Converge + Guests @ La Cartonnerie, Reims – 12/04/16

Quand on me dit « Converge à Reims » et que je peux être à Reims en moins d’une heure depuis chez moi, je n’hésite pas, je prends ma place avec des étoiles dans les yeux, m’imaginant déjà dans le pit à casser des bouches. Pourtant, on me notifie que c’est un set spécial, nommé « Bloodmoon »,  on m’explique que c’est une performance unique , que les morceaux sont remaniés avec la chanteuse de Chelsea Wolfe et que du coup, ça va pas taper. Soit, je vais y aller quand même, je ne veux pas louper une date unique de Converge en France. J’arrive donc à Reims le matin même et je découvre les groupes qui vont ouvrir la soirée : Grime et Crippled Black Phoenix.

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L’heure arrive, après que l’ami Tyrcrash nous ai rejoint, on part pour la Cartonnerie de Reims. Un ami m’a vendu le son de la salle comme parfait et pas très fort, chose unique, surtout dans des concerts de Metal. A cause de nos oreilles pourries par les concerts, on entend pas le début de Grime, on arrive pour les deux derniers morceaux. L’ambiance en salle était à l’image du groupe : lourde, boueuse et grasse. Perdu dans les méandres du sludge/doom, Grime nous gratifie de plusieurs éléments death, comme certains riffs. Les mecs sont trois , ils bougent pas, sauf la tête, et le public, incapable de bouger, était collé au sol. Le plus dingue, c’est de se dire que des groupes encore plus massifs et gras que ça, ça existe, et ça donne envie ! Le concert se finit très rapidement ( le groupe a dû jouer entre 25 et 30 minutes). On retourne dans l’entrée en attendant Crippled Black Phoenix. Aucun de nous ne connaissait, mais le nom me disait quelque chose…

Grand drapeau en fond, masque à gaz et guerre, on s’attendait au pire. Et puis, non. Les membres se sont pointés à 7 sur scène ( ouais, sept musiciens sur scène !), trois guitaristes, deux claviéristes, un batteur et un bassiste. La musique commence doucement, on imaginait un truc un minimum hardcore ou doom, quelque chose du genre … Au final, Crippled Black Phoenix c’est un mélange entre Opeth, Mayhem et Archive. Au delà de ça, sans être dingue, ça reste carré et très bien fait, voire original par moment. Dans un univers tout de même sombre, misanthrope et presque nihiliste, le groupe sait garder une douceur présente en permanence. On dirait une sorte de plainte de l’être humain qui se meurt de par ses actions, la guerre etc… Musicalement, c’est très lancinant, beaucoup de boucles dans les riffs et des nappes de clavier, des nappes partout, tout le temps, avec les trois mêmes accords ( j’vous assure, j’ai vérifié ! ) et c’est là qu’est le principal défaut du groupe. Ils devraient virer au moins deux instrumentistes, ils sont trop, ce qui fait qu’une partie ne sert à rien et qu’on ne les entend pas. Le tout reste assez « cliché » si j’ose dire, le groupe baigne dans un délire qui n’est pas exploité à fond. Il y a une tentative de proposer de l’original avec la trompette par exemple, mais ça tourne vite en rond et ça traîne beaucoup trop en longueur. Dommage, il y a énormément de bonnes idées. Le meilleur moment à tout de même été l’intervention durant deux morceaux, d’une chanteuse ( encore un musicien sur scène!), une magnifique voix qui a tout de même réussi à faire voyager la salle tout entière, avant de retourner derrière le stand de merch’. Merci madame ! Dans l’ensemble ça reste un bon concert, une bonne surprise et un groupe auquel m’intéresser, mais maintenant, on attend Converge !

La salle est pleine un long moment avant le début du concert, on réussit par miracle à se frayer un chemin et à trouver une bonne place devant avec une bonne visibilité. Tout entouré de patchs et autres tatouages de Jane Doe, je m’attends tout de même à un peu de baston dans la fosse, histoire de connaître toutes les facettes de Converge. Les musiciens se sont donc préparés pendant un bon quart d’heure, le show peut commencer. On sent Jacob Bannon ( le chanteur ) plutôt tendu, mais je me dis que c’est juste sa façon d’être, il prend grand soin de son corps paraît-il, c’est sûrement pour ça. C’est un personnage très intrigant, impressionnant et passionnant. La musique démarre, les musiciens sont immédiatement en trans, c’est remarquable. Le chanteur danse, saute, ferme les yeux, ressent la musique, il vit son art, c’est réellement beau. Le tout monte doucement pour arriver à un point culminant où il nous offre enfin son hurlement si culte, la foule s’agite, mais pour seulement quelques instants. En effet, tout le concert n’est en fait qu’un immense voyage dans un autre monde, merveilleux ? Non. Autre part, une autre dimension peut être… Je me suis retrouvé sur un des morceaux avec Chelsea Wolffe, à fermer les yeux et à rêver et à oublier que j’étais dans une salle, à Reims , entouré d’une centaine de personnes. C’est une expérience d’autant plus unique que, si je ne me trompe pas, ce set n’existe pas sur support physique. Un concert qui propulse dans un univers totalement différent donc, et surtout, bien loin de ce que Converge nous fait d’habitude. Je suis sorti détendu. D’un concert de hardcore. Wow, cette surprise. Musicalement ça restait absolument magnifique, sans une seule fausse note, faute de goût ou autre défaut. Les musiciens étaient dingues, Jacob Bannon nous a montré un talent de chorégraphe d’une précision sans faille ( habituellement il se désarticule en hurlant … ). Le batteur, parfait, rien à redire, si ce n’est qu’il était tout sourire pendant tout le concert, contrairement aux autres et qu’il utilisait un énorme gong que l’on entendait pas. En tout cas, ce fut une soirée magique, et les Converge sont simplement hallucinant en live, hâte de les voir dans ce qu’ils font dans leurs set Hardcore.

Le concert se termine donc avec le morceaux “Jane Doe” , et, chose encore surprenante, au lieu de ranger et de partir comme tous les groupes, le chanteur s’est posé sur la scène et a pris le temps de discuter avec une dizaine de fans pendant bien une demi-heure, et pas la discussion à l’arrache, non, il leur lançait un regard… passionné ? Amoureux peut être … Jamais vu un groupe si proche de ses fans. Il y a une relation bien plus forte que dans le reste des autres communauté. Bravo à eux, concert parfait, le son de la Cartonnerie effectivement ultra propre. Merci à eux et à aux groupes !

Texte : Kant

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