Rise#5 @ Le bus Palladium – 20/10/2016

L’automne est bien là et votre moral est en berne : vous avez la goutte au nez, été contraint de ressortir le gros pull des familles, n’avez toujours pas trouvé de costume pour Halloween, sans oublier que votre porte-monnaie crie grâce après l’achat de votre passe pour le Hellfest 2017 ? Soyez sans crainte, au Bus Palladium, il y avait ce jeudi 20 octobre pour seulement quelques euros de quoi vous « cheer you up », comme dise les anglais. En passe de devenir la sortie incontournable du mois pour le quidam en manque de programmation éclectique  et pêchue, la cinquième édition de la Rise promet de quoi régaler vos oreilles en manque. A l’affiche ce soir, du mix métal en veux-tu en voilà, en version locale avec les français de Pitbulls In The Nursery, Doppelgänger et Kayass Korp, ainsi que les très attendus Jinjer, venus  tout droit des contrées de l’Est.

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C’est à Kayass Korp que revient la difficile mission de chauffer la salle. Peu d’amateurs sont présents, il est encore tôt … On fait donc la connaissance ce soir de cette formation mystérieuse (on aura grand peine à trouver des infos à leur sujet sur le net !) qui défend la sortie de son premier album.  Si cela ne  déchaîne pas encore les passions et que le stroboscope épileptique nous tape sur les nerfs, on garde une bonne impression de cette mixture dansante qui fait le grand écart entre metal et musique française, à l’image des musiciens qui portent aussi bien moustache et chemise que bouclettes et veste en jean heavy. Le set augmente progressivement en violence, Kayass Korp enchaine en français dans le texte des morceaux de plus en plus énervés aux influences crust. Étant légèrement intimidés parce qu’ils ont appelé leur « dépucelage parisien », on attend de les redécouvrir prochainement face à un public plus présent.

Les mecs de Doppelgänger prennent place, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ont la pêche ! Entre les vannes potaches entrecoupant les morceaux (vas-y que je te gère les transitions avec l’accent texan) et les sauts hystériques du chanteur et du bassiste dès les premières notes, le ton est donné. L’incontournable « Ode To tv » réchauffe efficacement la fosse qui passe enfin en mode cour de récré. Savant mix d’énergie hardcore, d’accent groovy et de noirceur, la sauce moderne de Doppelgänger te monte à la tête, à tel point que tu déposes sur le côté tout élément parasite (ta bière, ton téléphone, ton mec) pour te dandiner sans entrave. Tandis qu’on se met à headbanger férocement, le chanteur à la très large palette vocale nous assène des claques répétées tout en s’entortillant dans son micro comme un beau diable. On lui décernera d’ailleurs la palme des postures de chant les plus créatives de la soirée ! Les mecs sont visiblement relax et complices, leur dynamisme est donc rapidement communiqué à une foule de plus en plus dense et mobile, venue s’imprégner des titres extraits de leur nouvelle galette Memento Mori. Un début de soirée des plus optimal !

C’est alors que les musiciens tendance bucherons de Jinjer s’affairent depuis un moment sur scène, que la charismatique chanteuse débarque, à nouveau parée de dreadlocks bicolores et d’une panoplie hardcore des plus appropriée (hormis les leggings léopard, ouais, on a sondé le public, on n’aimait pas trop !). Aussi pétillante que minuscule, elle assène son metalcore hybride avec une brutalité tout en contraste avec son gabarit. Enchaînant les titres phares qui on fait le rapide succès de la formation ukrainienne, elle enflamme littéralement le Bus Palladium. Ça castagne sec en fosse au son du puissant « Sit Stay Roll Over », en bousculant les pauvres bougres hypnotisés par le diablotin sexy qui se déchaîne sur scène. La salle est comble, il est évident que de nombreuses personnes se sont déplacées pour ce groupe en particulier. Certains hardcorefan investissent la scène et se risqueront même à un petit slam entre amis, avec gamelle comique à l’arrivée ! Les ukrainiens, actuellement en tournée européenne, sont manifestement émus par l’accueil du public français. Ils se sont tapés de la route pour venir depuis l’Espagne et on sent poindre la fatigue quand Tatiana admet nous livrer ses dernières forces lors du morceau final. On en profitera pour rappeler que la présence d’une chanteuse féminine, qui plus est fort mignonne, n’autorise aucun métaleux à se comporter comme un bœuf. Ouais, nous avons compris le « greedy asses » que Tatiana susurre avec une grimace alors que s’élèvent dans un ukrainien précaire de stupides cris faisant allusion aux filles de joie. Ces parenthèses graveleuses mises à part, ce fut une sacrée performance !

On accumule à présent plus d’une heure de retard et il est donc près de minuit lorsque Pitbulls In The Nursery monte sur scène devant un public de fidèles impatients. La foule clairsemée en raison de l’heure un peu tardive et de l’imminence des derniers métros reste statique mais concentrée, infiniment attentive. Pitbull nous livre un set énergique en puisant dans leurs deux albums, l’occasion de présenter leur nouveau chanteur Ced. Son chant aux intonations plus gutturales que son prédécesseur colore très différemment les morceaux de la formation, notamment ceux extraits de Equanimity qui se voulaient plus éthérés et planants. Les compositions sophistiquées et carrément inclassables du groupe s’enchaînent sans blabla au rythme des mimiques absolument cultissimes du bassiste. On sait que les Pitbulls, qui se produisent souvent en France, ne déçoivent jamais et la seule chose que l’on regrettera ce soir c’est qu’ils aient joué si tard et si peu de temps ! Plusieurs fans repartiront frustrés de n’avoir pu profiter que d’un set tronqué. C’est technique, c’est beau, on en voulait encore plus !

Et tandis qu’on court attraper son métro, on remercie chaleureusement les organisateurs de la Rise de nous avoir offert une affiche si explosive et si variée !  Oubliés, goutte au nez et pull de mémé, après cette soirée placée sur le signe du metal groovy et de la bonne humeur.  On se voit à la prochaine !

Texte : Laurine

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