Kause 4 Konflikt + Deep In Hate + Hatesphere @ L’Empreinte – 04/11/2016

 

Bouchons, mauvais temps et dépression hivernale n’ont pas freiné nos pas ce vendredi  4 novembre jusqu’à l’Empreinte, salle située à Savigny le Temple en région parisienne. Au programme de ce soir, de la haine en veux-tu en voilà, avec en tête d’affiche les danois de Hatesphere, accompagnés par des formations du cru local : les parisiens de Kause 4 Konflikt et Deep In Hate. Avant de clôturer leur tournée européenne par les Pays-Bas, ils ont fait un crochet par la banlieue pour nous coller une fessée dans les règles de l’art. Ça tombe bien, on commence à se les cailler et à faire du lard dans nos canapés, il est grand temps de décrasser tout ça.

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C’est donc vaillantes (et un peu à la bourre, il faut l’avouer) que nous débarquons sur les premières notes de Kause 4 Konflikt. Les gagnants du dernier Voice of Hell déroulent leurs hymnes martiaux,  devant leurs fans parisiens qui se mettront en tête d’annexer tout l’espace possible pour secouer la tête avec rage. Notons la présence d’une espèce rare, le fan-kangourou, qui n’aura de cesse pendant les prestations des trois groupes de sautiller et headbanger comme un maboule. Son énergie étant communicative, on ne pouvait rêver plus encourageant et on se cotiserait presque pour lui offrir un pot d’arnica XXL pour le dur lendemain. Mélangeant l’agressivité du death et le groove du hardcore, le gang des K4K balance des titres extraits de leur dernier EP, paru en juin dernier. L’incontournable « The Last Self Made » mais surtout « Witness », chauffent sans difficulté la salle tant chacun se prend à scander les paroles à l’énergie frontale et offensive. Le frontman monté sur Duracell arpente l’espace sans temps mort, sautant d’un musicien à l’autre et interpelant le public avec hargne. Enfin, le quintet nous offre un rappel original avec l’intro guerrière de leur premier album No Better Friend – No Worse Enemy hérigée en ode finale. Une bonne gifle, avec élan !

On change d’ambiance ; la scène est maintenant ornée de l’artwork tendance Nazgul du dernier abum Chronicle Of Oblivion de la formation de brutal death core Deep In Hate.  Les parisiens montent sur scène encapuchonnés et délivrent un set qui augmente en violence. On reconnait là la dualité habituelle des compositions entre envolées techniques et colère suintante. Les fans sont plus qu’enthousiastes, reconnaissent chacun des morceaux et entrent dans une transe frénétique. Ça slamme, ça mosh pit, ça s’énerve au son des haineux « Altar of Lies » et « Lobotomizing the masses ». C’est une découverte live pour nous ce soir, et si les riffs gras et le growl sont maitrisés, c’est sommes toutes une prestation assez conventionnelle que ce soit visuellement ou du point de vue du son. Nous serons cependant gratifiés d’un solo de batterie énergique par le benjamin de la clique, qui sera ovationné longtemps (la faute aux rythmiques tribales ou à sa bouille d’ange, l’histoire ne le dit pas).

Hatesphere débarque ensuite sur scène, avec leurs 16 années de carrière portées sur leurs massives ossatures nordiques. Le tout est appuyé par le un visuel qu’on adore, celui de leur tournée, une comtesse Bathory bien répugnante, dans un style noir et blanc graphique à souhait. Les présentations faites, les mecs font monter leur sauce modern trash et c’est l’occasion pour nous de découvrir en live les titres extraits de leur dernier album Murderlust. Les vocalises de Esse, qui harangue la foule pour l’inciter à se rapprocher de la scène, sont redoutables et n’ont rien à envier aux méchants blast qui nous terrassent immédiatement.

Entre deux morceaux, nous sommes émues : le romantisme à la française a encore de beaux jours devant lui. En effet, après quelques semaines passées aux côtés des frenchies, les mecs de Hatesphere ont augmenté leur potentiel drague en enrichissant leur vocabulaire de terminologies aussi fleuries que «  Putain », « Cul » et le délicat « Fromage de bite », indiscutablement notre chouchou. Ils sont donc assurés de serrer dès leur retour à Copenhague, suffit de voir leur enthousiasme à le crier sur scène avec un mignon accent viking. On craque, ça c’est sûr.

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Et quand le frontman jovial se décide de nouveau à beugler, c’est pour flanquer une raclée au public qui ne se risquerait pas à montrer le moindre signe de fatigue sous peine de se faire botter les fesses, comme ça, presque avec le sourire. Hatesphere intercalent leurs compositions les plus efficaces, selon nous, en milieu de set, comme le titre « Sikness Within » tiré de l’album du même  nom qui après 10 ans n’a apparemment pas pris une ride sur scène. La bombe « Resurrect with a vengeance » déchaine définitivement les passions. Rodés à la scène, les types sont charismatiques, complices et ultra pro (on peut visiblement être méga vénère et faire de la musique avec beaucoup de professionnalisme, ouioui, prenez-en de la graine)

On regrettera tout le long des concerts une foule trop clairsemée, la salle étant extrêmement chouette à bien des égards (on est super fan du jardin et des deux grands bars) mais souffrant de la reprise des marathons de concerts en cœur de Paris, qui drainent plus facilement des centaines de petites fesses de métaleux feignants jusqu’à leurs scènes obscures. Mais qu’importe, on est reconnaissants, car les groupes ne nous auront laissé aucun répit ce soir, et si ils ont été affecté par le peu de monde cela est resté inaperçu. D’ailleurs, la tournée européenne touche à sa fin et nous aurons donc droit aux remerciements de circonstances de la part de chacune des formations. Bourrins et biberonnés à la haine, mais courtois, les mecs !

 Ce soir, on s’est tous sentis un peu guerriers. On quitte alors le champ de bataille ravies et avec  2000 calories en moins, en attendant avec impatience la prochaine castagne. Merci aux organisateurs et aux gérants de l’Empreinte pour cette sacrée soirée !

Texte : Laurine

Photo : Lesly

 

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