Rencontre avec Fetus et Bausson d’Ultra Vomit

Chez The Unchained, on trouve qu’on ne vous a pas du tout assez parlé du dernier album d’Ultra Vomit, Panzer Surprise, ces dernières semaines. Du coup, pour y remédier, nous sommes allés rencontrer Nico « Fetus » (guitare, chant) et Matthieu « Bausson » (basse) au Hard Rock Café où ils étaient en promo pour la journée. Ça a souvent dévié, et on s’est fait rouspéter parce qu’on était presque parti pour les monopoliser toute la soirée. Retranscription presque fidèle d’une presque courte interview.

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Nous allons commencer par les choses qui fâchent, histoire de donner un peu le ton. Votre dernier album est sorti en 2008. Pourquoi 9 ans entre ces deux disques ?

Matthieu : On nous l’a jamais demandé ! (rires)

Nico : Il y a plusieurs degrés de réponse en fait. Il y en a une qui est certaine : tu connais le film « Interstellar » ? On est arrivé pas loin d’un petit trou noir tu vois ! On s’est fait happé, et puis on est ressorti… Mais ça va, 9 ans ce n’est pas si mal, ça aurait pu être pire ! Ça c’est une réponse …

Matthieu : Deuxième réponse !

Nico : Après il y a la vraie réponse !

Matthieu : La vraie, c’est que je devais passer mon brevet des collèges, ils devaient m’attendre en fait ! (rires)

Nico : Je lui ai dit : « Je veux bien, on fait ce que tu veux, je sais que t’es très impatient de tourner, mais tu passes ton brevet et ton bac d’abord ». Et puis ensuite vient la vraie version ! (rires)

Demain on y est encore en fait !

Nico : Comme dirait mon idole Fabien Le Floch, du groupe Ultra Vomit : « Pas d’idée, pas d’album ». Et franchement, j’avoue qu’à un moment on s’est retrouvé dans une situation un peu compliquée. On s’est dit que là on avait tout mis, tous les concepts qu’on avait depuis cinq ans. Et honnêtement, ça a été chaud, on s’est demandé ce qu’on pouvait dire de plus dans ce style-là.

Donc panne d’inspiration en fait.

Nico : Ouais panne d’inspiration, on avait tout mis et on ne savait pas comment refaire un truc aussi complexe. Et puis on n’avait pas envie de faire un truc au bout de deux ans moins abouti. On avait une certaine pression de la part du label et du tourneur, qui nous disaient : « Non mais là faut y aller vraiment, moi je vous le dis, je connais le business, et c’est maintenant, c’est now ! Deux ans après, sinon les gens vont vous oublier ». Dans un coin de tête, j’avais un côté un petit peu « je m’en branle », enfin je me disais « bah oui mais non, peut-être qu’ils oublieront, mais nous, on ne voudrait pas faire un truc qu’on n’assume pas à 100% ». Au final, même quand on a re-tourné cinq ans après, les gens étaient toujours là pour écouter ces morceaux-là, qui ont bien vieilli selon moi. Faut faire le truc quand t’es sûr que t’as envie de le faire.

Et puis il y avait ton projet, Andréas et Nicolas !

Nico : Oui ça c’est important aussi de le dire ! Du coup, on s’est retrouvé à faire des trucs chacun de notre côté, et forcément… Je ne peux pas dire qu’Andréas et Nicolas a bloqué Ultra, parce que c’est pas comme ça que moi je le vois, par contre forcément, vu qu’on avait des trucs à faire, j’y suis allé à fond. J’ai fait ça à fond pendant un moment, et du coup c’est sûr que j’avais moins la tête à faire des trucs pour Ultra, même si j’y pensais.

Vous avez mis de suite l’intégralité de Panzer Surprise en libre streaming sur YouTube : est-ce que ce n’est pas prendre le risque de vendre moins ?

Nico : Euh… oui ! (rires) En fait, on a fait ça en accord avec notre label. A une époque où tout de toute façon va se retrouver sur YouTube, où tout va être leaké, pourquoi pas prendre les devants avec notre concept à nous de lyrics videos ? Parce que sur l’album d’avant, tu tapes « Boulangerie Pâtisserie », tu vas tomber sur une vidéo mise en ligne par un petit fanatique il y a cinq ans, et du coup…

Matthieu : Dont mon meilleur pote ! (rires)

Nico : C’est vrai ça !

Matthieu : Il a fait pas mal de vues mais il ne l’a pas monétisée donc bon…

Nico : Peu importe, c’est le principe. On s’est fait niquer comme ça avec une vidéo des canards, c’était un autre mec qui l’avait postée, il avait un truc du genre 1 500 000 vues, mais du jour au lendemain il l’a virée pour je-ne-sais-quelle raison, ce n’est pas nous qui l’avions demandé mais peut-être YouTube à cause des droits d’auteur. Et c’est con, parce qu’au final on avait quand même une vidéo à presque 2 millions de vues. Mais là on ne l’a plus, du coup on a mis en ligne nos vidéos direct. Et puis pour nous c’est un outil cool : déjà moi je n’ai plus le réflexe d’écouter des CDs, donc quand je suis là « Merde, c’était quoi le riff déjà ? », YouTube ! On m’a grillé déjà comme ça ! « Qu’est-ce que t’écoutes ? – Bah je suis sur YouTube, j’écoute mon album » (rires). Grâce à ça, moi je l’écoute, donc si ça peut permettre aux gens de l’écouter plus… Ce qui compte ce n’est pas les ventes, tout ça, ça découle de tout le reste. Quand quelqu’un en soirée va mettre ça sur YouTube gratos, les gens vont dire « Putain c’est énorme ce truc ! », donc peut-être que ça fera une vente, peut-être que ça fera un mec qui viendra en concert, et le mec qui vient en concert, bah peut-être qu’il va acheter l’album.

Et Spotify ? Deezer ?

Nico : Ouais c’est dessus aussi. Quand tu vois que sur ces trucs-là il te suffit d’avoir un abonnement pour avoir tous tes albums gratos, la vente d’un album ça ne représente plus la même chose qu’il y a quelques années. Pour moi c’est une bonne stratégie de faire ça.

Vous avez rejoint Verycords : vous laissent-ils une totale liberté ou vous surveillent-ils de prêt pour être sûrs que vous n’allez pas trop loin ?

Nico : Et bien, franchement, on a une grande liberté de mouvements. J’avais un petit peu peur sur certains trucs, si ça se trouve ils vont dire que ça ne passe pas, ou que c’est trop risqué en termes de droits d’auteur. Et en fait non, rien ne nous a été refusé. Pas comme à l’époque d’Objectif : Thunes.

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Ah ouais ?

Nico : En fait c’est énorme ! On avait été voir un éditeur d’Universal, avec lequel on n’a même pas signé au final. Le mec nous dit : « Moi je suis pas mal motivé, mais il y a des trucs, ça passe pas ». Genre la chanson « Je Possède Un Cousin » … (rires)

Matthieu : C’est la meilleure !

Nico : Ouais c’est la meilleure, je suis assez d’accord. Mais du coup, il disait « Non là, c’est quand-même compliqué de mettre ces paroles-là ». Donc j’ai réfléchi, et j’ai trouvé la parade de mettre dans les paroles de l’album… En fait il voulait qu’on bipe la chanson, et à cette époque-là je prenais ça au sérieux parce que je me disais qu’on allait signer avec ce mec-là. Mais je trouvais que c’était chiant, surtout qu’il aurait fallu refait une prise de studio. Donc dans les paroles j’avais marqué « dans la mousse d’un bon bain », tranquillement (rires) ! Dans les commentaires YouTube, c’était trop marrant : « C’est bizarre j’entends pas ça moi, t’es sûr qu’il dit ça ? Ah c’est dans les paroles ? C’est bon ok, cool ! » (rires). C’était énorme. Mais là il n’y a pas eu de trucs comme ça. De toute façon, c’est moins violent là ?

Matthieu : Ah c’est carrément moins violent !

Du coup pourquoi le titre “Panzer Surprise” ? Vous vous les geliez en blouses d’hôpital et vous vouliez changer d’univers scénique ?

Nico : Ah ouais les blouses d’hôpital ! Alors en fait faut savoir que ça été trouvé par le fameux Andréas Martin, le mec des canards. C’est lui qui a trouvé le titre dans le camion. On cherchait, on faisait du brainstorming, et c’est lui qui a trouvé le titre. Ça a commencé en répèt’ avec le fameux riff de dessin animé (il chante le générique des Looney Tunes), qui est sorti comme ça en pure impro. Après on a commencé à jouer dessus et on s’est dit que ça ne serait pas mal en intro avec les petits Looney Tunes qui partent et qui se font détruire par la puissance du metal ! On avait une autre idée d’intro qui se rapprochait trop de celle d’Objectif : Thunes, donc ça tombait bien.

Matthieu : Et c’est après ce morceau-là qu’est né le visuel.

Nico : Voilà, on s’est dit qu’on allait décliner le truc avec le visuel des Toons. On a trouvé un mec qui a déchiré au dessin, du coup ça a entériné le truc. Et Panzer Surprise, c’est venu encore après, parce que là on n’avait pas encore trouvé le titre. On voulait faire un jeu de mot avec « That’s all folks ! », mais on ne trouvait pas de truc cool, et c’est lui qui a trouvé ça, culture Kinder Surprise quoi ! Sur le moment je n’étais pas broyé, et puis au final je trouve que ça marche bien. C’est assez violent, et en même temps on dirait un titre de cartoon.

Et du coup vous n’avez pas eu de problèmes avec le détournement de l’imagerie des Looney Tunes ?

Matthieu : C’est comme Calojero, on s’est un peu planqué quoi !

Nico : On pourrait avoir des problèmes quand-même. Avec Andréas et Nicolas, on a fait pire, on a repris carrément les personnages de Mario et Luigi sur une pochette d’album. Ça on a eu un petit peu peur que ça nous retombe sur la gueule, et puis finalement rien. Donc je me dis que peut-être il y a des plus gros poissons à chopper avant nous.

Ça tombe bien que vous parliez de Calojero. « Calojira » est géniale, savez-vous si les Gojira l’ont écoutée, et qu’en ont-ils pensé ?

Nico : Ça on le sait de source sûre !

Matthieu : Ils l’ont publiée !

Nico : Oui ils l’ont publiée sur leur page Facebook, et ça c’était très cool. On est assez proche d’eux parce que notre ex-technicien lumière bosse maintenant avec Gojira. Donc on a des nouvelles régulièrement. Donc oui ils la connaissaient déjà, ils l’ont découverte version album. Mais oui ils ont aimé. Eux en tous cas il n’y aura pas de problèmes avec eux ! (rires) Calojero peut-être ceci dit ! C’est plus chaud, parce qu’on reprend vraiment le texte, donc c’est un truc sur lequel on peut se faire niquer. Ceci dit, on n’a pas dit que c’est nous qui l’avions écrite non plus.

Matthieu : On l’a crédité sur l’album aussi. Ça ne veut rien dire ceci dit.

Nico : Honnêtement, il pourrait toujours faire chier, c’est évident. Mais je sais qu’il a récemment eu des problèmes de plagiat.

Matthieu : Donc est-ce qu’il se risquerait à un procès ? (rires)

Nico : Peut-être que maintenant il a la haine et qu’il se dit que c’est à lui de faire chier les autres !

Et du coup, est-ce qu’un jour on pourrait s’attendre à un album entier de reprise de pop, dans le même genre ?

Nico : On y avait pensé avec Manard au chant ! (rires) En fait, les « minutes Manard » qu’on faisait en concert c’était ça, il vient, pendant une minute on joue un truc, il se met au chant, et on faisait des reprises de truc de pop, genre Lady Gaga, Lio, et ça c’est énorme ! Ça marche bien en plus ! Donc on y avait pensé, mais je ne sais pas si ça serait très crédible, de faire un album que de Manard tu vois … (rires)

Lui il serait content !

Matthieu : Je trouverais ça marrant moi !

Nico : Ceci dit, ouais, l’idée de faire que des reprises comme ça, enfin je ne me suis jamais vraiment posé la question, parce que déjà on est borderline avec ce truc-là, au niveau des droits et tout, donc si on fait ça on va se faire allumer je pense.

Et du coup, le grind, c’est relou au final ?

Nico : « La Ch’nille », c’est du pur grind !

Oui mais plus autant qu’avant !

Nico : Oui mais comme dirait Manard : « La flemme au bout d’un moment ! » Attends, la flemme ! La double et les blasts ! Ce n’est pas toi qui joues la double et les blasts ! Ce n’est pas toi qui fais les pic-squeezes ! Mais de toute façon, c’est pareil, on a été tellement loin sur Monsieur Patate, au niveau de la violence, que le défi a été relevé. Maintenant faire un truc plus violent que ça, ce n’est pas possible.

Matthieu : Je ne l’ai même pas écouté en entier, c’est pour dire ! (rires)

Mais non ! En plus c’était assez novateur à l’époque, même s’il y avait aussi Gronibard…

Nico : Ah ouais les Gronib’ ! C’était excellent. D’ailleurs ils nous avaient humiliés, enfin ce n’était pas volontaire. On devait jouer chez eux, dans le Nord, à Lille. Et ils nous avaient dit « Non mais les gars, c’est vous les invités, vous jouez en dernier, on ne veut pas le savoir », ils nous avaient trop bien reçus quoi ! Sauf qu’en fait, la tête d’affiche, bah non quoi ! (rires) Il y avait tout ce qu’il fallait pour nous manger : du matos dix fois mieux que nous et des skills supérieurs. Donc nous, on arrive après ça, on se fait « Ça va être chaud là ! ». Et en plus ils sont à domicile avec leur public ! (rires) Et nous on passe après, on fait Captain Igloo (il chante). Ça a été vraiment un concert difficile. On s’est fait atomiser.

Et du coup Matthieu, comment tu t’es retrouvé dans le groupe au final ?

Matthieu : Bah en passant mon brevet des collèges, j’ai croisé le petit frère de Nico (rires). Non en fait j’ai intégré, après moult auditions, Rage Against The Peppers [groupe nantais tribute à Rage Against The Machine et Red Hot Chili Peppers, ndlr]. Le groupe d’Andréas Martin au chant, et il y avait aussi Manard dedans. Du coup, par ce groupe-là j’ai pu rencontrer Nico et Fab. Et pareil, j’ai passé des auditions il y a deux ans.

Nico : Après il a fait partie d’une short-list, elle était short la liste ! Ça s’est fait relativement vite, tu n’as pas eu à faire deux auditions !

Matthieu : Si !

Nico : Non !

Matthieu : Bah si, parce qu’il y en a eu une dont je me suis fait évincé. Et puis vous m’avez demandé de revenir quelques jours après.

Nico : Sérieux ?!?!

Matthieu : Bah oui, tu m’avais eu au téléphone, tu m’avais dit « Ça manque un petit peu de dextérité au médiator », ce que je comprenais carrément. Parce que moi à la base je suis un bassiste au doigt, je slappe et tout, pas au médiator. Donc ils m’ont dit qu’ils cherchaient plutôt un bassiste au médiator.

Nico : C’est vrai ça !

Matthieu : Finalement, pour la deuxième audition je m’étais entraîné un peu, et puis ça l’a fait.

Et du coup t’as participé un peu à l’écriture, ou tout était déjà fait ?

Matthieu : Aux arrangements plus, mais à l’écriture pas vraiment. Je donnais mon avis.

Nico : Tout n’était pas fait du tout quand t’es arrivé. Il y a plein de compos importantes qui sont arrivées dans les derniers mois en fait. Au moment où j’ai dit « C’est bon, on part en studio », je n’aurais jamais dit ça s’il n’y avait pas une base sérieuse, mais je flippais, parce que je trouvais qu’il manquait des trucs. Et des morceaux sont arrivés au dernier moment, comme « Kammthar », « Evier Metal », « Takoyaki », qui sont importants pour l’album.

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Limite les morceaux phares en fait !

Nico : C’est ça ! Et du coup ces morceaux-là sont arrivés dans les derniers mois. Donc tu pouvais donner ton avis.

Matthieu : J’ai plus émis un avis négatif, par rapport à « La Ch’nille ». Quand on l’a bossée en répète, j’étais là « Attendez les gars, vous êtes sérieux ? » (rires). Et puis en fait, ça marche !

Et comment s’est passée la collaboration avec Fred Duquesne ? Il a réussi à vous supporter jusqu’au bout ?

Nico : Ah non c’est l’inverse ! (rires) Ça s’est bien passé, mais je m’y attendais un petit peu, on me l’avait dit. On m’avait dit « Tu vas voir il est exigeant ». Oui ! C’est la vérité ! Et franchement, c’est tant mieux. Parce qu’il y a plein de trucs qu’il n’a pas laissé passer, et je sais que d’autres producteurs qui auraient dit « C’est ce que vous voulez ? Allez hop, ok ! ». Lui était là : « Non mais les gars ! Deux grattes comme ça, s’il n’y a pas de dynamique, ça marche pas ! ». Il nous a vraiment conseillé, voire il nous a pété les couilles, mais dans le bon sens !

Matthieu : Ouais ça tournait en rond pendant trois heures parfois …

Nico : Ouais entre Flockos et lui. Comme Flockos enregistre des trucs aussi, il a ce petit orgueil de « je sais comment ça marche ». Ceci dit, s’il savait, on aurait enregistré chez lui. Mais il sait très bien qu’il a plein de trucs à apprendre encore, et qu’il n’a pas tout ce qu’il faut pour faire ça, pour faire un son d’enculé. Parce que nous, ce qu’on voulait, c’était un son d’enculé.

Mais déjà Objectif : Thunes avait un son d’enculé !

Nico : Ah mais carrément ! Et là on ne va pas se mentir, parce que sinon on se mentirait, à la base on voulait reprendre le même gars, le même producteur, pour nous c’était écrit. Mais pas mal de trucs ont bougé dans sa vie, et on n’était pas au courant de ça. Le temps passait, et on n’était pas forcément en contact. Et quand on est revenu, on s’est rendu compte que ça allait être compliqué, il était là « Non mais moi j’ai arrêté le son, je n’ai plus envie de faire ça, et puis votre truc je le respecte trop pour faire un truc à l’arrache ». Et là on est tombé de haut. On avait le seum. On était sur-seumé ! On était tellement seumé qu’on a commencé à germer ! (rires) Et c’est en parlant avec notre ancien technicien lumière qui travaille maintenant avec Gojira, qui est un excellent zami, qu’ils nous a dit « Mais pourquoi vous n’allez pas chez Fred Duquesne ? ». Moi je ne connaissais pas, mais il nous a dit que c’était le meilleur. Il le connaît très bien parce qu’il avait tourné avec Mass Hysteria aussi. Il lui a balancé un texto, tu sais on était un peu rébou, il lui a balancé un texto, genre « Tiens, tu voudrais faire le prochain Ultra Vomit ? », et lui il a répondu dans la seconde « Ah bah ouais, carrément ! ». Et puis nous l’argent ce n’était pas un problème (rires), enfin sérieusement on ne voulait pas lésiner sur la prod, pour nous c’était vraiment important de faire un son d’enculé. Et ce qui est bien c’est qu’il s’est vraiment investi : il a été soucieux de dire « Non mais moi ce morceau-là il ne sort pas s’il n’est pas énorme ».

Il a vraiment dépassé le statut de technicien en somme !

Nico : Ouais, il a fait cet album-là en se disant qu’il allait aussi avoir un impact sur lui. Il n’a pas fait ça à la légère.

On vous retrouvera au Hellfest le mois prochain, ce qui me donne l’occasion de vous demander : Il est où le Panzer Surprise Fest qu’on nous a promis ? (rires)

Nico : Ah tu te bases sur l’affiche …

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L’affiche Hellfest détournée ! Un jour ça vous dit d’organiser un petit festival ?

Nico : Bah du coup ouais le festival va durer 39 minutes ! (rires) C’est un peu le problème ! Moi ça me va mais bon ! On l’a fait en t-shirt d’ailleurs ce truc-là ! Il est énorme !

Matthieu : Je le porte tellement je le trouve bien !

Nico : On s’est pas mal auto-pipé quand on l’a vu. Le pur détournement du Hellfest avec à l’arrière tous les groupes. Mais donc 39 minutes ! Faut que les gens soient prêts mentalement !

Matthieu : Moins qu’un vrai live d’Ultra finalement !

Nico : On pousse le truc au max, entre chaque morceau, on change les habits et tout. Genre quand on fait la bouillie Ghost, on vient en cardinal avec une chorale et tout, ça dure 47 secondes, on change tout le backline pour revenir en Rammstein avec les flammes et tout. 39 minutes de musique, et 40 ans de changements de plateau ! (rires)

Au final on approche bientôt des 20 ans d’Ultra Vomit, beaucoup de groupes qui se sont formés à la même époque que vous commencent à raccrocher. Vous pensez aussi à raccrocher ?

Nico : Faudrait déjà qu’on nous appelle pour qu’on raccroche ! (rires) Non mais au final plein de gens pensaient déjà qu’on avait raccroché. Alors qu’en fait, le trou noir, « Interstellar », tout ça. Mais de toute façon, à chaque fois qu’on fait un album, on a l’impression que c’est le dernier. Ceci dit, là, avec la dynamique actuelle, peut-être qu’il y a plus de dates qui vont sortir rapidement. Je ne sais pas, en tous cas je dis moins « non » qu’à la sortie d’Objectif : Thunes. Mais je ne peux pas le jurer non plus. Je n’en ai jamais eu marre, mais quand tu tournes sur le même album, tu te dis que tu ne peux décemment pas faire ça pendant… Et c’est ce qu’on a fait ! On l’a décemment bien fait ! On a tourné dessus pendant cinq, six ans ! Tranquillement !

Du coup, Andréas et Nicolas, c’est fini ? C’est en stand-by ?

Nico :  C’est en stand-by, mais c’est plus facile. Dans Ultra on ne peut pas se voir tout le temps, t’as des mecs qui bossent et tout. Donc quand on sera en tournée, et qu’une espèce de routine se sera installée, on va répéter avec Andréas. On va commencer à avoir des idées, et on verra ce qui en découle.

Et pour finir : est-ce qu’on peut rigoler de tout dans le metal ?

Nico : Ah bah, c’est chaud ! Imagine si on faisait un album qui s’appelait Hitler Contre Les PDs par exemple, je dis un titre au hasard, bah non, on ne le fera pas ! Ça peut rester à l’état private joke, mais il y a des trucs qu’on censure. Mais on s’est déjà fait plaisir, avec « Je Possède Un Cousin » par exemple, on a été pas mal. Mais il y a des trucs que tu ne peux pas faire. Tu te marres en privé, mais comment ça va être interprété ? Alors que c’est complètement absurde ! Mais tu demandes s’il y a une limite ?

Oui et parmi tous les éléments du metal, parmi tous les groupes qu’on peut parodier, est-ce qu’il y a des egos qu’on ne doit pas froisser ? Est-ce que dans le public vous n’avez pas des retours du style : « non, ça, gars, t’as pas le droit d’y toucher ! »

Nico : Alors le truc c’est qu’il y a plein de mecs qui existent, qui sont en train d’exister là en ce moment, qui nous chient dessus, ils n’aiment pas car pour eux c’est impossible. Le concept de se marrer avec du metal, pour eux ça ne va pas. Et limite, je comprends. Si j’étais à leur place je penserai la même chose. C’est une théorie que j’ai. Mais faut pas trop la pousser trop loin, parce que t’arrives rapidement à « si j’étais à la place d’Hitler, je ferais la même chose ». Ça m’aide à relativiser !

Merci à Nico et Matthieu, à Replica Promotions et au Hard Rock Café Paris pour ce moment !

 

Interview réalisée par Charlotte

Photos : Cherry Lesly / Cherry Pixs

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