TAGADA JONES – LA PESTE ET LE CHOLERA

En ces temps difficiles et tourmentés c’est le devoir de  la musique d’être porteur d’un message de vérité, d’un esprit de rébellion. Les temps sont durs et les jeunes groupes timorés et dénués de cette flamme dont la scène alternative française a toujours le flambeau. Mais on peut toujours compté sur ces groupes encore là et toujours aussi enragés. No One Is innocent, Lofofora et surtout Tagada Jones qui revient aujourd’hui avec 9eme album, le bien nommé La Peste & Le Cholera, plus énervé que jamais, et il en faut !

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On les avait laissé avec Dissident sorti en 2014 et une tournée monstre qui avait suivi jusqu’en 2016. Un album brûlant et engagé, c’est une chose qui ne fait jamais défaut avec Tagada Jones et La Peste et Le Choléra reprend là ou Dissident nous avait laissé. Dans un état de fait encore plus déplorable avec une France gangrenée, un peuple abandonné et un engagement de plus en plus timoré. Tagada Jones se fait la voix de la raison et c’est cette conscience qui te parle dans le creux de l’oreille avant de t’en claquer une qui réveille bien comme ils savent toujours aussi bien le faire. Dissident se voulait être une prise de conscience avant qu’il ne soit trop tard, La Peste Et Le Cholera est quand à lui plus frontal et virulent car ce n’est que comme ça que les choses bougent. 25 ans a remuer dans les brancards et on ne les avait jamais vu aussi énervés et consternés.

On rentre dans un grand bouleversement et c’est avec le titre “Vendredi 13” que l’album s’ouvre, des choeurs forts et fraternels sur ce jour qui reste gravé dans les mémoires. Un titre fort qui fait écho au titre “Je Suis Démocratie” aussi présent dans l’album, dans un but plus positif mais à la même portée, et qui à eux deux donnent le ton général. Encore plus fort et engagé, sans diversions et en toute honnêteté, c’est le credo de Tagada Jones. Entre les tragiques événements, du terrorisme qui ont touchés la France mais aussi les profiteurs de la peur et de la haine en passant par les abus et “foutages” de gueules concrets des politiciens, il y a matière et Niko ne s’empêche pas de taper et il a bien raison.

Premier extrait et éponyme, “La Peste et le Choléra”, une grosse rythmique et un riff énervé, court pour un triste bilan du monde actuel. C’est désolant et rageant mais il faut serrer les rangs face à ça en disant tout haut ce que certains n’osent même pas aborder… Tout le monde en prend concrètement pour son grade « Pertes et Fracas », « Envers et contre tous », « Guns » , « Le monde tourne à l’envers ». Quand Dissident calmait un peu la chose à certains moments, La Peste & Le Choléra en rajoute et se veut encore plus énervé et il y a de quoi !

« Mort aux Cons » tape là ou ça fait mal («  où sont passés les camarades ? ») face au populisme haineux de la pieuvre grandissante du FN qui est sortie de l’ombre sans inquiétudes. Des chœurs à la flamme brûlante qu’on retrouve tout au long de l’album et sont là pour en découdre, un titre qui devrait foute un coup d pied au cul à plus d’uns. Clairement un « Porcherie » de 2017.

« Narcissique » c’est un constat sur le Connard d’aujourd’hui qui n’a pas encore compris ce que c’était l’humanité et l’égalité. Au cours de ces 12 titres, le rythme et le ton ne faiblissent pas un instant, dans le but de bouger les lignes et avec cet espoir de meilleur sur « Pas de Futur ». Un titre musicalement plus punk positif qui ressort de cette ligne énervée et rageuse. Mais même quand on fait un bilan de ce monde d’aujourd’hui on garde toujours un espoir que le l’homme ne soit pas complètement asservi et une once d’empathie et de justice est encore présente en lui avant d’atteindre « Le Point de Non retour », un dernier titre en guise d’avertissement qui conclue parfaitement cet album, une touche plus sombre, mélancolique mais tout de même avec un infime espoir de renouveau.

La Peste & le Choléra est clairement un album à balancer dans la gueule de certains, il est marqué par le contexte actuel et balance 12 titres bien brûlants qui pour moi donnent le meilleur de Tagada Jones. L’engagement n’est pas l’affaire de tous et heureusement qu’ils sont toujours là. La jeunesse a du pain sur la planche pour arriver au niveau de ces gars qui ne lâcheront pas l’affaire d’ici là ! Le raz le bol est général et La Peste et Le Choléra en est tout simplement la bande originale. Quand à toi si tu veux te réveiller un peu c’est par ici que ça se passe mais si tu préfères continuer à faire l’autruche et écouter tes groupes en cartons, vas y , mais viens pas chialer demain ….

Tagada Jones, La Peste et le Cholera, At(h)ome, sortie le  03/03/17

Texte : Anthony

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