Mastodon – Emperor of sand

 

Si le nom de Mastodon rimait avec lourdeur, puissance et agressivité à ses débuts (notamment sur l’album Leviathan en 2004), ce n’est hélas plus forcément le cas aujourd’hui. En effet, le groupe a considérablement ralenti le tempo par rapport à son époque sludge à 100%. Avec Emperor of sand, Mastodon renoue avec la tradition des albums-concepts en narrant l’histoire d’un vagabond ayant reçu une sentence de mort et condamné à errer dans le désert et obligé de lutter contre les maléfices de l’empereur des sables (d’où le titre de l’album). A la fois rock, heavy et psychédélique, ce nouvel opus est difficile à appréhender pour l’auditeur moyen. Il faut en effet plusieurs écoutes pour vraiment plonger dedans et en apprécier la substantifique moelle.

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En accord avec le concept du disque, il y a quelque chose d’épique dans les sons du dernier né de Mastodon. Progressif dans sa structure, Emperor of sand est à la fois heavy, complexe et carrément planant, les titres oscillant entre riffs acérés et arrangements prog/heavy. Septième album studio des américains, ce dernier est assez proche d’un de ses prédécesseurs, Crack the skye (2009). Il faut dire que les musiciens de Mastodon ont fait appel au même producteur qu’il y a 8 ans, Brendan O’Brien. Le force de ce nouvel opus est son extraordinaire diversité : Des morceaux rentre-dedans comme « Show yourself » ou « Precious stones » alternent avec des titres plus rock comme « Steambreather », « Roots remain » ou « Andromeda » qui rappellent le stoner rock des Queens of the stone Age mais aussi progressifs comme « Word to the wise » ou « Clandestinity ».

Enfin, l’ultime titre de l’album, « Jaguar God », alterne rythmiques rock, passages planants et accélérations fulgurantes dans la plus pure tradition sludge psychédélique, le tout agrémenté de soli heavy extrêmement techniques et virtuoses. Enfin, un titre halluciné comme « Scorpion breath » a une dimension quasi envoûtante, la voix de Troy Sanders ayant capacité à nous transporter par sa force onirique.

A l’instar de groupes comme Baroness ou Kylesa, Mastodon a mis du rock dans son sludge avec le temps et rendu sa musique accessible au plus grand nombre en mettant un peu de ses précédents albums dans celui-ci et en mixant le tout ! Ce changement de cap, déjà amorcé depuis quelques années, déplaira sans doute aux puristes ne jurant que par leurs premiers albums (en particulier leur premier opus radical « Remission » sorti en 2002) mais devrait permettre au groupe d’intéresser un public plus « mainstream ».  En tout cas, le groupe suit une évolution logique depuis l’incontournable « Blood mountain » (2006), conservant son identité et démontrant que l’on peut ralentir le tempo sans se trahir.

Pour conclure, on peut dire que Emperor of sand est l’album de la maturité pour Mastodon, aussi riche que complexe, bénéficiant d’une excellente production et d’un artwork d’une qualité rare. Si vous n’avez pas eu le temps de jeter une oreille sur la musique de Mastodon, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Enfin, pour information, vous avez toujours la possibilité de découvrir le groupe sur scène ce mois-ci puisqu’il est à l’affiche du Dowload Festival à Brétigny sur Orge du 9 au 11 juin prochains. Mastodon est plus que jamais un groupe de métal original et plus que jamais prometteur !

Mastodon, Emperor of sand, sortie le 31 mars 2017 chez Reprise Records

Texte : Mathieu

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