NASTY@ Le GLAZART (26/09/2016)

Le 26 septembre a clôturé le mois de façon assez anarchique, au Glazart, par les soins de Nasty, assistés par VITJA, MALEVOLENCE, ainsi qu’Aversions Crown. Qui aurait pu rêver d’un endroit plus significatif pour accueillir cette date ? L’endroit aux accents street, tagué de tous les côtés, semblait en effet le lieu idéal pour rendre les choses authentiques. Baggy ou jogging, sweat, baskets, casquette à l’envers, et le starter pack est au complet. On est partis pour quelques heures de bagarre ? A voir.

v-1Il est 19h et VITJA entre sur scène, devant une salle quasiment vide : une petite quinzaine de personnes en occupent les bords et le fond, laissant le reste de la salle occupé par un seul homme, bien décidé à mosher. Il faut avouer que leur nom sur l’affiche avait de quoi étonner puisque, pour être honnête, leur style n’a pas grand chose à voir avec celui de Nasty, et par conséquent, avait assez peu de chances de convaincre l’audience. Pour autant, nous y avons assisté avec bienveillance puisque, si l’on omet le contexte de ce soir, les allemands ont quelques titres intéressants à leur répertoire, à l’instar de “New Breed”, ou “Eligia” qui forgeaient nos espoirs d’être agréablement surpris.

 

v-2Malheureusement, le groupe est bien meilleur en studio qu’en live, et cela se ressent : le résultat est plutôt faible, le son n’est pas terrible, étouffé, le tout manque d’entrain, et l’on sent les musiciens se forcer pour garder la tête haute en singeant presque les gestes qu’ils effectuent sur scène. Peut-être le manque de public a contribué au fait qu’ils ne donnent pas le meilleur d’eux mêmes, mais cela ne chance pas la déception qui s’est ressentie d’un côté comme de l’autre. Finalement, on aurait presque envie (outre le look Sykes-ien version blond du chanteur David Beule), de comparer la performance à celles de Bring Me The Horizon lors des mauvaises années d’Ollie. Malgré tout, les garçons ont assuré la fin du set envers et contre tout, et ce, même avec le nez ensanglanté du vocaliste, qui n’a pas baissé les bras… Dont son T-shirt blanc se souviendra sans doute plus qu’eux ne garderont ce second passage en France en tête.

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male-1Après ce douloureux début de soirée, un peu glacial, le Glazart se réchauffe doucement pour la venue de MALEVOLENCE. Enfin, “doucement”, c’est une façon de parler, et “réchauffer” est un euphémisme. La musique n’a pas démarré que les garçons dans le pit sont déjà prêts à taper, et l’on sait d’avance que ça va faire très mal. De fait, lors du premier morceau, nos espoirs sont confirmés : presque toute la salle est occupée par des pieds et poings volants, et le reste du public est plaqué sur les parois de la salle non plus par choix, mais par question de survie.

male-2D’un côté, MALEVOLENCE est la définition même de la douche, en live ; on en prend plein les oreilles, leurs compositions dégoulinent d’une violence inouïe techniquement impeccable dans lesquelles on y décèle l’influence de Crowbar très nettement audible (et ce n’est pas le T-shirt arboré par l’un des musiciens qui nous a mis la puce à l’oreille !). Ces dernières sont accompagnées d’un coupling avec Matthi de Nasty sur l’un d’eux. Il n’y a rien à redire, la formation est véritablement talentueuse, et carrée, ce qui fait vraiment du bien pour se préparer à la suite des festivités.

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aver-1Quoi que. C’est Aversions Crown qui reprend la suite du show, et une nouvelle fois, le genre n’est visiblement pas celui qui fait l’unanimité. Le ton retombe assez vite, et la salle s’est un peu vidée… Pourtant, les garçons sont loin d’être mauvais, au contraire. Simplement, après l’ouragan MALEVOLENCE, la représentation des australiens semble un ton en dessous, d’autant plus que leur prestation manque quelques peu de surprise, surtout face aux promesse qu’ils semblaient faire : des cordes plus qu’il n’en faut, et pourtant inutilisées, les morceaux se limitant à quelques accords assez similaires, sur des morceaux suivant à peu près le même schéma…

aver-3La plus grosse déception restant le chant, presque inaudible à cause du son qui l’étouffe, si bien que même lorsque le vocaliste s’adresse à nous, il est difficile de comprendre ce qu’il nous raconte. Pour autant, la très bonne performance du batteur est à noter, puisque ce dernier a su assurer le concert avec précision. Le plus regrettable au final est que c’est davantage le son, et le fait de passer après MALEVOLENCE qui leur a fait défaut.

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nasty-2Enfin, arrivent les tant attendus Nasty, sur scène ! De nouveau, la salle se remplit, et la guerre éclate dans le pit. Nous ne le pensions pas possible, mais la force et la violence existantes à ce moment dépassent celles connues deux sets avant. Le public est lancé en roue libre, plus rien ne semble pouvoir l’arrêter. Mais le plus beau, c’est qu’à travers toute cette rage extérieurement visible, réside un message beaucoup plus profond que met en lumière Matthi : “Nous sommes dans la cité de l’amour” avant de cracher à plein poumons les paroles de “At War With Love” (bien rendues par les fans qui, plus d’une fois dans la soirée, crient les paroles dans le micro du vocaliste).

nasty-3Car peut-être qu’il en faut, de l’amour, pour décrier de façon aussi crue l’humanité, pour lui cracher au visage à quel point elle déconne, et lui permettre de se libérer de sa rage, de ses passions négatives. Ainsi, lorsque résonne “Shokka“, et son “face of humanity” introduit en français par le frontman lorsqu’il désigne l’audience d’un “voici le visage de l’humanité”. Car dans ce champ de bataille verbal et physique, il faut être solidaire, et regarder les choses en face pour savoir comment les éviter, en réagissant à temps pour soi, mais aussi pour les autres en ne les laissant pas tomber, en les ramassant. La prestation de Nasty aura réellement été beaucoup plus touchante et forte (pour ne pas dire émouvante) que ce à quoi nous aurions pu nous attendre a priori. Pour ce public qui, ce soir, semblait les connaître par cœur ou presque, il y avait apparemment encore matière à être agréablement surpris.

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Au final, ce fut une soirée en deux teintes qui aura fait l’effet de montagnes russes ou d’ascenseur émotionnel, mais si la déception était présente, elle s’est vite dissipée avec la prestation des belges, qui ont su nous faire oublier tous nos problèmes le temps d’une petite heure, violente à souhait, mais d’une violence comme nous en avions besoin, pour faire vivre cette cité de l’amour, la faire exploser, briller de par son énergie, délivrée, le temps d’un instant, de sa négativité, pour n’en garder qu’un état de pure libération.

Texte : Aurélie

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