Protest The Hero + Guests @ Le Divan du Monde, Paris, FR – 11/07/16

Certains ont tendance à croire que le Hellfest est le seul évènement dans l’année de tout « metalhead » qui se respecte. D’autres estiment qu’il ne se passe jamais rien durant l’été, et préfèrent donc éviter les salles de concert. Dans les deux cas, c’est bien dommage, car la scène metal (et pas que), est aussi très active lors de la période estivale. La preuve une nouvelle fois avec ce qui nous intéresse ce soir, et cette très belle affiche franco-américaine qui sent bon la technique.

Comme pour le concert de Myrath, on sera mauvaise langue, craignant qu’un concert à cette période de l’année n’attire pas les foules, et la faible affluence lorsque Inner Reflections entre en scène nous donnera raison…au début. L’annonce du combo Parisien s’est faite tardivement et j’avoue qu’il s’agit pour nous de l’inconnu de la soirée, même si on se doutait qu’un groupe qui ouvre pour Between The Buried & Me et Protest The Hero a du potentiel, d’autant plus que leur nom sonne vachement groupe de prog. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la soirée va démarrer très fort avec un bon gros poutrage qui va durer une demi-heure et les six titres que le combo va proposer. Côté son, si leurs influences sont nombreuses et à chercher essentiellement du côté de la scène power/groove/metalcore us, le premier nom qui me viendra immédiatement à l’esprit, c’est Lamb of God : les growls de Simon, avec ce micro rapproché, ressemble beaucoup à ceux de Randy Blythe (et j’espère avoir attiré au moins deux lecteurs en plus en disant ça) et le zig a tellement la bougeotte qu’on en chiera pour les photos. Mais les cinq Français occupent tellement bien l’espace qu’on se demande presque si la scène du Divan du Monde n’est pas trop petite pour eux, et on sent leur déjà grande expérience de la scène, n’hésitant pas à vouloir faire bouger un public Parisien qui semble toujours avoir autant de mal à se bouger le cul quand il ne connaît le groupe qu’il a en face de lui. Dommage en tout cas, car on passe un vrai bon moment avec une musique hyper énergique, mais qui sait également parfois se montrer plus subtile.

 

Au final, bien que moins adepte du genre qu’avant, un bilan très positif, renforcé par l’attitude exemplaire des cinq bonshommes, à la fois hyper pro tout et donnant beaucoup de leur personne. A suivre de très près donc et à voir comment le groupe fera évoluer son identité, notamment avec Reversal, leur prochain EP qui sortira le 26 Septembre prochain.

 

Pour celles et ceux qui s’attendaient à un concert pépère, c’est raté,  on est déjà en nage avant d’accueillir Between The Buried & Me, dans une salle désormais honorablement remplie, mais où les media se font rares. On avait pris une énormissime claque lors de leur venue à la Maroquinerie en Septembre dernier, c’est dire notre hâte de retrouver la bande à Tommy Rogers, venue nous proposer une setlist essentiellement basée sur leurs deux derniers albums, à savoir The Parallax II: Future Sequence et Coma Ecliptic. Et ça commence d’ailleurs très fort avec un toujours impressionnant et impeccable « The Coma Machine » sur lequel Rogers montre une nouvelle fois qu’il possède un des chants les plus versatiles de la scène metal. Si je ne suis pas un fan absolu du groupe en album, force est de constater qu’en live, c’est carrément autre chose, et je me laisse totalement emporter par le chant du frontman américain.

Between The Buried & Me fait indéniablement partie de ces rares groupes qui me donnent envie de lâcher mon appareil photo et de vivre le concert à fond, c’est d’ailleurs ce que mon binôme fera. Si sur scène, le contraste est saisissant entre sa retenue, voire sa timidité, et l’intensité émotionnelle de leur musique,  côté fosse, on retrouvera l’ambiance d’un concert de prog, avec un public assez statique qui écoute et admire le jeu du duo Paul Waggoner et Dustie Waring, hyper concentrés sur leur guitare.

Les titres fusent, on ne s’ennuie pas une seconde, malgré la complexité d’une musique qui rebutera sans doute les quelques novices du groupe présents ce soir, mais qui régalera les autres, bien qu’un peu frustrés de ne pas avoir eu droit à plus de huit titres. Un peu dommage, mais rendez-vous début 2017 pour une nouvelle dose, en ouverture de The Devin Townsend Project.

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La soirée aurait très bien pu se terminer là-dessus tant on aura pris notre dose de plaisir, j’ai d’ailleurs perdu Mel qui aura du mal à redescendre sur terre, moins intéressée par Protest The Hero, cette fois en tête d’affiche. Si pour Between The Buried & Me, on vient surtout pour écouter la musique, dans le cas des Canadiens, on s’attend toujours à une bonne partie de « comedy club », et ça ne va pas rater car le père Rody (Walker) est très en forme, voire en fait des caisses parfois, chambrant un peu tout le monde entre les morceaux, du mec du merch au public au balcon, jusqu’à ses propres musiciens dont la complicité est évidente, sans oublier quelques clichés sur Paris. Si on a échappé à l’habituelle séquence de gros mots en français, la palme de l’humour revient quand même à leur bassiste Cameron (McLellan) et ses sandales de bain, preuve de la décontraction totale du combo.

Niveau musique, pas de grosse surprise, le groupe aura la bonne idée de piocher dans tous leurs albums, avec du gros tube à la « C’est la Vie » tout en faisant naturellement la part belle à Volition et un peu à leur dernier EP, Pacific Myth. On reste toujours assez frappé de les voir capables de sortir une musique aussi technique tout en ayant une attitude totalement à la cool, je ne sais pas si j’ai le souvenir d’avoir vu ça souvent d’ailleurs… (avec Cameron, encore lui, se sirotant une binouze tout en jouant avec sa seule main droite).

Sur scène c’est donc le jour et la nuit par rapport au groupe précédent et…dans la fosse aussi où le public se lâchera totalement, voire un peu trop parfois, avec un Rody qui n’aura de cesse d’encourager ce joyeux  bordel, transformant le Divan du Monde en une véritable fournaise. L’air deviendra presque irrespirable jusqu’au rappel, mais on prendra tout de même notre pied et c’est l’essentiel je crois…Mission réussie  donc  pour Cartel et le  Divan du Monde qui auront osé programmer une telle date en plein été et pour la découverte d’Inner Reflections. Un grand merci à eux.

Photos : Mel & Mats

Texte : Mats

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