard puisque leur musique mêle metal prog et world music. De plus, ils ont été rejoints il y a quatre ans par le batteur Matan Shmuely qui office également au sein d’Orphaned Land. Par ailleurs, ils viennent de sortir un nouvel album, « Vagabond », l’an dernier. On entre dans une autre dimension, leur musique étant volontiers plus complexe et avant-gardiste que celle d’Aevum. Il y a quelque chose de vraiment groovy dans les riffs de Subterranean Masquerade. Les membres du groupe, dont le chanteur Kjetil Nordhus (Tristania), semblent vivre leur musique de manière intense si l’on en croit les mines extatiques qu’ils affichent sur la scène du Petit Bain.

Place ensuite aux norvégiens d’In Vain, qui officient dans un death-black progressif et viennent de sortir un nouvel album, Currents, cette année. Leur musique sonne beaucoup moins avant-gardiste et plus traditionnelle que celle des deux précédentes formations et évoque les récentes productions d’Enslaved. La voix black et les riffs endiablés sont contrebalancés par une approche progressive voire psychédélique. Même si leur metal n’a rien d’exceptionnel non plus, ils demeurent néanmoins très carrés sur le plan technique et on se laisse facilement transporter par leurs riffs pachydermiques et acérés.

Peu avant 22 heures, c’est enfin au tour des israéliens d’Orphaned Land d’investir la scène du Petit Bain. On sent que le public est là pour eux. Une forme de frénésie mêlée d’enthousiasme traverse la salle. Le public ne sera pas déçu par la prestation des israéliens. Leur musique a ce petit quelque chose de mystique qui rajoute une dimension particulière. Le groupe n’est-il pas originaire de la Terre sainte après tout ? Le chanteur Kobi Farhi a d’ailleurs un côté christique totalement assumé avec sa barbe, ses cheveux longs et ses vêtements amples. Ainsi, on a un peu l’impression qu’il s’apprête à traverser des étendues désertiques à la recherche de la terre promise. Pour montrer son attachement à la paix dans cette partie du monde, il a tenu à accrocher un keffieh palestinien sur son pied de micro et à le faire tournoyer comme s’il s’agissait d’un drapeau. Les textes se veulent rassembleurs, notamment ceux de la chanson « All is one ». Le groupe alterne des titres folk et orientalisants avec des morceaux plus metal. Pendant la durée du concert, Orphaned Land mettra en avant les morceaux de son nouvel album, « Unsung Prophets & Dead Messiahs » (Century Media), n’offrant pas moins de six extraits de ce disque au public. Derrière les musiciens, on aperçoit en arrière-plan des projections dont le but est de nous donner un avant-goût de leur pays d’origine mais aussi de rajouter une dimension religieuse à la cérémonie. Orphaned Land est issu de la région où sont nées les trois religions monothéistes du monde et ses membres souhaitent le faire savoir ! Le concert se clôt sur « Ornaments of gold », un des titres qui sonne le plus doom-death de leur discographie et extrait de leur 1er album, le dénommé  Sahara . Ce dernier est sorti à une époque où le groupe était signé sur le label français Holy Records. Après avoir reçu sa dose de soleil et de terre sainte, il ne restait plus au public qu’à regagner le froid et les couloirs lugubres du métro parisien !

Ceux qui les ont ratés cette fois ci pourront toujours se consoler dans quelques mois puisque le groupe jouera au Point Ephèmère le 17 juin à l’occasion de la 14e édition du Festival des Cultures Juives.

Merci à Access Live.

Setlist Orphaned Land :

  • The cave
  • All is one
  • The kiss of Babylon (The sins)
  • Ocean land (The revelation)
  • We do not resist
  • Let the truce be known
  • Like Orpheus
  • Birth of the three (The unification)
  • Olat Ha’tamid
  • Yedidi
  • In propaganda
  • All knowing eye
  • Sapari
  • In thy never ending way (epilogue)

Encore :

  • The beloved’s cry
  • Norra el Norra (Entering the Ark)
  • Ornaments of gold (outro)

Texte : Mathieu

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