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[ Dechronique ] Feed the Machine – Nickelback

Tu te souviens de Nickelback avant qu’ils ne deviennent un running gag ?

C’est bien ce que je pensais. Alors comme il fallait faire une chronique sur leur nouvel album et que ça m’est atterri entre les mains, j’ai décidé de te prendre en otage pour me venger. Laisse-moi te rafraîchir la mémoire, et ne t’inquiète pas (trop), ça va bien se passer.

An de grâce 2001.

Un groupe venu du même pays qu’Alanis Morissette et Neil Young (douce époque où Justin Bieber n’existait pas) débarque dans ton poste, avec son clip en boucle sur M6. Nickelback s’immisce partout, de la radio au centre commercial jusqu’aux sonneries de téléphone en MIDI. Sans oublier les boums, là où tu essaies désespérément d’embrasser Cindy de 5e B sans que vos appareils dentaires ne se coincent ensemble. Silver Side Up marque le passage entre deux mondes. Celui qui avait vécu sans “How You Remind Me” et celui qui ne s’en débarrassera plus jamais.

A l’époque, l’accès à internet s’est démocratisé, et les modems qui crachent parviennent même à télécharger des mp3 (même si Napster a fermé la même année). Les numérisations vont bon train, et quand sort l’album suivant, un petit malin décide de démontrer par l’exemple, qu’en gros, Nickelback s’autoplagie.

 

(Mon détail préféré dans cette histoire, c’est que la somme de ces deux morceaux est souvent perçue comme meilleure que ses parties.)

Le marque de fabrique de Nickelback, du moins pour le public qui n’est pas nécessairement acquis à leur cause, c’est de sortir des albums dont l’écoute ne révolutionne pas l’histoire de la musique. Seulement, chacun contient un voire deux morceaux bien foutus qui restent en tête (généralement contre ta volonté) et se transforment en tubes. Au point que sur les internets (type Wikipedia), tu trouveras bien plus de texte écrit sur la chanson du moment plutôt que sur la totalité de l’album sur lequel elle figure.

Impossible de dater précisément la transformation du groupe en souffre-douleur des internautes (et par extension, des gens avec des oreilles). Pourtant, leurs productions musicales restent à peu près constantes, avec quelques éclairs de génie.

En 2005, sort l’album “All the Right Reasons”, sur lequel figure Side of a Bullet inspiré par la mort de Dimebag Darrell. On y trouve notamment un solo sorti des sessions d’enregistrement de Vulgar Display of Power, offert par Vinnie Paul. Ce n’’est pas la première rencontre entre les deux groupes, déjà amis et fans les uns des autres. Parce que OUAIS, les frangins de Pantera ADOOORENT Nickelback. Et vice versa.

Tu ne t’attendais pas à une image mentale de Dimebag complètement à donf, chantant ça à tue-tête dans sa caisse hein ? A présent, tu ne pourras plus t’en débarrasser.

De rien. Ca me fait plaisir.

Autre pièce à conviction :

Soit Burn it to the ground à l’époque de l’improbabilité capillaire. Qui pose deux questions existentielles capables de m’empêcher de dormir pendant au moins 10mn :

  • … C’est pas trop bien pour du Nickelback ?
  • Il utilise un fer à lisser maintenant ou il en utilisait un à boucler avant ? (La poule ou l’œuf ?)

En résumé, Nickelback c’est ce groupe qu’on adore détester, mais dont on ne peut pas nier connaître au moins une ou deux chansons par cœur. Plus ou moins en cachette. Mais hé, quand vient le moment où quelqu’un les balance en soirée, quiconque a 4 grammes par paupières lâchera ses principes pour beugler. Ça apaise.

Après, j’aime bien prendre la défense des causes perdues (mon côté Sainte-Rita), et j’assume plutôt de leur porter une certaine tendresse. Alors maintenant que les bases sont posées, il va falloir attaquer l’écoute. Tu peux le faire avec moi si ça te chante.

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#1 – Feed the Machine

Ca partait bien, grosses guitares et batterie sympa, mais très vite ça devient un peu quelconque, mou et répétitif. Trop lent aussi. Un peu comme un mariage de parents éloignés quand passé l’apéro, tu réalises qu’ils ne servent que de l’eau à table et qu’ils ont pris le traiteur de chez Flunch pour un repas assis qui va durer 4h50. Pas top, donc.

#2 – Coin for the Ferryman

Le saviez-vous ? Le titre de la chanson fait référence à la mythologie grecque, plus précisément à ses rites funéraires. Le mort était enterré avec une obole dans la bouche, afin de payer son passage à Charon, vieillard menant une barque pour traverser le Styx.

Symboliquement, c’est balèze, vu que le nom du groupe fait lui-même référence à une pièce de monnaie (le Nickel, donc), et que le batteur de Steel Panther s’appelle Stix. Chad Kroeger a participé à un morceau de Steel Panther (Hé ouais, tu t’en doutais pas hein ? Tu n’écouteras plus jamais “It Won’t Suck Itself” de la même façon) CA NE PEUT PAS ÊTRE UNE COÏNCIDENCE !

Ah, et sinon la chanson est pas terrible. La preuve : j’ai eu le temps d’écrire tout ça sans être perturbée ou harponnée par le son.

#3 – Song on Fire

AH PURÉE JE LA RECONNAIS ! C’est la chanson qui est passée jusqu’à 5 fois par jour sur mon Flow Deezer alors que je cliquais sur la petite croix, sous prétexte qu’elle était “sponsorisée”.

C’est moche les gars. MOCHE.

Mais à l’écouter pour la première fois de façon volontaire, c’est pas aussi dramatique que prévu. Bon, ça reste une ballade à grosses guitares, qui n’a pas inventé l’eau tiède, mais ça passe.

#4 – Must Be Nice

Mouais non. Pourtant y’a un chouette break et un solo tout à fait respectable, mais entre le chant saccadé qui donne envie de faire du ballon sauteur en rythme et le coup de pédale saturée sur la voix, c’est un peu too much.

(Note : à ce stade, je suis encore pleine d’espoir. Je veux croire que je ne me suis pas cassée à écrire une intro disant globalement du bien de Nickelback pour les défoncer sur l’album. Ce serait fâcheux.)

#5 – After the Rain

Trop rapide pour danser un slow, pas assez pêchue pour la pratique de l’air guitar. En plus ça a l’air plutôt niais. C’est con, parce qu’ils ont encore un bon sens des mélodies qui s’accrochent au cerveau.

#6 – For the River

Je préfère ne pas en parler. Heureusement, à 3mn28, c’est l’une des plus courtes de l’album.

#7 – Home

Ah. Une ballade, une vraie. L’intro sonne comme si ça allait péter… Et ça pète mais encore trop gentiment. Jusqu’ici, c’est probablement celle que je préfère, mais elle gagnerait à être écoutée en peignoir, avec une photo d’un(e) ex à la main, errant dans un grand appartement vide et de préférence en bordel. Ou bien en pleine nuit devant la porte ouverte d’un frigo vide.

#8 – The Betrayal (Act III)

Pour le coup, l’intro vachement prometteuse n’est pas sans rappeler celle de Blood Brothers (sur un album d’Iron Maiden sorti en 2000, l’année du futur), avant que ça ne parte vers un genre de metalcore. Enfin, je crois. Ca fait environ 4 ans que j’essaie de comprendre la définition du metalcore. Et c’est un échec total, mais je ne baisse pas les bras.

Sinon, malgré ces passages déstabilisants, d’autres styles se percutent dans ce morceau, et ça aide. Plutôt pas trop pourri, donc. Mais pas de quoi se taper l’arrière-train au sol non plus.

#9 – Silent Majority

Bonne intro à bonnes guitares, mélodie simple mais efficace… Le refrain tarde un peu à arriver, mais il fonctionne bien. On tient LA chanson à potentiel tube de l’album. Certes, on a connu plus original et moins niaisou, mais je sens bien qu’elle va me rester dans la tête celle-ci…

Ooooh ! UN PONT ! Y’A UN PONT ! Ils sont pas trop mauvais normalement, mais celui ci est un peu faiblard. Dommage. En soi, une chanson très correcte de Hard FM.

#10 – Every Time We’re Together

C’est mou, c’est mou, mais que c’est mou… Encore une ballade, trop monotone. Bordel Chad, je peux pas prendre ta défense si tu nous sors pas mieux que ça. Le genre de chanson d’amour qu’on a déjà entendue 59 fois rien qu’hier.

#11 – The Betrayal (Act I)

Sortez les luths et les mandolines, l’intro pourrait limite passer dans une chanson de geste médiévale. Le morceau reste instrumental tout du long, et honnêtement, c’est rudement bien ficelé. Il semble étrange qu’il arrive après l’acte III, alors que l’ensemble passe mieux dans l’ordre indiqué. L’acte II n’existe pas, a priori, faudra voir s’ils le sortent sur un autre album. La drogue sans doute.

Conclusion ?

C’était bien la peine que je m’arrache à essayer de réhabiliter Nickelback, tout ça pour qu’ils nous pondent un truc aussi insipide. Comme d’hab hein, il n’est pas fondamentalement mauvais, mais pour le coup, y’a pas un titre pour rattraper les autres.

Pfff… Et meeeeerde.

Texte : Sarah

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