The One Hundred @ La Boule Noire (15/10/2017)

Après plusieurs grandes tournées en tant que band support et une en tête d’affiche malheureusement annulée il y a quelques moins, nos british de The One Hundred font leur grand retour sur nos planches françaises en ce mois d’octobre. Et cette date, en compagnie de Bad Sign et Claustofrog ne pouvais que nous prédire un grand chaos, dans une ambiance extra-terrestre.

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En effet, depuis que nous suivons The One Hundred, dans le temps mais aussi dans l’espace (jusqu’au fin fond de l’Angleterre), nous avons appris que les garçons ne laissaient personne indifférent, et réussissaient toujours à mettre la salle sans dessus dessus, grâce à des mélodies agressives et dansantes à la fois, un show carré, et surtout une attitude scénique qui fait que l’on se prend forcément au jeu. Ce soir n’en aura pas été l’exception.

La petite fête d’une centaine d’invités débute par la prestation de Claustrofrog, formation française de fusion rock-hip hop, finaliste de l’Emerganza. D’entrée de jeu, les garçons ne manquent pas de coller au thème étrange de la soirée : un chanteur torse-nu, ne portant qu’un legging très moulant, un claviériste aux lunettes de soleil et noeud pap, un bassiste en salopette, et un guitariste en casquette-foulard. Pourtant, il ne faut pas se fier aux apparences. Les garçons ne sont pas que les petits rigolos qu’ils semblent être : leur musique est puissante, agressive, nouvelle, bien agencée, et si cela manquait parfois un peu de rigueur et de rondeurs (et surtout, un manque de batterie), une telle performance est d’autant plus encourageante qu’ils sont un tout jeune groupe et qu’ils ne peuvent que se roder davantage. Quoi qu’il en soit, les garçons savent ce qu’ils font et ont leur concept bien en main. Alors que tout le monde commence à se chauffer, le vocaliste lance un “Et toi ? As tu déjà nage dans ton vomis ?”, introduction de leur morceau “Frogs in the mud”, qui jette alors un froid gênant incroyable dans la salle, et l’on comprend très vite que ce sera le cas tout au long de leur set. Tout comme, au moment d’annoncer le dernier morceau, le leader annonce “ne vous en faites pas, la suite va déchirer. « I’m not afraid », comme disait un prophète”, et de se faire écrire “Hell baby” sur le ventre par le clavieriste. Quelque part, c’est presque comme si le collant du frontman sur lequel était inscrit “armour” était le même paradoxe que ce que l’on vit face à leur groupe : ils ne payent pas de mine mais les apparences ne sont pas révélatrice de ce que c’est vraiment.  Et finalement, lorsque les membres sont présentes et que le chanteur annonce “At The nonsence : me”, nous savons qu’ils ont réussi leur coup, et seront le côté le plus funky de la soirée.

Entrent ensuite Bad Sign. Les anglais montent le ton de la soirée. Bad Sign sont à leur façon les ovnis de la soirée. Bien qu’étant plus classiques, ils dénotent des autres groupes, ils sont le côté plus sombre, plus lourd. Les garçons offrent un son hyper lourd et carré, superbement agencé, sublimé par un très bon son, très propre. Côté mise en scène, les garçons ne sont pas très expressifs mais, finalement, cela ne se ressent pas plus que ça tant le son prend toute la place dans la salle. La foule s’est rapprochée et semble bien plus impliquée que pour leurs prédécesseurs. Les corps commencent à se délier, à sauter, et les têtes font toutes des mouvements d’approbation. Les garçons, armés d’une musique très forte, arrivent à conquérir les coeurs, comme avec leur titre incontournable “Intemission”. Bien entendu, leur performance est bien moins interpellante que celle de Claustrofrog et nous en retirerons surtout un agréable moment en compagnie d’une formation précautionneuse, soucieuse de bien faire, et cela se ressent par la qualité des morceaux, exécutés à la perfection, de façon très carrée, mais également un groupe très délicat et sensible, tant musicalement qu’humainement, comme lorsqu’ils annonceront en conclusion de set “merci beaucoup, si vous aimez ce que vous entendez, n’hésitez pas à passer au stand merch… Vous pourrez acheter notre album… Ou juste parler, bien sûr”, avec l’effort de s’exprimer en partie en français. Ils seront alors le côté plus fragile, mais aussi plus sombre et plein de sensibilité de la soirée (malgré quelques riffs très agressifs).

Le temps d’installer les instruments, et les garçons The One Hundred que l’on voit se balader dans la salle impatiemment depuis le début de la soirée font alors leur entrée sur “Dreamcatcher”. Mais les festivités ne commencent vraiment qu’avec “Breed”, morceau incisif sur lequel l’audience s’égosille à hurler “fuck you” entre deux coups de coude à son voisin dans le  pit qui prend de plus en plus de place.
La foule est constituée visiblement de connaisseurs, et cela fait d’autant plus plaisir que ceux ci ne lésinent pas sur les paroles chantées à l’unissons, ni dans l’ambiance qu’ils mettent. Tout le monde, sur scène ou dans la salle se donne à fond pour cette toute première tournée en tête d’affiche qu’il faut absolument graver dans leurs mémoires. Et c’est ce qui va être fait.
De fait, les titres s’enchainent, dont “Dark Matter” sortie récemment en vidéo, et que le public s’est déjà appropriée. Mais l’union qui s’est créée ce soir ne se constatera qu’avec “Unleashed” et son incontournable trick : tout le monde se baisse avant de se jeter dans tous les sens sur le dernier refrain. Les esprits sont perdus, et celui du petit frontman à la coupe mullet aussi, qui se trouve face à l’incompréhension de ses fans lorsqu’il demande : “C’est bien ? Bien ? Bien ??” sans réussir à se faire comprendre, avant de parvenir à changer par “bon ? Yes, très bon”, perplexe que nous ne parvenions pas à comprendre notre propre langue… Avant qu’un habituel “A poil” lui soit traduit, ce à quoi sa seule réponse sera “what the fuck…”. Gênant, mais les garçons le prennent avec le sourire, comme ils savent si bien le faire. Finalement, cela passera comme une lettre à la poste lorsque ce sera rattrapé par un grand circle pit, sollicité par le chanteur, en guise de pardon. Mais l’humour, les garçons s’y connaissent. Et d’ailleurs, au moment de faire le rappel, Jacob annonce “dernière chanson. Bon, en fait vous savez qu’on en a encore deux, et que l’on va faire semblant de sortir et que vous devez nous rappeler et on fera semblant d’en improviser deux. Mais par contre, s’il vous plait, appelez nous quand même sinon ce sera vexant”. La soirée se termine avec “Downfall”, morceau de prédilection du groupe pour terminer son set, et c’est dans une explosion de corps que se termine la soirée. Fatigués, mais tout le monde se sera éclaté dans tous les sens du terme. Le seul bémol sera un son pas forcément flatteur pour le groupe (Jacob n’avait pas de voix les 3/4 du temps car le son ne sortait pas du micro), de même que le  kick de la batterie (on ne prendra pas en compte l’incident de la symballe qui tombe), et surtout que le mix était trop fort parfois (en saturation dans le rouge durant tout le show).
Au final, cette date ne nous aura fait que constater le mérite qu’a The One Hundred d’avoir leur tournée en tête d’affiche. Les garçons viennent de loin, et ont toujours, depuis le début, assuré des show parfaitement carrés, déjantés, énergiques, et bien menés depuis leurs tout débuts, malgré toutes les conditions qui ne dépendent pas d’eux. Ils ont toujours été pro, ont eu envie, et savent sortir de l’ordinaire. Mais avec eux, ce soir, deux autres groupes se sont fait remarqués, dans le bon sens du terme.
Ils nous ont fait nous amuser sans nous faire sentir claustrophobes dans cette petite salle remplie d’une centaine de personnes et ce n’est pas un mauvais signe.
Merci aux groupe ainsi qu’à Alternative Live.

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