Ensiferum + Skyclad + Wolfheart – Machine du Moulin Rouge, 01/10/2017

Mélodies folk et ambiance finlandaise attendaient les Parisiens ce soir au Moulin Rouge ! L’immense Ensiferum entamait son nouveau tour Two Paths – the Beginning et The Unchained se devait d’être de la partie !

Le premier groupe de la soirée ne m’était pas inconnu. Wolfheart, souvenez-vous, était passé en janvier, en avant-première d’Insomnium. A l’époque, je m’étais laissé charmer en espérant en prendre plus dans les oreilles à notre prochaine rencontre. Le match retour avait lieu ce soir.

Rappelons simplement que le groupe s’est formé en 2013 et que leur troisième album en date n’a que quelques mois. Plus de titres à présenter, une scène plus grande (en même temps difficile de faire plus petit que le Petit Bain) et une grand bannière en fond, le show s’annonce d’emblée prometteur.

On doit reconnaître à Wolfheart le pouvoir évocateur de ses morceaux. L’hiver est définitivement leur marque de fabrique et cela se ressent tout particulièrement dans les puissants contrastes entre les intros accoustiques empruntes de nostalgie et les riffs très sombres des morceaux comme “the Rift” ou “I”. Leur hymne quasi-officiel reste “Zero Gravity”que la fosse accueille avec enthousiasme et circle pit en sus.

Wolfheart

Côté instru, on a affaire à de très bons musiciens : mention spécial pour le lead guitar, Mika Lammassaari, à qui les morceaux doivent beaucoup. Côté chant… Les choeurs sur les refrains sont saisissants mais seulement quand ils sonnent juste. Le chanteur maitrîse sa voix mais le sentiment de monotonie est là malgré tout. D’une certaine façon, sa prestation effacée empiète sur la qualité de son chant…

Sans le bassiste, le groupe n’aurait aucune interraction avec son public et c’est là que le bât blesse… Wolfheart a une audience et une musique pêchue et sombre comme on aime (surtout quand on aime Insomnium) mais la communication n’est pas au rendez-vous et le groupe n’enflamme pas trop la braise qui sommeille en nous. L’affaire reste encore en suspens donc… A la prochaine fois Wolfheart !

Jusqu’alors, Skyclad était pour moi un mystère total. En bon petit écolier du metal, je savais bien sûr que l’expression “pionniers du folk metal” leur est systématiquement accolée. Mais en ce qui concernait leur musique… Pffft ! La curiosité était donc de la partie.

Apparaît sur scène une bande de potes aux tempes grisonnantes, sans doute là pour une petite partie de jeu de rôle des familles. Aucune moquerie là dedans ! La vieille amitié qui règne sur scène est un gage de l’ambiance que Skyclad nous réserve.

Les morceaux dégagent tous le même sentiment de joie et de fête. La fosse danse et enchaîne les sarabandes, bras dessus, bras dessous. L’humour du chanteur, et son charme britannique cela va sans dire, rythme le concert du groupe. Il nous rappelle, non sans malice, qu’au terme de pionnier du “folk metal” il préfère celui d'”happy doom” et invite à le public à des jig pits [des gigues de fosse quoi]. Le folk, ce n’est pas qu’une question de musique, c’est aussi une histoire d’ambiance. Celle d’une soirée de pub ou d’un bal populaire irlandais…

Skyclad

Au programme musical, un mix de vieux succès et de morceaux tirés du nouvel album, Forward into the Past. Des titres engagés comme Change is Coming ou Parliement of Fools aux chansons à boire (Another drinking song, plutôt évocateur !), toutes les chansons partagent la même fougue et les même parties de violon endiablées. Une surprise tout simplement enchanteresse.

Il est l’heure… La salle est pleine, la foule est en liesse, la tension à son apogée. La musique s’élève doucement et Ensiferum monte sur scène et entame son set avec un nouveau titre For those About to fight for metal, quasiment un hymne à la gloire de ses fans. Les Finnois ont abandonné les armures de cuir pour un style plus… western à en juger le pardessus rapé et les éperons de Markus Toivonen, le guitariste. Certainement un clin d’oeil à Stone Cold Metal !

Ensiferum

Evidemment, la setlist fait la part belle aux titres issus de Two Paths, le nouvel album. Les titres déjà dévoilés sur Youtube sont au rendez-vous : King of Storms, Way of the Warriors, Two Paths et Feast with the Valkyries, la chanson de Netta ! Ces morceaux reflètent le mieux les orientations du groupe (voir l’interview accordée par Netta Skog) : quel plaisir d’entendre un accordéon rivaliser avec les guitares ô combien virtuoses du groupe ! Les refrains chantés en choeur donnent la chair de poule, surtout quand ils sont repris par l’intégralité du public.

Ensiferum Sami

Les anciens morceaux sont bien sûr de la partie et Ensiferum joue toujours une ou deux chansons des deux premiers albums (Treacherous Gods et Tale of Revenge en l’occurence).

Ensiferum NettaEnsiferum batteur

L’ambiance est explosive : les circle pits s’enchaînent et les fans envahissent la scène, au grand désespoir des roadies qui les repoussent gentiment. La force qui unit Ensiferum à son public est palpable : elle est là, partout autour de nous dans cet air chaud et humide qui colle à la peau. Elle se lit sur les visages des musiciens : Netta sautille quelques pas de danse d’une plateforme à l’autre ; Sami, l’impressionnant bassiste du groupe, tape dans les mains tendues, bondit, apostrophe son public et rugit en choeur avec nous.

Ensiferum Sami on fireEnsiferum Markus

Parmi les moments les plus forts de la soirée, les souvenirs de The Longest Journey et de Victory Songs resteront gravés dans les mémoires… Deux morceaux épiques d’une dizaine de minutes qui n’offre aucun repis aux poils dressés de votre échine. Un dernier morceau, le traditionnel Lai Lai Hei de l’album Iron, repris a cappela par le public pour le plus grand plaisir du groupe. Une dernière explosion, une dernière charge et un refrain qui résonnera encore en nous jusqu’au moment de s’effondrer de fatigue dans nos lits.

Ensiferum having fun

Ce dimanche soir, Ensiferum a frappé fort. La tournée ne fait que commencer et la suite s’annonce grandiose. Les nouveaux morceaux dépotent en live et une chose est sûre : Ensiferum s’est taillé une place de choix sur la scène folk et n’est pas prêt de l’abandonner ! Ce n’est pas nous qui allons le regretter.

Victory songs are rising in the night, telling all of their undying strength and might !

Texte : Emiel-Régis

Photo :Fable

Illustration concert Ensiferum

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