CARTE BLANCHE ASIA ARGENTO – SALÒ – 07/07/17

Ce soir l’aventure Salò présentait sa dernière session alors que c’était  une premier pour nous. La boite éphémère de l’alternatif et des contre-courants invitait Asia Argento pour une carte blanche de clôture de la série. Des beaux noms ont défilés au cours de la saison et le concept dans son ensemble se voulait intéressant et intriguant. Du coup la progéniture du maitre du Giallo, diva sulfureuse et artiste libre , était donc le parfait dénouement pour le Salò qui a refermé ses portes pour la dernière le 8 juillet dernier.

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Le projet est né sur les cendres du Social Club, lieu très prisé des nuits parisiennes jusqu’en 2014. En référence à l’oeuvre de Pier Paolo Pasolini, le lieu est un club artistique dédié, dans un temps éphémère, aux mouvements alternatifs attachés aux principes d’indépendance et de libre expression à travers des résidences d’artistes de touts bords. Une carte blanche sur quelques jours était donné à un artiste qui allait de Michel Gondry à Bianca Li en passant par Thomas Jolly, Abel Ferrera, Marie-Agnes Gillot et j’en passe. Pendant 9 mois, 31 résidences ont apportés un certain souffle aux nuits parisiennes dans un esprit plus alternatif, proteiforme et libre. Pari réussi ? La question se pose mais à en juger l’attente et la foule pour cette dernière en compagnie de la  divine Asia et bien les parisien(ne)s sont  au rendez vous !

Eloigné de ces soirées de clubbers sans âmes, la programmation pointue en appelle aux amoureux du non conventionnel, de l’underground et de la contre-culture, de ces arts qui offrent un véritable espace de liberté. Asia Argento à esprit rock n’ roll était l’artiste parfaite pour cette dernière carte blanche artistique. On peut dire que le programme concocté par ses soins donnait envie et la découverte ne pouvait que multiplier cette curiosité.

Ce vendredi soir, ambiance de canicule, la chaleur parisienne est a son comble , l’entrée du club présente une mixité presque sociale entre les « clubbers » de la fin de semaine sans intérêts autre que soi même, et les habitués de la programmation du lieu, amoureux des Arts, curieux et cinéphiles mais aussi personnalités des lieux de culture plus établis et classiques.

 

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Passé les formalités on retrouve rapidement les détails de ces clubs parisiens qui nous rappelle à la réalité, 6 euros le vestiaire et 7 euros la 33cl, paye ton underground.… Le lieu dégage quand à lui une atmosphère avec quelques effets de lieux désaffectés, tuyaux apparents, murs brut en travaux. C’est dans la chaleur de la nuit et la suffocation de cette ancienne imprimerie au squelette métallique que cette audience assez disparate s’est donc donnée rendez vous dans ce laboratoire d’expérimentations artistiques investit par  l’esprit et les vibrations artistiques d’Asia Argento. Les photos de Jacopo Benassi recouvrent les murs quand ce ne sont pas ces vidéos disséminés dans le club entre  ces oeuvres expérimentales qui nous accueillent sur un mur d’écrans et extraits de films du muet au plus moderne. Asia est présente partout, dans les choix, les vidéos, les mis en scène par Benassi on baigne presque dans ce monde trash et rock n’ roll et même cette lumière blafarde aux tons rouge et sombre s’ajoutent à l’ambiance. C’est un peu cet esprit de liberté sans tabous et trash  qu’est le sien.

 

Côté performances, Virginie Despentes et Betatrice Dalle seront malheureusement absentes ce soir, pour raisons inconnues. Mais on retrouvera aussi le sulfureux Gaspard Noe et Bertrand Bonello présents en amis sur les 3 jours et la soirée s’ouvrait avec une performance du grand Joe Coleman magnétique et enivrant. La directrice artistique de la soirée allait suivre et c’est une Asia hypnotisante, seule, berçant de cette voix aux tonalités légèrement graves. L’artiste italienne a ce magnétisme troublant si particulier qu’on oubliera pas. L’intérêt de cette soirée réside clairement dans le choix de ces artistes invités et même en musique on se retrouve déstabilisé avec pop électro avec The Penelopes, Verdade, Lydia Lunch et même Matt Skiba la veille, Asia et sa formation rock électro ou bien cette fin de nuit bercé par les DJ et la diva de la soirée.

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Le hic restera dans l’ambiance qui, quand à elle, reste très parisienne dans ses défauts.  Le naturel revient au galop mais les amoureux de l’Art sont bel et bien présents et les discussions passionnées et vite enivrées prennent vite le dessus face à la fadeur de certains propos devant les oeuvres d’Akira Saito ou le manque de respect pendant la performance de Coleman.

Cette dernière session rassemblait donc autour d’Asia une multitude d’artistes aux noms évocateurs pour les amoureux du subversif, des univers personnels et à contre courant. Bref, c’était un programme riche et chargé, complété par les performances bondage d’Aloyss Manhess, la présence d’Akira Saito , tatoueur des oeuvres corporelles de la diva,  dans son petit salon de tatouage aquarium. Le Salò était à l’image de l’italienne trash pendant ces 3 derniers jours. Un enchevêtrement de genres et de gens.

C’est un peu pour tout ça que le projet se voulait éphémère car quand l’alternatif perd de sa liberté pour être repris par tous en rentrant dans le conventionnel, l’habituel et l’établi, le but premier perd tout son sens.

Le projet est une réussite dans son idée et ses résidences d’artistes éclectiques à l’univers bien marqués. On en a besoin. On a envie d’un lieu comme celui la et qui assume pleinement son choix en allant jusqu’au bout de ses idées. Paris peut être cette place des contre cultures.

 

Texte: Anthony

 

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