INSOMNIUM + GUESTS @ LE PETIT BAIN-15/01/17

Après leur étourdissant passage au Bataclan en mars 2015, Insomnium était de retour chez nous avec, pardon du peu, un nouvel album concept, Winter Gate, un morceau de choix de 42 minutes. Autant dire que le rendez-vous était pris et que nous les attendions de pied ferme.

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Il est 18h et il neige sur les quais François Mauriac. Quoi de mieux pour une tournée du nom de Winter Gate ? Les membres du staff se réchauffent dans le bus de tournée juste derrière nous : difficile de ne pas lorgner avec envie par leurs fenêtres quand on se gèle les orteils dehors.

Pour les non-initiés (dont nous faisions partie il n’y a encore pas si longtemps), sachez que le Petit Bain n’est pas n’importe quelle salle de concert puisqu’elle a été aménagée dans un bateau ! En descendant dans la cale, on comprend vite pourquoi le concert affichait complet. Le Petit Bain fait partie des plus petites scènes metal de la capitale. La chaleur de la salle et une première bière font vite oublier les engelures aux pieds et la neige.

La salle se remplit assez vite ; placés sur une petite estrade sur la droite de la salle, nous avons une vue rêvée sur la scène bien qu’un peu à l’étroit. Les lumières s’éteignent, c’est parti…

Wolfheart, petite formation venue tout droit de Finlande, débarque sur scène. Le jeune groupe né en 2013 vient nous présenter ses derniers morceaux en attendant la sortie de leur dernier album, Tyhjyys, prévu pour le mois de mars. Notons que la scène est décorée de deux banderoles aux “armes” du groupe, il sera le seul à en disposer.
Les deux premiers morceaux chauffent la salle…A l’annonce de “Boneyard”, dernier single du groupe, la fosse explose : premier pogo de la soirée ! Le morceau suivant intitulé “Zero Gravity” est servi par une intro de batterie de folie qui annonce la couleur black-death de la chanson. Deux morceaux supplémentaires et le set est déjà terminé… mais Wolfheart a conquis sa meute !

Le groupe propose un mélange intéressant de death (chant, riffs) et de black (plutôt du côté de la batterie). Les refrains sont chantés à deux voix ; au grawl très grave du frontman vient s’ajouter le guttural un peu plus aigu du bassiste. Malheureusement le déséquilibre des balances ne permettait pas de profiter pleinement de la basse et de la deuxième voix.
Malgré un set court, Wolfheart nous a fait la démonstration de ses capacités à travers des riffs travaillés et des refrains puissants. On pourra regretter le peu d’échanges avec le public (la durée du set ne le permettait pas trop) et des morceaux qui se ressemblent un peu. Un groupe prometteur qui doit encore chercher sa griffe donc…vivement leur nouvel album !

L’attente n’est pas longue et Barren Earth monte sur scène. Les Finlandais et leur chanteur danois (îles Féroé) sont tout de suite plus nombreux ! Avec deux guitaristes et un claviériste en plus, le groupe a l’air à l’étroit sur la scène… Mais nos doutes s’effacent rapidement.
Le groupe propose un death metal progressif teinté de rock et de heavy metal. Le chanteur alterne entre scream et chant clair avec souplesse (le chant clean reste assez classique) ; la section rythmique (guitare et basse) joue dans un registre complètement différent ! En les entendant, on les croirait sortis d’un concert de prog mais le mariage des deux genres fonctionne à merveille ! Barren Earth offre à tour de rôle des morceaux énervés qui retournent la fosse et d’autres plus atmosphériques, plus planants. Bénéficiant d’une solide expérience, le groupe est à l’aise et leur jeu de scène est bien plus énergétique que leurs prédécesseurs.
Barren Earth c’est du très lourd, n’hésitez pas si l’occasion se présente !

La salle, électrisée par le dernier set, n’attend plus qu’Insomnium… Les premières notes de l’intro de Winter Gate sonnent comme une libération.
Il est difficile de décrire cette première partie de leur concert… Trois quarts d’heure de live sans pause, sans un seul échange avec le public. Les visages sont figés, aspirés par la tornade qui se déchaîne en face de nous. Le morceau raconte l’histoire d’un équipage de Vikings perdus sur l’océan et Insomnium nous emmène loin, nous entraînent  et nous plongent dans les eaux glacés du Nord. Un événement unique dont tous les fans présents se souviendront longtemps.

Quand le morceau s’achève, c’est une ovation totale qui accueille Insomnium; nous ne sommes pas les seuls à être émus…

Le reste du concert est plus classique et le groupe enchaîne les succès surtout  issus de Above the Weeping World et de Shadows of the Dying Sun : “Mortal Share”, “While we sleep”, “Change of Heart”, “The Promethean Song”. Tout le monde connaît les refrains et les hurle en choeur avec Niilö. “Only One who Waits” sera le dernier morceau de la soirée…avant un rappel à s’arracher la voix qui clôt définitivement le concert.

La puissance et l’émotion sincère qui se dégagent de leurs chansons, la justesse des arrangements : Insomnium prouve à nouveau avec ce Winter Gate sa maîtrise de la musique et des mots. Le groupe est de loin un impératif pour tous les amateurs de death metal melodic. Il y a deux ans, les Finlandais se produisaient en première partie d’Ensiferum ; aujourd’hui ils sont en tête d’affiche avec un album en tête des charts en Finlande ! Et le groupe fête ses 20 ans cette année ! Un bel avenir s’annonce et le groupe peut d’ores et déjà compter sur ses fans parisiens pour son prochain passage en France.


De retour sur les quais, le vent glacial nous rappelle à la réalité. Dix minutes plus tard, chacun dans son train, nous laissons derrière nous la mer de glace et la Porte de l’Hiver…

Texte: Emiel-Regis

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