Underoath @ L’Alhambra (28/04/2017)

Jeudi 28 avril dernier, la scène post-harcore parisienne a vécu un de ses plus forts moment depuis longtemps, dans la petite salle de l’Alhambra, puisque cette date marquait le grand retour d’Underøath en France, après onze ans d’absence. Le groupe séparé en 2013 et reformé en 2015 restait l’un des groupes les plus attendus de toute cette génération qui a grandit avec leurs morceaux dans les oreilles. Et autant vous dire que lorsque l’on attend un artiste pendant onze années, nos attentes sont grandes. Ont-ils été à la hauteur ? Nous vous disons toute la vérité, sous serment.

BY1A5653La soirée s’ouvre en compagnie des américains de MEWITHOUTYOU.
La salle n’est pas encore bien remplie mais cela n’empêche pas pour autant de partager un moment convivial et chaleureux. Les garçons instaurent une ambiance légère et brute à la fois, qui fera une parfaite mise en bouche pour la tête d’affiche ensuite. On ne se prend pas la tête, on profite, on danse, sans s’abîmer. A l’aide de leurs morceaux catchy et engageant, nous nous retrouvons à nous dandiner sans nous en rendre compte, ce qui est plutôt agréable. L’audience est encore hésitante, et les applaudissements timides malheureusement, mais on en ressort joyeux, encore innocents, plein de gaieté, et ignorants de ce qui va nous arriver par la suite.

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BY1A5727Nous y sommes. C’est ce soir que tout commence. C’est à Paris que se font les premiers pas de cette tournée Européenne. Nous en sommes les premiers battements de cœur. L’excitation est à son comble dans la salle, au point d’en avoir l’estomac noué. Cette attente, intensifiée par l’intro retentissante dans la salle, se fait semblable aux contractions de cette renaissance : douloureuse de par sa longueur, intense, mais emplie de joie car nous savons ce qui nous attend au bout du chemin. Lorsque les premiers hurlements de “Young And Aspiring” se font entendre, tout se bouscule, tout se chamboule. A partir de ce moment de la soirée, nous savons que plus rien ne sera pareil, plus rien ne sera jamais calme. Nous sommes pris dans un tourbillon de violence, de douleur précieuse. Précieuse parce que nous l’attendions. BY1A5761Nous le voulions. Les bijoux de “They’re Only Chasing Safety” s’enchaînent, intégralement, et le public hurle, beugle ces paroles que tous connaissent par cœur, comme si leur vie en dépendait. C’est notre adolescence qui renaît, qui resurgit, même malgré nous. La passion naît en nous, prend le dessus sur tout, et investit les moindres recoins de cette salle désormais en fusion. Rien d’autre n’existe que l’instant présent. La rétrospective de cet oeuvre magistrale se conclue sur la sublime et délicate “Some Will Seek Forgiveness, Others Escape”, malheureusement un peu expédiée, discrètement jouée, sans guitare acoustique, avant que le groupe ne reprenne sur leur autre bébé “Define The Great Line”.

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Adieu les refrains pop de son cadet, les garçons nous offrent avec cet opus une performance beaucoup plus couillue, plus grande, plus mature. L’effervescence provoquée par “In Regards To Myself” nous plonge dans le chaos total. Le travail est encore loin d’être terminé. Le set a très clairement évolué, outre le professionnalisme des garçons et leur show parfaitement exécuté, parfaitement servi par un son impeccable, et les projections vidéos serviront l’intro, finissant de parfaire leur performance, le ton des morceaux est plus grave, plus conséquent, et nous nous voyons passer de notre adolescence à l’âge adulte. Non pas que cela ne nous convenait pas, nous ne le choisissons pas, mais cela semble nous être imposé. Les poings se font plus fermes, les coups plus rudes, et le pit est un véritable tourbillon qui emporte tout sur son passage, y compris les corps qui chutent. BY1A5817La fosse est à sang, mais paradoxalement, nous aimons cette souffrance de se faire pousser car nous n’en tirons finalement que du positif : la beauté d’être une famille unie. Cette famille, cette vie, dont nous avons besoin en ces temps, comme nous le rappelle Spencer Chamberlain lorsqu’il prend la parole pour s’exprimer sur la joie d’être présent, mais aussi sur sa douleur de constater le monde ainsi, jusqu’à s’excuser de ce qui s’y passe, de ce qu’il se passe dans notre pays.
Nous savons que tout n’est pas violence, et des pistes telles que “The Blue Note” pour le premier opus, ou encore “Salmanir”pour le second nous le rappellent. Nous soufflons pour mieux repartir, parce que la vie est faite ainsi : nous sommes pris dans l’instant, et parfois, nous nous posons pour regarder ce que nous vivons, ce que nous avons vécu, et la grandeur que cela représente. Et quelle grandeur, ce soir ! La formation nous sert un show parfait, intense, et fort de leçons, de partage. En retour, nous leur offrons tout ce que nous avons.

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Nous vivons les paroles que nous entendons, nous expions le mal, nous nous purifions de nos démons en hurlant, nous nous libérons, nous nous faisons du bien. Dans ce bain de foule, nous renaissons, nous en sortons neufs, lavés (mais plein de sueur). C’est notre baptême, c’est notre renaissance en même temps d’être la leur. Ils nous apportent la bonne parole, le bonheur, la libération des soucis qui hantent nos esprit, le temps d’un concert. Et lorsque “To Whom It May Concern” se termine, et que le groupe nous quitte sous les applaudissements de la foule, nous savons que quelque chose a changé. Ils nous ont fait revivre des souvenirs du passé. Et dans cette renaissance, ils ont été des rois, acclamés.

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Underøath est maintenant l’un des groupes que l’on peut barrer de sa liste des choses à faire avant de mourir. La suivante sera de les revoir.

Merci à Alternative Live pour cette superbe date.

Texte : Aurélie

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