GUTTERDÄMMERUNG @ ELYSEE MONTMARTRE – 10/02/17

Certains penseront directement à Wagner et son Crépuscule des Dieux, le plus rock n’ roll, on est pas loin via ce petit clin d’oeil. Mais aujourd’hui avec Gutterdämmerung c’est le Rock et le Metal qui se voient offrir une oeuvre riche, complète et novatrice en leur honneur. Ce don ont le doit à Bjorn Tagemose et ce soir avait lieu la représentation parisienne de son Gutterdämmerung à L’Elysée Montmartre.

Qu’est ce ? Et bien c’est une oeuvre à la fois cinématographique que musicale, une oeuvre d’art dédiée à la musique sacrée ou celle du Malin pour certains. Un film rassemblant un casting haut de gamme parmi les dieux du rock et du metal. De Iggy Pop à Mark Lanegan en passant par Lemmy, Slash, Josh Homme, Tom Araya et j’en passe. Mais surtout un groupe live avec une bande son mythique allant du Jefferson Airplane, Johnny Cash à Slayer en passant par Deftones ou Motörhead. Et oui c’est une oeuvre complète, à la fois fascinante et novatrice que le public de l ‘Elysée va découvrir ce soir.

Dans un noir et blanc travaillé, c’est une image magnifiquement mise en valeur par une photographie qui va nous « éblouir » les yeux pendant toute la soirée. Gutterdammerüng se lance, une voix d’opéra charme l’assistance et le mal-aimé Jesse Hugues apparait le premier à l’écran, shérif du puritanisme dans un rôle qui lui sied à merveille.

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Nous sommes tout simplement absorbés par ce qui se passe et dès que le groupe derrière l’écran entonne les premières notes de « Hey Man Nice Shot « de Filter

Côté scénario, c’est simple sans trop letre quand même. Le film se déroule dans un monde où Dieu a sauvé le monde des péchés en confisquant à l’humanité l’ objet du Vice du Malin: « a guitare du Mal ». La Terre s’est donc transformée en lieu absolument puritain où il n’y a pas de place pour le sexe, la drogue et le rock’n’roll. Tout en haut du paradis un ange-punk-déchu joué par Iggy Pop regarde la terre avec lassitude et renvoie la guitare du Diable sur Terre et les péchés sous toutes leurs formes retournent eux aussi à l’humanité mais un prédicateur se voue à sa destruction pour la gloire de Dieu et «  le bien » de l’humanité. Il manipule une jeune fille naïve et faible pour retrouver la guitare et la détruire, elle devra faire face aux méchants rock’n’roll avant que se déclenche la grande bataille finale qui pour la liberté.

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Tel un tableau de grand maitre, la force métaphorique est puissante. Malgré un scénario qui, comme une oeuvre picturale, se lit facilement au premier plan et bien la symbolique est nichée dans chaque détails et chaque scènes, reprenant avec intelligence les codes de notre musique sacrée. L’interpretation de chacun est possible selon son choix de lecture (ou non) mais le réalisateur fait clairement partie de ces enfants rock, car donnant avec intelligence les rôles à ces des artistes de légende qui collent parfaitement à l’image qu’ils rendent d’eux-même et Henry Rollins inquiète dans son rôle de prédicateur manipulateur et exterminateur de la Sainte Guitare du Malin.

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C’est là que la force de l’oeuvre est au plus haut car chaque apparition nous offre une scène magnifiée par la photographie et la mise en scène dans une richesse culturelle en faisant référence à de nombreux arts dont les grands noms du cinéma expressionniste allemand, la peinture réaliste l’opéra wagnérien, le film de guerre ou bien le western classique. L’oeuvre est riche en référence mais ne perd pas son spectateur, la mise en scène du film se conjugue à des effets spéciaux live qui se rajoutent au groupe dans des explosions ou effets de lumière sur le pouvoir des mots.

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L’art de Tagemose et le scénario de Rollins  offrent ici une oeuvre intelligible et le film ne serait rien sans ce groupe live carré qui interpelle superbement les titres de la bande originale. Allant quelques temps devant l’écran pour des solos et interprétations plus remarquantes. Le chanteur, Jesse Smith, dans un panel vocal assez large passe avec facilité sur ces différents titres ayant marqués l’histoire du rock et du Metal. Bluffant. Il sera accompagné spécialement ce soir de Sharon Kovacs chanteuse à la tessiture vocale digne d’une Amy Winehouse.

 On oublie tout et le film prend l’emprise sur tout nos sens avant le grand final jouissif sur “O Fortuna” en compagnie d’un Brent Vanesste (Steak Number Eight) fidel à lui-même avant un hommage final, celui pour Lemmy en lui dédicaçant ce dernier titre en furie qu’est le sien: “Ace Of Spades”.

Le rock et le Metal sont sauvés et ce choc des titans offre maintenant ces lettres de noblesse méritées à cette musique sacrée qui se voit propulsée dans le panthéon des arts.

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L’art est multiple, protéiforme et ce soir il était au service d’un chef d’oeuvre que les dieux du Rock nous ont offert. Notre musique sacrée se voit ici magnifiée avec intelligence et mérite à travers ces lettres de noblesse qu’est Gutterdämmerung.

On attendait cette justice depuis longtemps, elle est arrivée.
Une oeuvre hallucinante et immortelle à jamais.

Photos: Marion Fregeac – Mamzelle Bulle Studio Photo

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