Manrilyn Manson @ AccordHotel Arena 27/11/2017

La première fois que j’ai vu Marilyn Manson, je ne pensais pas le voir une deuxième fois. Et pourtant. Malgré une déception assez amère lors d’une précédente édition du Hellfest, je suis restée assez impressionnée par le boulot de Manson ces dernières années. Je suis la première à chanter les mérites de The Pale Emperor (2015) à qui veut bien les entendre. Cet album signe pour moi un tournant dans la carrière de Marilyn Manson, qui se détache de cette image – certes bien huilée – d’usine à provoc’ sans fond pour adolescent en pleine crise identitaire (faites pas ces yeux là, on y est tous passés), et se montre à son public comme musicien, un musicien un peu fatigué des ces artifices pour appâter les teenagers. Dans The Pale Emperor, c’est un Manson qui a vieilli, et le mot est à prendre dans toute sa force et dans tout ce qu’il suppose, un homme nouveau… mais épuisé. Si on m’avait dit, «tu verras, en 2015, tu écouteras du Marilyn Manson» j’aurais ri comme une baleine et pourtant… un peu comme si on m’avais dit «tu verras, tu retourneras voir Manson en concert». No comment.

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Avouons le franchement, sans invitation je n’y aurais pas mis les pieds. La performance au Hellfest m’a laissé un très mauvais souvenir ; un public hystérique et franchement détestable, un punk qui me cherchait clairement des noises et un Manson complètement défoncé, incapable de tenir la mise en scène prévue ou de chanter de façon ne serait-ce qu’audible la moindre de ses chansons.

En un sens, il ne pouvait pas me décevoir plus ce soir, il ne pouvait pas tomber plus bas… ce qui ne m’a pas empêché de l’attendre au tournant.

La première partie, assurée par Dinos Chapman, était déjà un choix questionnable. Non pas que la qualité laisse à désirer ; de la musique electro-dark, parfaitement dans le ton pour une soirée où tu laisses l’âme de lycéen gothique s’emparer de ton enveloppe charnelle, pas mal exécutée même si il n’y avait rien de grandiose. En bref, pas de dissonance, et surtout pas de quoi faire de l’ombre à la diva de la soirée. Ce qui m’a le plus surprise, et pas de façon positive, c’est l’attitude abjecte du public. On pousse la nostalgie adolescente jusqu’à en redevenir un soi même apparemment puisque le pauvre Dinos Chapman s’est fait hué comme un malpropre sans l’avoir mérité une seule seconde. Le trois quart du public s’est donc comporté de façon infecte, n’attendant que son gourou.

Et enfin le voilà le gourou, après s’être fait attendre pendant des lustres comme une pâle copie d’Elizabeth Taylor, le voici révélé par une chute de rideaux noirs ; un Manson sur fauteuil roulant, affublé de ce qui à l’air d’être une planche de surf pour tout dossier. Il quitte le dit fauteuil après le premier titre, claudiquant par ci, claudiquant par là. Marylin Manson peine à réveiller son public, dont les tentatives de pogos retombent comme de vieux soufflets au fromage. En effet l’agitation naissante ressemble à s’y méprendre à un accroche-toi-bien-à-ma-taille-pour-pas-que-la-chenille-déraille. C’est au bout du quatrième titre environ que la fosse semble se sortir d’une torpeur poussiéreuse. Et je dois reconnaître en toute bonne foi que se mettre dans l’ambiance n’était pas chose aisée, mes bonnes gens. Marilyn Manson manquait assez évidemment de souffle, il était incapable de finir ses phrases mais aussi incapable de gérer sa propre voix. Un cri ici, et plus de voix pour la minute à suivre. Un débit un peu trop rapide par là, et une impossibilité à se faire entendre ou à articuler. Bref, de ce côté là, une catastrophe presque à la hauteur de celle du Hellfest. Pourtant Marilyn Manson nous a fait l’honneur d’exécuter un (seul et unique) morceau correctement, “Sweet Dreams”. Un peu dépité, tu te dis que c’est déjà ça de gagné. Moi qui espérait entendre un peu plus de titre de The Pale Emperor, Manson a fait le choix – plutôt judicieux – de régaler son public de classiques des années où il faisait encore trembler l’Amérique tout entière. Des titres comme “mObscene”, “This is the new shit”, quelques titres issus de son nouvel album Heaven Upside Down (2017) (qui a l’air de venir repêcher dans cette identité passée d’enfant terrible des cours de récré), avant de boucler sur “Coma White”, histoire de retrouver la douce atmosphère buvons-du-vin-rouge-à-la-pleine-lune-et-tailladons-nous-les-poignets. Un peu de second degré messieurs, dames, moi même j’adore cette chanson. Sur CD…

Merci à Anna et AccordHotel sans qui je n’aurais pas assisté à ce concert. Hein, quand même.

Claire L.

(photographie tirée de l’album The Pale Emperor – 2015)

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