Greg Suké

& Son bordel organisé

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Tu peux nous parler un peu de toi ? 

J’ai 34 ans, originaire de haute Savoie (Annecy). J’ai découvert le tattoo il y a 6 ans, quand je me suis fait faire mon premier à Tattoo, et là, ce fut le coup de cœur intégral pour cet art. Je tatoue, on va dire, vraiment depuis 4 ans et j’ai ouvert mon salon en 2013 à Crest (26). Je l’ai tenu deux ans, ensuite j’ai arrêté de manière à pouvoir être itinérant en France et à l’étranger pour évoluer plus vite et c’est ce qu’il s’est passé. J’ai explosé mon niveau en 2 ans et maintenant je m’éclate comme jamais ! Je vadrouillais déjà beaucoup à gauche et à droite et on va dire que j’ai été connu en premier pour ma désorganisation légendaire (rires), je crois que c’est le côté lunaire des artistes (rires).

 

Quel est l’histoire de ce nom: “Suké” ?

Pour l’histoire de suké, c’est un ami japonais qui ne parlait pas encore anglais et qui pendant 12h de séance, pour mon dragon sur mon bras, ne faisait que me répéter « suké.. suké.. suké…” il m’a fait péter un câble (rires) mais je l’aime ! Et aujourd’hui on en rigole et je trouvais ça marrant pour mon blaze.

Quel a été ton parcours ? Comment es-tu devenu tatoueur ?

J’ai dessiné toute ma vie, ma mère était peintre à Montmartre. Tu sais la belle hippie qui peignait accompagnée de musique telle Aretha Franklin et autre à la belle époque (rires) et je pense qu’elle m’a donné cette fibre… Mon parcours en dessin ? (Rires) Disney, dragon ball, les mangas et les tables d’écoles (rires). Mes collègues hallucinent car je n’ai jamais dessiné de réaliste et c’est encore le cas, je vais direct sur la peau, c’est ce culot qui me fais avancer.

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Une question que j’aime bien poser en général : Comment s’est passé, pour toi,  la transition du dessin au support de la peau ?

Alors là transition dessin à la peau… (Rires) !! L’horreur ! Je suis phobique des aiguilles, du sang, et suis un grand empathique et sensible ! Tout pour être tatoueur hein? (Rires)
Alors comme beaucoup, j’ai acheté la fameuse mallette de merde etc… je suis autodidacte et me suis entraîné sur peaux de cochon jusqu’au jour ou une amie m’a dit : « je veux une tête de cheval en tribal… » Et là, ce fut un sketch (rires). Mais voilà, je l’ai réalisé et ce fameux moment où elle arriva devant le miroir avec cette exaltation me fit comprendre que j’étais fais pour ça !!

Entre le réalisme, le style graphique l’ornemental, le dot, comment tu définirais ton style ? Et est-ce qu’on peut réellement dire que tu as un style en particulier d’ailleurs ?

On va dire que je me cherche encore, je dirais bordel organisé (rires), graphique réaliste ou ornemental réaliste, je ne sais trop. Mais avant tout je me considère comme polyvalent, pour moi un tatoueur se doit de savoir tout faire et après trouvera une ou des spécialités.

Par quel style de tattoo tu as commencé?

J’ai commencé comme beaucoup avec les signes d’infini, envolés d’oiseaux et autres Tattoo tellement doués de signification …. (Rires

 

Où vas-tu puiser ton inspiration ?

Je pense que mon esprit complètement barré et de tous les univers différents que j’affectionne tant comme Burton, Miyazaki, Dali, Escher, ma culture geek et j’en passe… Ont fait que j’en suis là je pense. Ce qui est juste génial par contre c’est que je n’ai jamais connu la fameuse page blanche, trop d’idées à la seconde, ça va avec le personnage (rire). Je suis tombé dans la marmite de RedBull étant petit (rire).

 

Y a-t-il des artistes dont tu t’inspire ?

Oui ! Surtout un en particulier Jay freestyle qui, pour moi, est le seul gars qui peut tout mélanger comme style et au final c’est toujours un résultat de malade.
Et le deuxième artiste c’est Fabien Belveze, qui est devenu un ami en me faisant une de mes pièces il y a 4ans et quelques, un homme d’exception comme il ne s’en fait plus dans notre milieu assez complexe, on va parler gentiment aujourd’hui. Et je le considère comme un mentor un peu.

 

Comment tu définirais ta technique ? On voit que tu travailles pas mal des compos de plusieurs styles, le collage…

On va dire que je suis un as du patchwork (rires), de la compo improvisée et j’ai répondu déjà au fait que j’utilise plusieurs styles différents.

 

Et quand tu mets de la couleur ce sont des pigments plutôt ternes, est-ce un choix ?

J’adore la couleur mais on m’en demande pas beaucoup, enfin ça commence à arriver, sinon j’aime… non, j’adore le rouge ! Le noir et le rouge s’allient tellement bien ensemble je trouve, je pense que c’est mon attrait pour le traditionnel japonais.

Les projets que tu tatoues, sont la plupart du temps des projets clients ?

La plupart de mes projets maintenant sont des cartes blanches, car les clients ont confiance Après, j’aime quand ils me donnent une direction mais pas plus car après en général, quand il y a trop d’impératif, pour un tatoueur, il ne peut pas se lâcher vraiment… Maintenant les gens me dise l’emplacement et je parle avec eux, car je suis quelqu’un qui marche au feeling et je vais réaliser la pièce en fonction du client, ça c’est extra ! Et je ne montre jamais le dessin final, mais le calque que je vais utiliser, donc ça sera la surprise. Et pour être honnête, même moi, je ne sais pas, la plupart du temps, à quoi la pièce va ressembler. Car j’improvise beaucoup, ma marque de fabrique(rires).

Est-ce que tu as une anecdote sur une pièce qui t’as marqué ?

La plus belle anecdote que je retiens c’est celle où j’ai fait le portrait réaliste d’une geisha en mode zombie dark à un ami tatoueur à Grenoble, de La Cuisine Du Diable. On se fait une soirée dans son Shop où j’ai acheté deux plateaux de sushi, bouteilles de Nikka japonais, les filles sont parties et nous ont laissé et un moment. Je regarde mon pote en lui disant : « bon allez on se fait la geisha !», on était tous les deux à quatre pattes, à monter les escaliers, on va préparer le plan de travail et je lui fais le tatouage. Au moment du réveil le lendemain matin Je cours vers lui en demandant de me le montrer, car je ne m’en souvenais plus et là… Surprise ! J’adorais ce que je lui avais fait et là on s’est pris un fou rire gigantesque. Je vais passer toute les autres anecdotes car il y en a beaucoup dans ce style. C’est ça qui fait qu’on est artiste et artiste de cœur avant tout.

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Un grand merci Greg pour m’avoir accordé de ton temps, et on te souhaite une bonne continuation pour la suite !

Texte : Lëaa

Photos : Greg Suké

 

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