Danzig – Black Laden Crown

Décidément, ce bon vieux routier du punk rock d’outre-Atlantique qu’est Glenn Danzig ne compte pas rendre les armes ! Du haut de ses 62 ans cette année, il garde toujours une pêche d’enfer et une foi indéfectible pour le métal bien lourd. Après avoir reformé les Misfits l’an dernier dans sa configuration initiale avec quelques concerts exceptionnels à la clé, il vient de sortir un nouvel album, Black Laden Crown, seulement deux ans après Skeletons (2015).

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Comme le laissait présager la très grand-guignolesque pochette de cette nouvelle galette, Black Laden Crown est un album surprenant avec un son heavy-thrash qui tranche pas mal avec les premières productions de Danzig dont la musique faisait surtout penser à du Doors de la grande époque passé à la moulinette du heavy metal. La voix d’outre-tombe de Glenn est en parfaite harmonie avec les compositions d’une noirceur abyssale de ce nouveau disque. Si certains titres comme « Last Ride » ou « The Witching Hour » (référence à un célèbre titre de Venom ?) ou « Pull the sun » évoquent le Danzig des années 90 (celui de la célèbre chanson « Mother », hit incontournable des nineties qui a bercé mon adolescence), le reste de l’album sonne beaucoup plus heavy voire carrément doom par moments avec des riffs lourds et thrashisants évoquant le Slayer de l’époque Seasons of the abyss ou encore du Pantera. C’est notamment le cas sur des titres comme « But a nightmare », « Devil Hwy9 », ou « Blackness falls ». Le tout sonne très mid-tempo avec un son très monolithique malgré quelques solos de qualité qui apportent un peu d’air frais à ce disque comme dans la chanson « Skulls & Daisies » ou sur le titre « Eyes ripping fire ». Certes, ce onzième album de Danzig est loin d’être le meilleur de la discographie de la bande à Glenn. En effet, la principale ombre au tableau est sa production qui laisse franchement à désirer et qui est même indigne d’un groupe de cette envergure. On se demande d’ailleurs comment une formation aussi professionnelle que Danzig a fait pour avoir un aussi faiblard et approximatif digne d’une démo d’un obscur groupe de true black métal du Kazakhstan ou de l’enregistrement d’une répétition ! II faut même pousser les amplis à fond pour profiter un tant soit peu de la musique. De même, si elle est toujours reconnaissable et n’a pas perdu de son timbre si ensorcelant qu’on lui connait, la voix ultra-mixée de Glenn Danzig semble poussive comme si le front-man historique des Misfits avait décidé pour cette fois-ci de se reposer sur les lauriers et de laisser ses musiciens prendre les choses en main ! Même l’artwork (représentant une sorcière gothique tenant des flammes dans le creux de ses mains) de cet album ne semble pas à la mesure du groupe qui nous avait habitué à mieux (voire beaucoup mieux) par le passé. On pense notamment à la pochette du troisième album, « Danzig III : How the gods kill », qui avait été réalisé par le très grand Hans Rudi Giger, le célébrissime (et feu) créateur d’Alien. Au final, « Black Laden Crown » demeure un bon album devant l’éternel et satisfera malgré tout les fans de Danzig même si l’on déplore que la qualité de la production ne soit pas au rendez-vous et qu’il y ait un air de déjà vu dans ses compositions assez classiques !

DanzigBlack Laden Crown sortie le 26 Mai 2017 chez AFM Records

Texte : Mathieu Bollon

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