BRING ME THE HORIZON + GUESTS @ LE ZENITH DE PARIS-14/04/16

C’est en direction de la Porte de Pantin que nous nous rendons en ce jeudi 14 avril. Nous avions rendez-vous au Zénith de Paris pour le troisième et dernier jour de la tournée française de BRING ME THE HORIZON, accompagnés par leurs compères britanniques de DON BROCO.

Le choix de DON BROCO en tant que première partie de BRING ME THE HORIZON avait suscité le scepticisme de beaucoup de fans. En effet, beaucoup plus pop que la tête d’affiche, les garçons semblaient avoir un réel challenge à relever ce soir. Mais ceux qui doutaient de leur réussite comprendront vite leur erreur, et que ça ne valait pas la peine de leur prendre le chou, aux Brocos. Les anglais ouvrent le show sur leur titre phare “You Wanna Know”, une véritable bombe d’énergie, qui embarque immédiatement la foule dans une danse effrénée. Étonnement, beaucoup de mecs montent sur les épaules de leurs amis pour participer à la petite fête, brisant alors le préjugé du « groupe à minettes » qui leur est assez facilement attribué. La salle respire la bonne humeur, et la positivité, malgré des paroles pas toujours joyeuses. Les membres sautillent dans tous les sens, se dandinent, et les sourires offerts par Tom le bassiste sont extrêmement communicatifs. Il fait vraiment bon d’être là.

Sur “What You Do To Me”, Simon sort la guitare acoustique, et alors que l’ambiance pourrait s’essouffler, il n’en est rien : le morceau est riche et puissant, la ligne de basse tient en haleine, et les dernières notes laissent un sentiment de souffle coupé. Après celle-ci, chaque piste sera accompagnée de tapements de main, par exemple sur “Automatic”, voire de paroles reprises en choeur, comme FIRE, extraite de leur nouvel album. Leurs morceaux se retiennent facilement, et donnent ainsi le sentiment de toujours les avoir connus. Mais nous ne sommes pas les seuls à se sentir à la maison : Rob, le vocaliste, nous raconte, comme à des amis, qu’il vient de Bedford, avant de nous confier le nom de tous les membres de sa famille. Finalement, le set a quelque chose de très humain, d’innocent, de très familial. D’ailleurs, suite à un T-shirt reçu de la foule, le frontman remarquera qu’une partie du public a fait le chemin du Royaume-Uni jusque là, tant le lien qui s’est créé est fort.

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DON BROCO a très certainement une force inattendue, si bien dans leur musique que dans leur performance scénique. On peine à croire Rob lorsqu’il nous avoue, ému, que c’est la seconde fois qu’ils viennent en France, la dernière étant en compagnie de Young Guns, à la Scène Bastille, il y a quatre ans, et qu’ils sont surtout habitués aux petites salles. Quoi qu’il en soit, les garçons sont plein de ressources et de surprises : après avoir pris l’audience de court en jouant l’introduction de “Killing In The Name” de RAGE AGAINST THE MACHINE, ils obtiennent un wall of death sur lequel nous n’aurions jamais pu parier, sur “Nerve”. Les anglais concluent sur “Money Power Fame”, et leur prestation laisse un goût de reviens-y. Contre toute attente, DON BROCO semble avoir fait l’unanimité, et c’est tant mieux, parce qu’ils le méritent, et avaient leur place ici autant (voire plus) que quiconque.

Fait assez rare, c’est avec dix minutes d’avance que débute le show de BRING ME THE HORIZON. Les choses commencent avec “Doomed”, qui donne d’entrée de jeu le ton. Ce soir, nous sommes condamnés. A nous amuser, très certainement, mais pas uniquement. BMTH nous condamne à faire face à nos états d’âme, à nos sentiments les plus profonds, comme lorsque le frontman présente “True Friends” en ces termes « Vous êtes vous déjà fait niquer par votre meilleur ami ? Est-ce que quelqu’un ici s’est déjà fait avoir par un ami ? », le majeur levé. Ils cherchent à nous libérer de nos émotions, à expier le mal qui peut exister en chacun d’entre nous. D’une seule voix, on se retrouve à crier à plein poumons, les paroles, les « S.P.I.R.I.T ! SPIRIT ! That’s the spirit ! », puis « THIS IS SEMPITERNAL » à mesure que les lettres apparaissent sur les écrans, avant de devoir faire face à son intériorité dans un silence presque religieux lors des vocalises d’introduction de “Shadow Moses”, puis s’étonner d’entendre sa propre voix faire résonner les « Take back every word I’ve said, ever said to you » du refrain de “Blessed With A Curse”, dans le silence d’une salle immobilisée.

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On crie, on se tape dans le pit que Sykes veut toujours « PLUS GRAND ! », mais ça fait du bien. Et au moment où le trop plein d’émotions est atteint, le chanteur brise son pied de micro pour nous, sur Can You Fell My Heart”. Parce que le zénith a été atteint dans tous les sens du terme. Sans oublier la clôture magistrale de la soirée avec la somptueuse “Drown”, servie par une pluie de confettis et des jets de fumée, pour un dur retour à la réalité.

Aucune surprise quant à la setlist, puisque le groupe utilise la même depuis des mois et des mois. Pour autant, il n’y aura pas lieu de se plaindre, puisque celle-ci est plutôt bien équilibrée entre That’s The Spirit, Sempiternal, et d’autres classique du groupe. On regrettera peut-être l’absence de morceaux comme “Avalanche”, “What You Need” ou “Oh No” qui auraient pu avoir leur charme.

Les Britanniques étaient attendus au tournant sur cette tournée, pour savoir s’ils assumeraient cet album plus pop que leurs précédents travaux, et de fait, le pari est réussi. En live, cet opus apparait dans toute sa consistance, avec sa violence, sa puissance, ses paroles incisives, ironiques, ses instrus complexes, que l’on pourrait presque qualifier de clair-obscur. Ils l’ont défendu avec brio. De façon un peu lisse peut-être par rapport à ce que l’on pourrait attendre d’eux (surtout lorsque l’on voyait Oli sauter et chanter sur la table de COLDPLAY il y a quelques semaines). Le manque de prises de risques a donné un goût d’inauthenticité, d’une petite absence de consistance, mais malgré tout, les garçons nous ont offert un set très professionnel, de qualité, et l’on préfèrera ça à celui du Bataclan en 2011, un peu trop incontrôlé, pour le coup.

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Nous ne leur avons pas demandé la lune, mais les garçons nous ont offert bien plus, ce soir. Si Victor Hugo écrivait que « L’Horizon souligne l’infini », cette performance lui aura donné raison. Et s’ils semblaient toucher quelque chose de l’infini, hors de la réalité, nous aurions souhaité que la soirée ne connaisse pas de fin.

Texte: Madison

Photos: Mario

 

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