DOOMED GATHERINGS PART 1 @ GLAZART – 14/05/2016

Le doom a son temple parisien pour 3 jours et il se situe à porte de la Villette. Après une dépression post Deserfest londonien, ce Doomed Gatherings arrivait donc à point nommé dans le calendrier. Troisième rendez-vous qui devient maintenant incontournable vu l’ampleur que ça a pris en quelques années. Les patrons des Stoned Gatherings avaient prévu de réunir en ces trois jours une affiche qui a de quoi déboiser une forêt entière au vu de la livraison de bûches prévue. Pas besoin de pilule quand on a de la bûche anti-déprime. Une édition 2016 qui s’étend sur trois jours cette année, une plage transformée en “Village des Doomés”, une logistique au taquet et un public en manque de graisse auditive, ça risque fort de promettre du très lourd ! La logistique The Unchained est elle aussi déployée pour les trois jours. De la bière, du poil et du bois, certain(e)s sont au paradis, celui du Doom, pas celui des geeks…

La programmation de ce week-end prolongé a de quoi foutre la “trouille” à l’ONF au niveau du déboisement mais ce premier donnait surtout envie, car en tête d’affiche  on retrouvait les grands prêtres de l’occulte façon bien sale “Made In London” que sont les Ramesses. Le temps de passer par la caisse et saluer l’équipe, Bathsheba joue déjà… Oui je suis un peu à la bourre c’est vrai, je me “magne” et je m’engouffre dans la bouche fumante de l’enfer. Et bien très peu de monde encore, on préfère plutôt profiter du « beau temps » sur la plage et se croire ainsi dans cet ailleurs appelé Doomland.

Pour revenir à ce qui nous intéresse.

Bathsheba avait le rôle plutôt cool  d’ouvrir cette troisième édition et c’est juste ce qu’il fallait. Un groupe de mise en jambe doomesque pas encore trop chargé en acides gras. Le belges ne sont pas nouveau sur la scène et ont l’air d’avoir commencé à creuser leur sillon à l’étranger. C’est lent, c’est gras, c’est lourd comme il faut. Avec ce son “made In Glazart” qu’on aime tant, on pousse à fond mais on distingue ce qu’il faut. Un chant féminin clair, occulte. On baigne déjà dans le bain avec plaisir. N’ayant qu’une seule scène à disposition, la logistique des Stoned Gatherings œuvra à chaque fois avec diligence pour éviter le maximum de retard dans les changements de plateaux, même quand les groupes ramènent plus de matos qu’a l’accoutumé.

C’est le cas de NNRA, très jeune formation parisienne qu’on découvrait ce soir car aucun son n’avait filtré. Le mystère était donc total quant à ce qu’on allait voir. Le projet de NNRA est d’offrir un seul titre sur un set de 40 minutes pour une expérience musicale et visuelle. Dès cette monte en crescendo c’est un son assez lourd auquel nous avons droit, la texture doom est habillée ici de shoegaze et de post-hardcore donnant des sonorités plus travaillées pour un rendu qui se veut assez intéressant. La formation balade le public dans cette ambiance assez froide mais à l’effet prometteur. Deux grattes, deux basses, des machines et une batterie, les sonorités au corps bien présent se font sentir. La créativité et la structure musicale de NNRA apportent un certain quelque chose qui risque de promettre du très bon pour l’avenir du groupe.

Après cette ambiance glaçante on reste dans le froid car Demonic Death Judge vient spécialement de Finlande pour balancer ce bon gros son bien heavy venu du froid mais il ne l’est pas tant que ça. Bien au contraire !! J’ai bien fait mes devoirs et je suis allé voir en amont ce que donnaient ces barbus sur disque. Du son saturé et du riff bien gras comme on aime mais le live nous apportera encore plus. Une « bonne énergie » et une envie de tout brûler au sein du groupe, c’est sale et le chant bien crade et criard va adéquatement à l’ambiance. Du bon gros doom sludge des familles. Ce n’est pas la vase des marais mais la glace de Laponie qui te rafraîchit les « esgourdes ».

Entre temps, les espaces commencent à bien se remplir au fur et à mesure que les groupes passent. Ça fait assez plaisir de voir un Glazart touffu de monde pour ce son qu’on aime tant car certaines dates font peine à voir ( niveau public) alors que “Ducros” se décarcasse à offrir le top niveau du calorique. Bref. J’ai poussé ma gueulante. Je prendrai ensuite un peu de temps pour traverser le fameux “Village des Damnés” avec ses stands de merch, de vinyles et d’affiches de l’excellent Arrache-Toi Un Oeil, décidément une très bonne idée. L’espace est cool et le voir consacré uniquement au monde du DOOM et en plus c’est à Paris c’est vraiment top. Les groupes sont à la cool et niveau espace ils ont de quoi proposer et discutent facilement tout en profitant de leurs bières (comparé au Desertfest,  où les espaces merch’ sont bof bof).

Ainsi l’idée de se rafraîchir après la traversée du désert se fait sentir ( j’en rajoute) mais quand on a goûté à la bière de Camden pendant trois jours c’est difficile de passer à l’obscure allemande qui est servie ici, surtout à ce prix là. Allez, on va faire son difficile du coup et passer notre tour…Et on reviendra dans l’ambiance du Desertfest (même si l’ambiance Doomed Gatherings est aussi cool) car c’est avec plaisir qu’on allait donc retrouver Egypt. Les Américains avaient offert au public londonien un set qui s’est bien fait remarquer par ce groove psychédélique, ce ton bluesy et ces riffs lourds et chaleureux. Ce soir on y est presque mais le cœur a l’air d’y être un peu moins en ce qui concerne le groupe. “Valley Of The Kings” ouvre naturellement le set et la voix d’ Aaron fait le reste.

Cette touche psyché qui agrémente ce corps musical charpenté bien doom fait des heureux et j’en fais bel et bien partie. Toujours un plaisir d’entendre ce titre même si le son ne vaut pas celui d’ Electric Ballroom, certes ce n’est pas dans la même catégorie niveau salle… Un set où on retrouvera les mêmes titres qu’à Londres mais le groupe et le public resteront un peu déconcertés sur le final et ce départ de scène un peu en dents-de-scie car coupé dans l’élan et dans le plaisir. La descente est rude mais un bon trip tout de même. Et bien du coup on va aller chercher aussitôt le vinyle du premier album car on est passé à côté à Londres. Et n’hésitez pas à écouter Endless Flight le dernier album, un trip psychedelique en plein vol.

Le ventre commence à crier famine mais étant donné que le food-truck a oublié les vegans, et bien tant pis on continuera de se nourrir de gras auditif, de toutes façons ça nourrit bien.

Du coup, on reprendra plus tôt que prévu et il est l’heure de découvrir un truc complètement à part et barré et qui prouve encore une fois que niveau programmation ce n’est pas de la merde avec les Stoned Gatherings. L’expédition punitive à l’allemande façon Blitzkrieg tu vois ce que ça donne ? Alors ça veut dire que t’étais là pendant le set de Mantar. La sensation qu’un Panzer t’a roulé dessus en insistant sur la marche arrière ensuite, c’est la même chose avec le set des allemands. En plus, ils ne sont que deux. C’est vrai que le nombre ne veut rien dire, mais la claque fut de taille. Ce n’est plus du bois, c’est de l’acier inoxydable qu’ils balancent, et ça fait mal.

Les titres te martèlent la tête et le guitariste chanteur lance les attaques de toutes parts pendant qu’ Erinc derrière la batterie est face à Hanno, hé bien lui, il balance les obus. C’est un vrai champs de mines cette histoire, tu risques d’exploser à tout moment. Les titres sont des plus enragés, coupés au couteau. Un son lourd et pesant aux relents bien punk ou black, du coup on ne fait pas dans le 2 bpm sous weed mais dans une version sous cocktail cocaïne et speed. C’est lourd et c’est malsain, version underground à l’allemande. Ce soir t’oublies le Glazart, direction squat 80’s en RDA. Ceux-là ils ont fait sensation et ce n’est pas la dernière fois qu’on va les voir. Surtout quand tu apprends qu’ils sont signés par le mammouth Nuclear Blast. Ce fut la guerre, la vraie !

Après ça du coup faut que je prenne un peu l’air avant le changement d’ambiance annoncé. Et oui, c’est l’heure du set vraiment spécial des néerlandais de Toner Low. Une grande première live en ce qui me concerne. Durant ces trois jours, ce sont trois sets consacrés aux trois albums. Un cadeau qu’on a hâte d’apprécier surtout que les retours qu’on a eu en amont sur le groupe en live ne sont pas des meilleurs. Mais le moment est venu et la weed musicale a l’air d’agir car le psychédélisme, la lenteur, le ronronnement de la basse nous attire dans ce headbanging hypnotique et complètement étrange. Ça gronde au niveau de la basse et tu te sens complètement bizarre dans ce trip gros doom psyché, tu entends même des voix, c’est normal, l’album 1 de Toner Low est assez chargé dans le subliminal et les couleurs sur l’écran de fond et la batterie en rajoutent de ce côté là. Tu peux écouter l’album chez toi mais ce soir l’expérience fut assez spéciale et difficile à décrire mais en tout cas j’en reprendrais bien un peu. Si c’était un tour de chauffe pour eux, on a déjà pris un max de notre côté .

Du coup mon ventre commence à parler un certain langage comme possédé par le démon de la faim, ça tombe bien car il nous reste plus qu’à attendre pour Ramesses, on est dans le thème. Possession, occultisme bien sale, ambiance qui « foutrait » aussi les pétoches à ta tante qui fait peur sans le faire exprès. Du bien sale en prévision.

Les Anglais sont juste une institution et clôturer avec eux cette première journée c’est tout simplement un chef-d’œuvre pour les Doomed Gatherings. A l’origine très peu réceptif au son sur disque j’étais à deux doigts de m’étrangler au cours de ce set que même Dante n’aurait pas renié. Les cercles de l’enfer viennent juste de s’ouvrir sous nos pieds sous ces incantations qui feraient fondre ces oreilles chastes. C’est une ambiance sombre et poisseuse à souhait que le groupe installera au fur et à mesure que la messe bat son plein. Des hurlements, tous les vices du monde (et il y en a beaucoup) réunis en un seul et même endroit pendant un peu plus d’une heure. Pas pour les cœurs fragiles donc, mais les gens encore présents ce soir comprennent que ce qu’ils vivent est assez spécial et tu pourras ainsi dire « j’y étais » . Une ambiance démoniaque au fil des titres, si bien qu’il va falloir faire appel aux époux Warren pour nettoyer les lieux car c’est bien chargé ce soir.

C’est ça les Doomed Gatherings et cette première partie fut assez costaud au niveau programmation, si je ne devais en retenir qu’un, ce serait tout naturellement Mantar. En tout cas je laisse ma place pour demain, on reprend ses esprits et on se retrouve lundi !

Texte: Anthony

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