DOMADORA – THE VIOLENT MYSTICAL SUKUMA

Ce n’est pas faute d’essayer, mais se lancer dans une chronique de la dernière création de Domadora est une expérience sensorielle complète et pourrait s’avérer périlleuse pour tout esprit terre-à-terre. C’est un peu perdre tous ses repères et juste se laisser aller en ouvrant les portes de la perception au gré des notes.  The Violent Mystical Sukuma : mystique, tel est le mot et ainsi on pourrait décrire la musique du groupe. Je suis allé un peu trop vite, rappelons les faits : ce trio parisien est un ovni de la scène lourde et psychédélique locale, après un premier opus, Tibetan Monk,  sorti en 2014 et qui faisait office de première expérience hallucinogène sans substances illicites. Le trio revient donc avec une nouvelle galette après avoir montré le bois avec lequel il se chauffait sur différentes scènes et surtout au Glazart (où on les a connus).

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Au-delà d’un simple album, c’est une expérience chamanique, The Violent Mystical Sukuma. L’artwork l’annonçait déjà, nous sommes au-delà de l’entendement et de la simple réalité, le subconscient s’ouvre pour que la musique puisse ainsi parler à ton moi-interne. Tu t’évades et le voyage ne fait que commencer.

Mysticisme et chamanisme sont au centre et la musique est un révélateur des méandres de l’esprit. Car avec The Violent Mystical Sukuma, le groupe se transforme en médium pour accéder à ce monde spirituel et ainsi parler avec les esprits, la nature, ce monde qui nous entoure et qui fait partie de nous. Je divague ? Non t’inquiète, tu vas comprendre. Ce n’est pas pour rien qu’ “Hypnosis” t’accueille : tu ouvres les yeux, les vrais, tu viens d’arriver, tu es ailleurs, tu te sens bizarre, normal, tu n’es pas habitué à ces effets mais n’aie crainte et laisse toi guider par cette guitare.

Les mélodies t’emportent, telles des électrons libres, existant par elles-mêmes, elles se diffusent, s’enchevêtrent de façon totalement naturelle. La montée se fait et les sensations sont encore plus exacerbées et la dimension qui était la tienne disparaît pour ainsi te laisser te mouvoir dans un monde ailleurs. Le groupe donne l’impression d’être en totale roue-libre mais loin de ça, le tout est maîtrisé et on suit juste l’inspiration qui alimente cette transe. Domadora est en totale autonomie, il est difficile de relier le groupe à quelconques concrètes influences car il se meut dans son monde, alimenté par de nombreux éléments. A travers ces six titres, c’est un shoot dans un espace-temps alternatif, ouvrant une à une ces multiples portes de la perception. On ressent de façon sensorielle la musique, la guitare est frissonnante, la basse ronronne, comme une drogue qui agit sur le système nerveux pour relâcher tout tes repères et libérer cette part de subconscient qui ne demande que ça. Chaque titre est une étape qui ne s’explique pas, il faut la vivre, une porte atteinte que nous avons juste à ouvrir pour y ainsi explorer les méandres de l’esprit et entrevoir le grand serpent géant que les mexicains retrouvaient à travers le peyotl.

A chaque retombée, on sait pertinemment qu’on va repartir aussi vite sur un terrain encore inconnu, car tu es porté par cette vibration intérieure générée par toutes ces sonorités et ces éléments qui se meuvent dans ta tête. Pas d’inquiétude, c’est la musique qui te parle et te montre le  chemin. “Rocking Crash Hero”, c’est de l’alpinisme sans oxygène, portée par cette euphorie, tu es lourd et aérien à la fois. Les sens sont perdus et la musique a pris possession de ton esprit. Le cœur peut s’emballer à tout moment et les Parisiens savent bien jouer avec ça. On s’emballe sur les montées tout en planant avec légèreté et beauté sur “Girl With A Pearl Earring”. Lumineux dans ce clair obscur “fuzzesque”. Mais l’euphorie est là, le subconscient se dévoile et le riff hautement électrique du heavy et fuzzy “Jack Tripping” fera le reste. La voix est elle-même un instrument parmi d’autres. On survole tout en planant. Violent et mystique est le sukuma.

Le psychédélisme qui nappe chaque titre est un nuage sur lequel on se laisse porter. Tu te laisses guider, trimballé de montées en descentes, mais toujours l’oreille à l’écoute et l’esprit complètement retourné par ces ascenseurs émotionnels. Ça s’enchaîne, tu as les sens en émoi, c’est le moment de souffler un peu car  tu es de retour dans cette vague descendante.

The Violent Mystical Sukuma est une expérience, un voyage qui t’a fait perdre toute raison dans ce monde qui t’était alors inconnu. Le tout est une porte ouverte vers le subconscient et ce monde mystérieux qui est aussi celui de Domadora. Les sens sont maintenant exacerbés et l’esprit révélé, les portes de la perception sont  infinies dans ce moment frissonnant. Bienvenue parmi nous, bienvenue dans ce nouveau monde !

Tu n’es pas sous acides, juste sous Domadora.

Domadora, The Violent Mystical Sukuma, Rocking Crash Prod, Sortie 13 avril 2016

Texte: Anthony

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