HATEBREED – THE CONCRETE CONFESSIONAL

S’il y a bien un CD que j’attendais cette année, c’était la nouvelle galette d’Hatebreed. The Concrete Confessional (comprenez : le confessionnal en béton, a.k.a. la rue) est le septième album studio du groupe originaire du Connecticut, et le premier avec un deal worldwide exclusif chez Nuclear Blast. Dans la lignée des précédents, ce disque peut être qualifié de plein de choses, mais pas de subtil. Des riffs matraquants aux lyrics poignants de leur frontman Jamey Jasta, le message est clair tout du long.

front

Le groupe a encore une fois travaillé avec l’excellent producteur Zeuss (Soulfly, Rob Zombie, Crowbar, Suicide Silence, etc.) pour cette cinquième collaboration consécutive. C’est leur troisième album avec ce line-up (Jamey Jasta au chant, Frank Novinec et Wayne Lozinak aux guitares, Chris Beattie à la basse et Matt Byrne derrière les fûts). Cette stabilité commence à leur procurer tous les bénéfices d’une machine bien huilée.

The Concrete Confessional démarre avec « A. D. », deuxième single sorti il y a un mois que tout fan du groupe commence déjà à connaître par cœur. Avec ce titre, le groupe déboule dans nos oreilles comme un rhinocéros dopé au Redbull et aux stéroïdes.  Les riffs très thrash donnent une vitesse au morceau très inspirée des titres les plus punks de Slayer. Quant aux paroles, elles assassinent le bon vieux ‘American Dream’, parfait miroir de la frustration de Jasta à chaque fois qu’il regarde les infos à la télévision. Voilà qui donne le ton d’un disque globalement assez linéaire, mêlant énergie et agressivité, saupoudrées de textes sur la désillusion et la nécessité d’ouvrir les yeux. Une recette assez évidente notamment sur « Something’s Off », une chanson catchy et addictive au-delà même du chant, les triturations de la batterie de Matt Byrne offrant des nuances percutantes. C’est le cas aussi sur « Looking Down The Barrel Of Today », qui a parfaitement joué son rôle de premier single, avec ses refrains à base de shout-alongs, ses riffs menaçant, et sa fin abrupte.

Comme la plupart des albums du groupe, The Concrete Confessional est compact et concentré. La plupart des morceaux ne dépasse pas les trois minutes, et grosso modo, il n’y a pas vraiment de sentiment de déjà-vu. La bombe « From Grace We’ve Fallen », que je pourrais aisément écouter en boucle toute la journée, apporte un peu de diversité avec des passages un peu plus mélodiques (comprenez bien que c’est à mettre entre guillemets, ne vous attendez pas non plus à des violons, on parle quand-même d’Hatebreed). Cependant, tous les morceaux ne sont évidemment pas des réussites. Par exemple, « The Apex Within » commence avec des sing-alongs assez faciles, et trébuche sur un riff suffisamment insipide pour dire que cette chanson fait office de remplissage. Mais les Hatebreed t’attrapent par la gorge et t’envoient en pleine tête le morceau suivant, « Walking The Knife ». Il commence avec un riff lent et lourd avant de t’embarquer dans une frénésie de bûches grâce auxquelles la rage de Jasta s’embrase sur des accords détonants. Les riffs version scie circulaire de « In The Walls » donnent le ton d’une chanson à l’énergie menaçante qui nous rappelle clairement celle de leur premier album Satisfaction Is The Death Of Desire. Le disque se finit avec le bon gras de « Serve Your Master » où Jasta crache du sang sur la ligne ‘You serve your masters so well / Now serve your masters in Hell’ (Tu sers très bien tes maîtres / Maintenant va les servir en Enfer), pendant que le reste du groupe tambourine vers le crescendo final.

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La musique d’Hatebreed n’est pas qu’énergique, elle est énergisante pour quiconque l’écoute. Avec The Concrete Confessional, ils n’atteignent évidemment pas le niveau de Supremacy, mais ils sonnent un retour vers le Hatebreed vintage avec une fusion thrash/punk/metal plus trapue, plus consistante que sur The Divinity Of Purpose par exemple. Nous ne sommes donc pas face à leur meilleur album, mais ça reste quand-même meilleur que la plupart de ce que vous pourrez entendre cette année. Que ce soit pour pogoter dans le pit, headbanguer dans votre voiture ou accompagner votre train-train quotidien de shout-alongs, The Concrete Confessional est ce qu’il vous faut.

Texte : Charlotte Sert

Hatebreed, The Concrete Confessional, sorti le 13 mai chez Nuclear Blast

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