ELUVEITIE @ Cabaret Sauvage, 02/11/2017

Samhain. Une nuit vieille comme le monde. Une nuit hors du temps, celle des dieux et des esprits. Les princes de la Celtique moderne, Eluveitie, se produisaient sur les planches du Cabaret Sauvage. The Unchained ne pouvait pas rater la plus importante fête païenne de l’année ! Bon je sais… Samhain c’était le 31 octobre, pas le 2 novembre mais ne chipotons pas pour si peu !

Hélas les dieux du timing n’étaient pas à nos côtés ! Prévenus au dernier moment par Live Nation, c’est en catastrophe que nous partons à l’assaut des transports en commun parisiens. Avec le résultat que l’on sait…

Notre équipe arrive avec un quart d’heure de retard et rattrape en marche le concert de The Charm the Fury. La voix rauque de sa chanteuse nous accueille sous le chapiteau. On comprend vite que les mécaniques du groupe reposent sur l’alternance du féminin growl/clean. Les premières minutes captent la curiosité surtout qu’on n’a pas l’occasion d’entendre du guttural féminin tous les jours. La performance instrumentale laisse cependant à désirer… On dirait du metalcore mais sans grande fantaisie. Les morceaux passent et il faut se rendre à l’évidence : à moins d’aimer bouger dans la fosse à tout moment, il est difficile de prendre beaucoup de plaisir à l’écoute. La rythmique ne se renouvelle guère et la voix tressaille par moment. Le groupe hollandais n’en est pas à ses débuts pourtant… La reprise guère entraînante de “Seek & Destroy” ne nous fera pas changer d’avis. Malgré nos avis de coincés (que je soupçonne biaisés par la maladie et les problèmes de métro), le groupe a une sacrée pêche et l’ambiance est bien au rendez-vous.

Dessin concert 02-11-2017 n°1

Le groupe suivant vient de Suède ! Amaranthe affiche une line up assez inhabituelle puisqu’elle compte trois chanteurs : deux voix clean, l’une féminine, l’autre masculine et une gutturale, masculine cette fois-ci. On comprend tout de suite la dénomination “metal symphonique” ! Pour la rythmique, deux musiciens (basse/batterie) et une guitariste soliste.

N’étant pas un fan du groupe (que je ne connaissais pas deux heures plus tôt), impossible de reconnaître les noms des morceaux, sauf quand le refrain est explicite. Et le groupe n’annonce pas les titres… J’invite donc nos lecteurs les plus curieux à creuser de leur côté pour trouver la set list exacte.

Amaranthe 3

La catchy “Invincible” est suivie par un grand moment émotion quand la chanteuse invite une fan sur scène pour chanter avec elle “Amaranthine”. Après un “Digital World” entrecoupé d’un solo de batterie, le groupe nous offre un morceau relativement mièvre que l’on nommera “insérer ici votre nom de soupe préférée”. “Hunger” et “That Song” concluent le set des Suédois.

Ne tergiversons pas plus longtemps. Amaranthe mêle à ses morceaux des samples très pop, voire carrément techno. Je ne vous le cacherai pas : quand on est fan de black metal, ça fait un choc. Les morceaux restent très entraînants malgré tout et la fosse a été en feu du début à la fin ! Il faut dire que le niveau vocal est vraiment excellent, tant au niveau du clean que du growl (plutôt jouissif). C’est catchy comme une chanson à la radio – qui a dit “commercial” dans le fond ?

Amaranthe 4

Disons ce qui est , le metal est un milieu plutôt fermé d’esprit et pour savoir ce qu’en pense la communauté, je ne m’interdis jamais un petit passage dans les commentaires Youtube. Beaucoup de messages de haine (ou de soutien) avant de trouver la perle rare ! Je cite Ariel Ace, utilisateur lambda, qui regrette : “What happened to old Amaranthe ? O_O”.

Amaranthe est donc bien un groupe de metal comme les autres. Nous voilà rassurés. La prochaine fois que vous irez en boîte, vous saurez quoi répondre au Dj interrogatif à qui vous demanderez de passer du metal.

Les ténèbres nous étreignent alors que s’élèvent les premières notes du “Prologue” d’Helvetios. Eluveitie attaque très fort avec “Your Gaulish War”, un morceau de leur tout premier album, Spirit. Soulagement, les instruments acoustiques sont bien sonorisés ! La fosse, les nerfs à fleur de peau, n’attend pas longtemps avant de se déchaîner.

Eluveitie 5

Les destructeurs “King” et “Nil” sont bien le minimum pour satisfaire ses ardeurs avant que le groupe n’entame un set plus paisible débutant par la reprise d'”Omnos”, un morceau issu du premier album acoustique du groupe, Evocation I. Le deuxième volet, intitulé Pantheon, est sorti cet été. Une lumière verte éclaire la piste ronde de la salle. Une cornemuse rompt le silence de cette clairière improvisée : “Lugus” enchante le public et la danse remplace l’habituel circle pit. Trois autres morceaux de ce nouvel album suivent donc l’émouvant “Artio” et le déjà culte “Epona”.

Eluveitie 4 - N&B

Après ce passage reposant, retour à du son plus gras avec “Thousandfold” et son refrain repris en choeur. Désormais habituel dans les tournées du groupe, “The Calls of the Mountain” est devenu une sorte d’hymne du groupe. Loin d’être une des meilleures, son refrain fait toujours l’unanimité en live ! Et Eluveitie nous offrait ce soir la version française du morceau ! Le show se poursuit avec “Tegernakô” : un riff folk à vous rendre fou ! Un grand moment de ceilidh sauvage ! Avant de poursuivre, le groupe s’offre une pause bien méritée que le batteur meuble avec un solo. “Kingdom come Undone” sera le dernier morceau avant le rappel.

Eluveitie 1 - N&B

De nouveau les ténèbres dans la salle. Puis Chrigel Glanzmann apparaît, préservatif gonflé à la main, pour des remerciements à ses fans, en conservant (presque) toute sa dignité. “Helvetios” et le puissant “Inis Mona” mettent un point final au concert. La reprise metal de “Tri Martolod”, la mondialement célèbre chanson bretonne (mention spéciale à la version indienne, “Teen Aazaad Naavik”), est toujours un grand moment lors des concerts du groupe en France (et tout particulièrement en Bretagne !).

Eluveitie 2 - N&B

Un concert d’Eluveitie est toujours un grand moment de musique et de fête. Ce mélange de sonorité fonctionne à la perfection depuis maintenant 15 ans. Et le groupe a déjà un nouvel album en route ! “Rebirth” est d’ores et déjà disponible sur Youtube… Nul doute que l’année 2018 se profile sous les meilleurs augures !

Texte : Emiel-Régis

Photo : Fable

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